TPP

Échéances pour le Trans-Pacific Partnership (TPP). Ce qui attend les Européens

Source : europesolidaire.eu

En poussant de toutes ses forces, diplomatiques, économiques voire militaires pour imposer la négociation du Trans-Pacific Partnership (TPP) à une série d’États asiatiques dominés par Washington, Wall Street et le Pentagone, Obama s’est montré ce qu’il a toujours été, une marionnette dans la main des oligarchies américaines.

Ces négociations se sont déroulées dans le secret quasi absolu, sans aucune consultation populaire et sous le contrôle exclusif des lobbies voulant imposer la loi d’un espace dominé par eux à des populations qui spontanément l’ont toujours refusée. L’objectif annoncé officiellement par Obama est « d’ouvrir les marchés, protéger les travailleurs et l’environnement, faire progresser le leadership américain en Asie ».
Mais le peu que l’on sait dorénavant du Traité sera qu’il ne servira en rien la protection des travailleurs et de l’environnement, non plus qu’une croissance mieux répartie socialement aux États-Unis mêmes. Il ne servira qu’à renforcer l’emprise des grandes compagnies et des banques américaines, non seulement sur l’Asie, mais sur la société américaine en tout premier lieu.

Or la date fatidique de la signature du Traité en Nouvelle-Zélande est fixée au 4 février 2016. Il est à prévoir que les délégations asiatiques sous contrôle de Washington (grâce notamment aux centaines de millions de dollars dépensés pour obtenir leur accord « spontané ») signeront le projet avec une touchante unanimité. Cependant, l’affaire ne sera pas jouée définitivement, car le Congrès américain devra ensuite ratifier le Traité.
Or les sénateurs et représentants, républicains comme démocrates, sont de plus en plus sensibles aux inquiétudes des électeurs et même à l’opposition d’un certain nombre de corporations qui financent leurs élections. De plus certains d’entre eux n’ont aucune envie de donner à Obama le quitus qu’il demande, au terme de 2 présidences où il a multiplié les erreurs, sinon les catastrophes.

On peut noter par ailleurs à ce jour que 4 des plus importants candidats aux élections à la Maison-Blanche (Hillary Clinton, Bernie Sanders, Donald Trump et Ted Cruz), ont manifesté leur hostilité au TPP. Si Donald Trump persiste dans cette position, sa voix tonitruante donnera un poids certain aux opposants.

Le TTIP

D’ores et déjà, que le TPP soit ratifié ou non, les Européens devraient en tirer des leçons concernant l’avenir du TTIP, Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement. Nous avons ici dès le début soutenu la position des adversaires de ce Traité, traité imposé là encore par Obama et les grandes corporations américaines. Il a été amplement montré que celui-ci, négocié dans un secret absolu par la Commission européenne, était une offense insupportable à la démocratie représentative. Cette négociation, qui se poursuit activement, constitue l’un des arguments les plus forts de ceux qui veulent s’affranchir des règles de l’Union européenne pour retrouver une certaine souveraineté.
Le sort qui sera fait au TPP sera, pour les Européens congénitalement à la remorque des États-Unis, un bon indicateur de ce qui les attendra. En cas de ratification, les adversaires du TTIP devront plus que jamais se mobiliser. En cas de refus, ils ne devront pas pour autant se démobiliser, mais ils auront quelques arguments supplémentaires à mettre au service de leur refus.

Note
Sur le TTP, et par extension sur le TTIP, nous recommandons la lecture d’un article tout récent de Paul Street dans le Counterpunch
Paul Street est un analyste américain qui se dit radical-démocrate. Il est l’auteur de nombreuses études critiques sur l’Empire 

Jean Paul Baquiast