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Istanbul, Djakarta, Ouagadougou, la concurrence de la terreur

18/01/2016 – MONDE (NOVOpress)
Si les attentats d’Istanbul et Djakarta sont imputables à l’État islamique, celui de Ouagadougou porte la marque d’Al-Qaeda, qui veut montrer qu’elle a encore des crocs.

Au moins 29 personnes, dont deux Français, ont été tuées au cours d’une attaque à Ouagadougou, revendiquée par Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Vendredi, des assaillants s’étaient mis à tirer dans deux établissements de la capitale du Burkina Faso, avant de faire irruption dans l’hôtel Splendid. L’assaut des forces armées, qui avait débuté à 2 heures du matin, s’est achevé ce samedi en fin de matinée avec le soutien des forces spéciales françaises.
Un scénario similaire à celui des attentats de novembre à Paris : des terroristes entrent dans des lieux publics fréquentés, tirent dans le tas et meurent sous les balles des forces armées.
Après l’attentat d’Istanbul, mardi dernier, qui a fait 10 morts et 17 blessés, attribuée à État islamique (EI) et celui perpétré en Indonésie (deux morts et 20 blessés), jeudi dernier, qui porte aussi la marque de Daesh, celui de Ouagadougou ressemble un peu à la réponse du berger à la bergère.
Al Qaeda, qui en a attribué la responsabilité au groupe Al-Mourabitoune de l’islamiste algérien Mokhtar Belmokhtar, cherchait à frapper la France dans son pré carré africain. Au delà de la cible première, le groupe terroriste en perte de vitesse au Moyen-Orient et en Europe voulait montrer qu’il fallait encore compter avec lui, notamment dans la zone sahélo-saharienne. L’Afrique reste en effet l’un des derniers bastions d’Al Qaeda et le groupe terroriste entend bien marquer sa présence et marquer des points face à son rival de l’État Islamique.

Les deux organisations terroristes partagent les mêmes cibles : « l’occident » et tout ce qui semble se rapprocher de ses valeurs.
Au Burkina Faso, le gouvernement a été nommé il y a trois jours et le nouveau président élu démocratiquement, Roch Marc Christian Kaboré, a pris ses fonctions il y a deux semaines. « C’est une transition politique d’un régime semi-autoritaire vers la démocratie. Cela fait du pays un symbole de progrès, d’avancée. C’est aussi ce genre de symbole que les terroristes veulent détruire », commente Cynthia Ohayon, experte à l’International Crisis Group (ICG) à Dakar.