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Jobards et bobards de la dhimmitude

05/01/2016 – MÉDIAS (NOVOpress)
Le dhimmi du jour est sans conteste le journal Le Monde, pour sa chronique surréaliste de l’état d’urgence, vu par les pôvres musulmans. Il faut dire qu’ils se mettent à plusieurs pour atteindre un tel niveau de dhimmitude.

On n’a pas, ces temps-ci, tant d’occasions de rire. À ceux qui cherchent une lecture franchement désopilante, je recommande sans hésiter « l’Observatoire de l’état d’urgence », où des journalistes du Monde racontent aux bobos éplorés l’effroyable persécution subie par nos chers musulmans de France. Car les musulmans vivent désormais dans la terreur, traqués sans relâche, jour et nuit, par la police et la justice des féroces islamophobes Hollande, Valls, Cazeneuve et Taubira. Les femmes en burqa n’osent plus sortir sans raser les murs.

Les atrocités commises font froid dans le dos. C’est bien simple, « la famille Madiev, des réfugiés tchétchènes », a « cru que les Russes revenaient ». « Dina, dont la religion veut qu’elle couvre ses cheveux en présence d’un homme, s’est retrouvée en chemise de nuit devant les policiers. Ils ne lui ont pas laissé le temps de s’habiller, assure-t-elle. Ils ont marché avec leurs chaussures sur le tapis de prière ». On se demande comment les Madiev acceptent encore de rester en France.

Comme le héros de Nimier, « j’aime pas les agents ». Je ne suis pas de ces droitards qui beuglent « CRS avec nous », ou de ces cathos Bisounours qui, après s’être fait gazer à la Manif pour tous, écrivaient des lettres de tendre reproche à « Frère policier » et « Sœur policière ». Je suis très disposé à croire que, lors des perquisitions, a fortiori quand il est question de terrorisme, la police ne fait pas toujours montre de la plus grande délicatesse. J’ai connu jadis une mère de famille restée traumatisée après qu’une escouade avait débarqué chez elle façon Rambo, revolver au poing. Son fils avait eu l’imprudence de répondre à un appel à témoins après un meurtre : il était étudiant en droit et les braves Dupont et Dupond avaient immédiatement subodoré un règlement de comptes d’extrême droite…

Mais qui croira les journalistes du Monde quand ils nous présentent tous ces musulmans perquisitionnés, sans aucune exception, comme de pauvres agneaux innocents, parfaitement intégrés, Français comme vous et moi ? « Hélène (les prénoms ont été changés) » porte le voile, mais « juste par pudeur » – ces femmes en cheveux, c’est d’une telle indécence. Karim a « la barbe classique » ; « sa femme Charlotte, convertie, porte un voile très discret – elle travaille dans une maison de haute couture ».
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À Toulouse, on a poussé l’arbitraire jusqu’à perquisitionner chez un sympathique « délinquant bien loin de l’islam radical ». Les policiers ont « découvert 1,572 kg de cannabis chez cet homme (ou plutôt, en bas de chez lui, car il avait jeté le sac par la fenêtre) » : c’est vous dire comme il est innocent. Le procureur a justifié la perquisition par l’argument que « le trafic de stupéfiants alimente le terrorisme ». Faut-il être maladivement soupçonneux pour imaginer des choses pareilles ! C’est comme Brahim, qui « a fait cinq ans de prison pour trafic de stupéfiants ». Les policiers ont laissé entendre qu’il se « serait radicalisé en prison. » La journaliste du Monde transcrit avec complaisance l’indignation de Brahim face à ces odieuses insinuations : « Je suis barbu, mais les soi-disant terroristes, ils sont tous rasés. » « Les soi-disant terroristes », voilà une formule qui, si vous n’êtes pas journaliste au Monde, vous laisse un peu songeur…

Dernière chronique en date de « l’Observatoire de l’état d’urgence », le « cauchemar » de Karim, dénoncé par de méchants voisins racistes de son lotissement, des vrais Dupont-Lajoie de téléfilm. Karim est un « quadragénaire solide » qui, juste avant d’être perquisitionné, « avait été placer quelques bougies place de la République pour rendre hommage aux victimes des attentats ». Son mérite est d’autant plus grand que – tout quadragénaire solide qu’il est –, il est officiellement handicapé : « il souffre de troubles de la mémoire et de diabète, et se déplace lentement. Il est déclaré invalide en 2003 et touche une allocation d’adulte handicapé ». Avec son allocation, il s’est acheté « du beau matériel » de tir (« J’en avais pour 4 000 ou 5 000 euros »), un « 4×4 noir fumé », un « scooter noir ». Or les voisins sont malveillants – il faut dire que « le Front national n’a cessé de progresser, scrutin après scrutin dans cette zone périurbaine ». « Le bruit court que si j’ai un 4×4 c’est que je suis trafiquant de drogue ». « Un voisin », a écrit sérieusement la journaliste du Monde dans la version originale de son article, préservée par exemple ici, « envoie régulièrement ses très nombreux chats se soulager sur son véhicule. “Un jour, il m’a dit ‘On n’aime pas les Arabes ici’”, assure Karim ».

Cette histoire de chats dressés à aller faire leurs besoins sur le 4×4 de Karim a fait tiquer jusqu’aux lecteurs du Monde. Ils ont trouvé qu’on abusait de leur crédulité et s’en sont plaints dans les commentaires. La journaliste a discrètement supprimé ce passage. Le texte est devenu simplement : « “Un jour, un voisin m’a dit ‘On n’aime pas les Arabes ici’”, assure Karim ». Le témoignage flattait trop les préjugés des journalistes pour qu’ils pussent y renoncer. Au fait, il n’était pas censé souffrir de troubles de la mémoire, Karim ?

Flavien Blanchon