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Le Pen, Zemmour, Fabius, justice et médias à trois vitesses

18/12/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Depuis quelques jours, les décisions de justice lourdes de symboles tombent, opportunément pour l’oligarchie, après les élections. Marine Le Pen relaxée, le fils Fabius entendu pour faux, blanchiment et escroquerie, Zemmour condamné. Le traitement médiatique.

Zemmour devient un habitué des prétoires et des condamnations. Le polémiste continue pourtant… de polémiquer, en tout cas de raconter le monde tel qu’il le voit et non tel que l’idéologie dominante voudrait qu’on le décrivît.
Il a été condamné pour incitation à la haine contre les musulmans pour des propos tenus il y a plus d’un an dans le journal italien Corriere della Serra. Dans le collimateur, la dénonciation du communautarisme musulman « Cette situation de peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile ».
Décision de justice habituelle, tous les déviants qui préfèrent le réel à la novlangue sidérante et à l’idéologie du Vivre-Ensemble s’exposent aux foudres de la justice. Il fait bien avouer que de telles condamnations ne font plus guère recette dans les médias officiels, qui n’y consacrent que quelques brefs articles. Zemmour est rentré dans le paysage, inutile de lui faire trop de pub.

Plus étonnante dans ce contexte est la relaxe de Marine Le Pen dans l’affaire des prières de rue comparées à l’Occupation. Le parquet a suivi la recommandation du procureur Bernard Reynaud, qui avait requis la relaxe, estimant que « Mme Le Pen, en dénonçant ces prières dans l’espace public, imputable non à l’ensemble de la communauté musulmane, mais à une minorité, n’a fait qu’exercer sa liberté d’expression ».
Les parties civiles, habituels chiens de garde du système — la LICRA, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), le Mrap et la Ligue judiciaire de défense des musulmans – sont évidemment déçues, même si le procès a rempli certains objectifs de la gauche. Alors que les faits remontent à cinq ans, le procès s’était tenu six semaines avant les régionales, permettant à Valls de postillonner contre « le clan Le Pen qui, en plus, est poursuivi par la justice ». Une relaxe qui a droit là aussi au service minimum, éclipsé par l’affaire des tweets de Marine Le Pen sur Daesh.

Enfin, les gardiens de l’ordre et de la morale doivent être assez soulagés que Thomas Fabius, fils du ministre des Affaires étrangères, n’ait été placé en garde à vue qu’après le scrutin régional, le 15 décembre dernier. Parmi les nombreux mouvements de capitaux suspects qui ont attiré l’œil de Tracfin, l’organisme antiblanchiment du ministère des Finances, il y a ceux qui ont permis à Thomas Fabius d’acheter un appartement à 7 millions d’Euros.
Ce n’est pas une paille et les démêlées du fils prodigue sont déjà nombreuses : il avait avoué en 2011 avoir « détourné des fonds à hauteur de 90 000 euros » lors d’une procédure de plaider-coupable et il est également visé par un mandat d’arrêt pour avoir émis des chèques sans provision pour un montant supérieur à 3,5 millions de dollars (3,2 millions d’euros) lors d’une folle équipée dans des casinos de Las Vegas.

Certes, Laurent Fabius ne saurait être tenu responsable des actes de son fils, mais outre le moyen de pression que les agissements de Thomas peuvent constituer contre son père, ça fait tache dans le tableau… enfin guère plus que les délits de deux des enfants de Christiane Taubira ou la condamnation à trois ans de prison ferme pour extorsion de fonds et séquestration du fils de Marisol Touraine.
Si la personnalité flamboyante de Thomas Fabius le rend un trop « bon client » pour que les médias étouffent les affaires qui l’accablent, on notera avec quelle pudeur celles des autres rejetons du clan « PS » sont traitées.