abaya

Scandale chez les bien-pensants … quand Libé chronique sur une femme voilée

08/12/2015 – MÉDIAS (NOVOpress)
Une chronique du journaliste de Libé Luc Le Vaillant décrivant sa réaction à la vue d’une femme voilée dans le métro déclenche la colère des bien-pensants.

À la vue d’une femme en abaya, comment réagir autrement qu’en louant cette preuve de féminisme teinté de tolérance et d’ouverture laïque et républicaine qu’est le voile islamique ? Pas moyen, sauf à verser aussitôt dans le racisme, l’islamophobie, le sexisme, les zeures-les-plus-sombres, le terrorisme de l’État Islamique qui fait le jeu du FN…

C’est apparemment ce qu’ont du se dire de nombreux lecteurs de Libé à la lecture de la chronique de Luc Le Vaillant, qui décrit les « craintes réelles et fantasmées » déclenchées par la vision de cette passagère vêtue d’un voile qui la recouvre de la tête aux pieds.

Tant qu’elle ne rafale pas les terrasses à la kalach, elle peut penser ce qu’elle veut, croire aux bobards qui la réjouissent et s’habiller à sa guise, mais j’aimerais juste qu’elle évite de me prendre pour une buse. Arborer ces emblèmes sinistres revient à balancer un bloc d’abîme fondamentaliste sur l’égalité homme-femme, sur les libertés publiques et sur l’émancipation de l’individu. Ce qui est son droit le plus strict, même si je le juge inique.

écrit le journaliste après avoir passé en revue les inquiétudes en tout genre que suscite le spectacle de cette femme.

Parce qu’il a peut-être été un tant soit peu honnête ou sincère sous son style ampoulé de petit marquis des lettres conformistes et germanopratines, le voilà qui se fait lyncher par la foule des tolérants qui ne supportent pas la moindre entorse au dogme du vivre-Ensemble.

Mieux encore, il se fait lâcher aux chiens par sa rédaction pour laquelle solidarité professionnelle et défense de la liberté d’expression sont visiblement moins importantes que de continuer à plaire aux quelques lecteurs qui restent à cette Pravda pour bobos lobotomisés. Le communiqué de la Société des journalistes de Libé vaut son pesant de lâcheté dégoulinante de conformisme intellectuel…
Quant au patron du journal, Jules Joffrin, il nous explique qu’on a tout faux et qu’il fallait prendre le papier en question au second, voire troisième degré puisqu’il s’agit en fait de

la restitution littéraire et ironique de préjugés et d’angoisses qu’il se reproche lui-même, comme il l’écrit, d’avoir ressentis.

Ouf, nous voilà soulagés, tout ça, c’était pour de rire… ou pas ? l’intéressé n’a en tout cas pas encore donné son point de vue.

Charles Dewotine

Crédit photo : Roel Wijnants via Flickr (CC) = In Den Haag daar woont een graaf en z’n dochter heet Malika