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Islam « de France »: une unité de façade ?

Source : Boulevard Voltaire
Les musulmans français — ou musulmans de France — seraient-ils en train de se convertir à une vision plus pacifiée de leurs relations avec la société civile ?

Les musulmans français – ou musulmans de France – seraient-ils en train de se convertir à une vision plus pacifiée de leurs relations avec la société civile ? C’est en tout cas le message qu’ils espèrent faire passer après les attentats du 13 novembre, à l’occasion d’un vaste rassemblement qui s’est tenu le 29 novembre dernier, à l’Institut du monde arabe. À vrai dire, ils n’ont pas le choix : s’abstenir de toute réaction serait catastrophique pour leur image. Ils ne pouvaient pas faire moins que de condamner avec force le terrorisme islamique, à peine de passer pour complices de ces actes barbares commis au nom du Coran.

Ce « Rassemblement citoyen des musulmans de France – Tous ensemble contre le terrorisme » a donc réuni les plus hauts dignitaires religieux de l’islam sous l’égide du CFCM. Commencée par une prière rappelant que « tuer un homme revient à tuer l’humanité », il s’est conclu par « la Marseillaise », en présence de Bernard Cazeneuve évidemment attentif à ce que le discours officiel de non-stigmatisation perdure à une semaine des élections régionales.
Ce même Cazeneuve – on ne se refait pas – qui a invoqué ses habituels mantras : « La force de l’attachement à la République des musulmans français » ou encore « Vous êtes de magnifiques républicains et de magnifiques Français ». Rien que ce genre de propos démontre que le malheureux ministre de l’Intérieur est à côté de la plaque et que, décidément, il n’a rien compris au sujet.
En dépit des déclarations d’intention de ce rassemblement, qui a proclamé un « Manifeste citoyen des musulmans de France », il est permis de rester sceptique. Pour plusieurs raisons que cette unanimité de façade n’occulte pas.

L’islam n’est pas seulement une religion, c’est-à-dire, étymologiquement, une manière d’être relié à Dieu. C’est un système globalisant, holiste, totalitaire. Le Coran est, pour les musulmans, la parole incréée de Dieu qui doit régir tous les actes de la vie des fidèles. Loi civile autant que loi religieuse, il est fondamentalement incompatible avec la vision occidentale, née du christianisme, de la distinction des pouvoirs. Le fameux « Rendez à Dieu et à César » est incompréhensible au musulman. Il est vain de penser que les prescriptions coraniques sont compatibles avec la loi civile : si nombre de musulmans reconnaissent sans difficulté l’autorité de la loi civile, c’est qu’ils s’éloignent délibérément du texte sacré. En témoignent les difficultés innombrables, depuis des décennies, à établir un pouvoir civil indépendant dans les pays arabes.

En second lieu, il semble présomptueux de qualifier les musulmans de France de bons républicains. La question des institutions leur passe sans doute au-dessus de la tête. Pour la même raison qu’évoqué précédemment : comment reconnaître la souveraineté d’un autre – peuple ou monarque – qui ne serait pas soumis intégralement à Allah ? Les institutions républicaines sont laïques par essence, elles se fondent sur le primat de l’individu et une notion un peu éculée du contrat social. Alors même que les Français – réputés républicains – commencent à se lasser de la répétition de l’adjectif, en affubler les musulmans relève de la méthode Coué.
Enfin, avant d’être républicains, il faudrait que les musulmans soient français. De cœur et d’esprit, pas seulement de papiers. L’Oumma, la communauté des croyants, ne prime-t-elle pas sur toute autre considération nationale ?

En bref, ce rassemblement a tout l’air d’une opération de communication soigneusement orchestrée. Les très nombreux musulmans français qui exercent leur religion dans la discrétion et le respect de notre civilisation s’y laisseront peut-être prendre. Peut-être, justement, parce qu’ils ne sont plus totalement musulmans…