emir_qatar_small

Business as usual : un groupe qatari met la main sur GFI Informatique

29/11/2015 – ÉCONOMIE (NOVOpress)
Pendant les attentats, les affaires continuent : le groupe français GFI Informatique va passer sous pavillon qatari. Une entreprise de plus dans l’escarcelle de l’émirat… quand islamisme et affaires font bon ménage…

La SSII GFI Informatique vient d’annoncer par communiqué des négociations exclusives en vue de la vente de 51 % des parts des fonds Apax Partners et Boussard & Gavaudan de la société au groupe qatari Mannai Corporation. La vente doit valoriser GFI Informatique au montant de 561 millions d’euros.
GFI Informatique a réalisé 804 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014. L’entreprise compte 11 000 employés répartis dans 8 pays. GFI Informatique est implanté en France autour de 40 agences. À l’international le Groupe compte des filiales en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, en Espagne, au Portugal, au Maroc et en Côte d’Ivoire.
Basé à Doha, Mannai Corporation est un groupe qui investit dans les TIC, l’automobile ou encore les services d’ingénierie dans le gaz et le pétrole. L’organisation a 65 ans, et a commencé par le marché des pièces détachées automobiles. L’entreprise affirme avoir développé son activité à l’international depuis 2001. Elle est cotée depuis 2007.

S’il s’agit là d’une acquisition par un groupe privé, c’est tout de même l’occasion de rappeler l’importance des investissements publics et privés du petit émirat en France, qui lui assurent indulgence, voir amitié… voire plus si affinités de notre classe politique.
En témoigne la convention fiscale de 2008, qui stipule que les Qataris sont exonérés de taxe sur les plus-values immobilières. Par ailleurs, un Qatari ne paie pas d’impôt sur la fortune (ISF) durant ses cinq premières années de résidence en France.

Le Qatar se concentre sur des bureaux, des hôtels ou des centres commerciaux. Des types de biens qui lui rapportent un revenu locatif régulier et lui garantissent de belles plus-values à la revente. En particulier en France,
En rachetant le Printemps et le Royal Monceau à Paris, le Qatar vise autant le retour sur investissement que la notoriété, à l’instar de son acquisition du club de football PSG.

Parmi les autres investissements immobiliers, citons en vrac l’immeuble où est installé le Figaro et un autre dans le VIIIe arrondissement de Paris, pour 600 millions d’euros.
En 2013, un un investisseur privé du Qatar se paie quatre hôtels de luxe : le Martinez à Cannes, le Palais de la Méditerranée à Nice, et le Concorde Lafayette et l’hôtel du Louvre à Paris.
Autres propriétés qatariennes en France, l’immeuble qui abrite encore le Virgin sur les Champs Élysées, l’hôtel Raffles à Paris (ex-Royal Monceau), le Centre de conférences international qui deviendra l’hôtel Peninsula, et la Société fermière des casinos de Cannes (27 %), qui comprend deux casinos (Barrière Croisette et Les Princes), l’hôtel Majestic et le Gray d’Albion.

Par ailleurs, le Qatar s’est infiltré dans le capital de plusieurs fleurons de la cote française. Le fonds souverain qatarien est notamment propriétaire de 12,8 % de Lagardère, de 7,5 % d’EADS, de 5,6 % de Vinci, un peu moins de 5 % de Veolia, de 3 % de Total, un peu moins de 2 % de Vivendi et de 1 % de LVMH.

Le Qatar a annoncé en 2012 vouloir investir 10 milliards d’euros « pour prendre des parts dans de grands groupes français, monter des projets ensemble ou faire des partenariats dans des pays tiers ». En outre, un fonds franco-qatari à destination des PME françaises, de 300 millions d’euros, a été mis en place à la même période. Il était destiné à remplacer le fonds à destination des banlieues que l’émirat souhaitait mettre en place et qui avait créé la polémique.