emir_blanc_olivier_corel

Islamisme : « L’émir blanc » condamné à une peine de prison… avec sursis

Source : Boulevard Voltaire
La pression de l’après-13 novembre 2015 est déjà retombée et on reprend une vie normale, de tribunal normal, avec un président normal.

Olivier Corel, dit « l’émir blanc » de la filière d’Artigat, visé par une perquisition conduite mardi 24 novembre et placé en garde à vue pour détention illégale d’un fusil de chasse de catégorie D, a été jugé en comparution immédiate à Foix ce mercredi. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis alors que le parquet avait demandé un an… avec sursis également. Cet individu est donc tranquillement rentré chez lui. Le parquet n’a pas fait immédiatement appel de ce jugement. Ahurissant, impensable alors que cela fait des années que la police a les yeux sur lui et cherche à le mettre hors d’état de nuire. Encore une occasion de perdue.

Salafiste français d’origine syrienne, il a notamment été le mentor de plusieurs djihadistes français, comme les frères Merah ou Fabien Clain, qui a revendiqué au nom de Daech les attentats du 13 novembre à Paris. Que vont en penser les familles des victimes du 13 novembre ?
Olivier Corel apparaît en 2003 sur les écrans radar des services de renseignement. À cette date, « la cellule d’Artigat » à laquelle il appartient est soupçonnée d’envoyer des djihadistes en Irak pour combattre l’armée américaine. En novembre 2014, il est interpellé, cette fois dans le cadre de l’affaire Merah. Placé en garde à vue, il est finalement remis en liberté, la justice ne possédant pas suffisamment de preuves pour le poursuivre.

Ce qui est stupéfiant dans cette affaire, c’est que selon la loi n° 2012-304 du 6 mars 2012, l’acquisition, cession ou détention d’armes soumises à déclaration ou enregistrement (ce qui est le cas des fusils de chasse) est punie de peines pouvant aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement, et des amendes jusqu’à 100.000 euros. Nos magistrats de Foix ont jugé que cet individu n’était pas si dangereux que cela puisqu’il bénéficie d’une peine minimale, et en plus avec du sursis. Les formateurs de djihadistes en France ont donc droit à du sursis.

En situation d’état d’urgence, et compte tenu du passé d’Olivier Corel, on aurait pu au moins l’incarcérer trois mois en attendant de voir… Y aurait-il donc encore un schisme entre le ministère de l’Intérieur et celui de la Justice, d’un côté les coups de menton et de l’autre la clémence, ou bien nos magistrats de Foix vivraient-ils dans un autre monde ?

Avec une telle décision de justice, sans appel du parquet, on dirait que la pression de l’après-13 novembre 2015 est déjà retombée et que l’on reprend une vie normale, de tribunal normal, avec un président normal. Le réveil sera encore plus dur la prochaine fois. Où nous mènera la faculté de résilience de nos compatriotes ?

Moralité, braves gens : ne dormez pas tranquilles, on ne veille pas sur vous autant qu’on le dit !