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Les stades de foot, laboratoires de la « kosovarisation » de la France ?

Source : OJIM
Sans remonter bien loin, on rappellera le match « amical » France-Algérie, interrompu à la 76e minute, un soir d’octobre 2001, pour cause de débordement de spectateurs sur la pelouse du Stade de France.

Où l’on apprend qu’après l’affaire de la « sex tape », dans laquelle Karim Benzema aurait participé à une obscure opération de chantage visant son confrère Valbuena dont les ébats filmés auraient fuité, l’attaquant du Real Madrid se fait encore remarquer pour un crachat venu ponctuer « La Marseillaise » en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre, peu avant le début du Clasico face au Barça.
Il y a quelques jours, l’édile bastiais Gilles Simeoni suspecta le SC Bastia de vouloir faire l’économie d’un tel hymne-hommage juste avant le match devant l’opposer au Gazélec Ajaccio, au stade de Furiani. Finalement, l’hymne national fut entonné et Bastia battu par Ajaccio 2 buts à 1.

La futilité apparente de ces événements s’estompe, néanmoins, lorsqu’on les remet en perspective. Sans remonter bien loin, on rappellera le match « amical » France-Algérie, interrompu à la 76e minute, un soir d’octobre 2001, pour cause de débordement de spectateurs sur la pelouse du Stade de France. Alors que les Bleus écrasaient littéralement leurs adversaires sous le poids tutélaire de leur victoire en Coupe du monde, trois ans en arrière, des « Français » de greffe, arborant le drapeau bicolore à croissant rouge étoilé, ont éructé leur rancœur contre une France qu’ils abhorraient dès leur prime enfance. Sur les mines hagardes du Premier ministre d’alors, Lionel Jospin, et de son ministre communiste des sports, Marie-Georges Buffet, se lisait une componction de circonstance mêlée d’indifférence glaciale.

En effet, se fracassait sous leurs yeux l’irénique modèle de la société multiraciale « Blacks-Blancs-Beurs », qu’eux-mêmes et leurs sectateurs s’échinaient à enfoncer dans nos têtes depuis près de vingt ans, à coups de généreuses subventions publiques et de slogans scandés ad nauseam. Aux tranchants émoussés de leurs illusions jaillissait une réalité crue, drue, nue. Impitoyable. La société multiraciste s’élevait tel un oiseau de malheur déployant ses larges et funestes ailes. Elle annonçait le troisième stade du pourrissement de la nation par la tête : la société multiconflictuelle. L’onde de choc du 11 septembre commençait à se propager jusqu’en Europe.

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Supporters algériens lors du match France-Algérie de 2001

En 2010, lors des qualifications pour la Coupe du monde, la victoire de l’Algérie (toujours elle) permit aux binationaux des banlieues de laisser à nouveau éclater leur sens inné de la liesse festive : voitures incendiées, centres-villes mis à sac, drapeaux français brûlés. Et le même drapeau vert et blanc au croissant rouge, claquant, telle une gifle, l’air pestilentiel d’un pays qui n’en finit pas de se vomir dessus.

En octobre 2014, à la fin du match de la 10e journée de Ligue 1, Nice-Bastia, le gardien du SC Bastia brandit le drapeau à tête de Maure, déclenchant la furie des supporters niçois qui déferlèrent sur le terrain. Encore un drapeau. Toujours ce ressentiment de plus en plus affiché à l’égard d’une France qui n’enchante plus guère.
De la Corse et son irrédentisme en dormition à la Seine-Saint-Denis et son sécessionnisme annoncé, tout chemine vers la « kosovarisation » de la France. Succédanés pacifiques des champs de bataille, les stades ne suffisent déjà plus à canaliser les exutoires identitaires.
Et pendant ce temps, la France croule.