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Entretien exclusif : Un Français engagé volontaire en Irak pour combattre l’État Islamique

24/11/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Olaf, de son nom d’emprunt, est volontaire pour aller se battre contre l’État Islamique au sein de l’Assyrian French Legion, aux côtés des Kurdes. Il a accepté de témoigner de cet engagement en exclusivité pour NOVOPRESS.

NOVOpress : Vous allez rejoindre l’AFL, Assyrian French Legion, un groupe de volontaires français qui lutte contre l’État Islamique en Irak et en Syrie. Il s’agit d’un engagement très fort et d’un exemple trop rare de nos jours…
Olaf : Il est en effet assez hallucinant que personne ne réagisse dans ce sens face aux actes de guerre commis sur notre sol. Nous devrions être légion. Ce n’est plus une impression, c’est un fait, nous vivons dans l’ère des Bisounours…

NOVOpress : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Quel est votre parcours personnel, professionnel, militaire le cas échéant, avez-vous une famille ?
Olaf : Vous comprendrez que dans l’ambiance actuelle, je ne vous donnerai ni nom ni prénom, pour de simples raisons de sécurité.
On m’appelle Olaf, j’ai quarante ans, marié et père de cinq enfants, une solide formation militaire et un parcours professionnel dans la protection de VIP durant quelques années avant de fuir les grandes villes et de m’installer en pleine campagne pour retrouver une vie saine de paysan.

NOVOpress : Quelles sont les motivations qui vous ont poussé à rejoindre l’AFL ? Sont-elles idéologiques ? Le goût de l’aventure et du risque y a-t-il sa place ?
Olaf : Mes motivations sont simples, elles s’appellent : Daesh, État Islamique, Mohammed Merah, Chérif et Saïd Kouachi, Amedi Koulibali, Bilal Hadfi, Abdelhamid Abaaoud, Salah Abdeslam… et tant d’autres. S’il devait y avoir une idéologie derrière mon engagement elle porterait tous les prénoms de toutes les victimes tombées sous les balles des sus-nommés. Le goût de l’aventure et du risque ? Non, tout est cadré, pas de place pour le romantisme. Ni mercenaire ni croisé, mais une nouvelle frange d’hommes capables de réagir face aux nouvelles guerres que le monde crée.

NOVOpress : Comment êtes-vous rentré en contact avec ce groupe ?
Olaf : Je suis entré en contact via les réseaux sociaux, Facebook pour ne pas le nommer, avec ce groupe suite à une discussion avec un ami proche, ancien légionnaire. Après ce premier contact virtuel, plusieurs rencontres ont eu lieu sur Paris et Lyon avec les fondateurs du groupe et les membres.
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NOVOpress : Est-ce le seul groupe de volontaires avec qui vous êtes rentrés en contact ou en avez-vous approché d’autres ?
Olaf : C’est en effet le seul groupe avec lequel je suis entré en contact, pour la bonne et simple raison qu’ils sont les seuls à avoir déjà des hommes sur place, dont certains ont participé à l’assaut sur la ville de Sinjar il y a quelques jours, entraînant la rupture d’une des voies économiques et logistiques de Daesh.

NOVOpress : Parlez-nous des fondateurs et des membres de l’AFL. Quelles valeurs partagez-vous avec eux ? L’AFL se présente comme chrétienne. Est-ce une condition sine qua non d’un engagement dans ce groupe ?
Olaf : Les fondateurs de l’Assyrian French Legion sont des civils et d’anciens militaires, les valeurs que nous partageons sont celles de nos anciens, la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes et à refuser toute imposition sur leur sol d’un système extérieur. Dans le cas des Peshmergas et des Kurdes, il s’agit d’un islamisme totalitaire dépassant tous les entendements. L’AFL est reconnue officiellement et affiliée à Dwekh Nashwa, milice chrétienne. Notre mission sur place est de fournir une aide pratique et technique à des forces irakiennes combattant Daesh comme la protection des villages chrétiens dans la région de Mossoul. Il y a parmi nous des chrétiens pratiquants ou pas, des athées, des païens…
Mais un seul leitmotiv le combat contre la barbarie. Être chrétien ou pas n’est pas une condition pour rejoindre L’AFL. Nous partons là-bas parce que la tête de l’Hydre y est. Les profils sont multiples parmi les membres, de l’ancien militaire au civil, du tireur d’élite au mécanicien, du logisticien au médecin toutes les compétences sont les bienvenues.
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NOVOpress : Comment s’est opérée votre sélection, sur les plans physiques, moraux, des motivations, de l’expérience militaire… ?
Olaf : La sélection est simple : sur le plan physique, si vous n’êtes pas au top, c’est à vous de vous remettre en forme avant le départ ! Tous les postes à pourvoir ne demandent pas forcément un physique de sportif, mais c’est toujours un plus, vous ne savez pas comment les choses vont tourner sur place… Il faut aussi vous faire faire une batterie de vaccins. Moralement, il faut être solide et avoir des nerfs d’acier, beaucoup comme moi laissent derrière eux une famille. L’expérience militaire est bien évidemment un plus.

NOVOpress : Parlez-nous de la formation dispensée par l’AFL.
Olaf : Les formations sont multiples, ici, entraînement en groupe et entraînement personnel encadrés, les bases linguistiques sur place. Les groupes qui prennent le départ sont formés en sections qui s’entraînent ensemble. Krav-Maga, tir, géopolitique… c’est Sciences-Po Bagdad… je ne m’étendrai pas plus sur ce sujet.

NOVOpress : L’AFL n’est pas basé sur le mercenariat, le volontaire doit donc financer son équipement. Quel est le coût financier de cet engagement ?
Olaf : En effet, nous ne sommes pas des mercenaires, c’est une notion importante.
Vous devez préparer votre budget pour financer votre voyage et vous équiper sur place. En effet, si le textile peut s’acheter en France, l’armement, lui, s’achète sur place et il est cher. Une fois sur place, il vous faudra vivre aussi et cela demande d’avoir des liquidités. En gros pour une première mission de 6 mois, un budget de 6000 à 10 000 euros est nécessaire.
L’AFL a mit une cagnotte en ligne pour aider les volontaires au départ. De nombreux dons en quelques jours sont arrivés, mais le site en question nous a bloqué sous des prétextes fallacieux, cachant mal une volonté politique, voire, religieuse de leur part. Ce site s’appelle Leetchi, notez le bien, il favorise en fait les dons pour Daesh et les levées de fonds fantasques de groupes qui ne font qu’encaisser !
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NOVOpress : Quand partez-vous et combien de temps va durer votre engagement sur le terrain ?
Olaf : Deux départs sont fixés, en janvier pour certains membres, pour ma part, mon départ est prévu pour avril. La durée sera de six mois dans un premier temps, puis des tournantes avec mon binôme, avec qui nous occuperons le même poste. Le temps de préparer ma caisse qui permettra de soigner les blessés, entre autres…

NOVOpress : Avez-vous déjà des plans pour la suite ? Rempiler ? Faire autre chose ?
Olaf : Difficile à dire, il faut, dans un premier temps, bien comprendre que l’on peut y rester, y mourir. Et si les dieux me prêtent vie suffisamment longtemps, je continuerai le combat contre cette infamie là-bas ou ailleurs. Daesh est aussi sur notre sol ici en France et partout en Europe. Il n’est pas dit qu’un jour ils ne provoqueront pas un tel chaos ici et qu’alors le travail devra être fait comme il aura été fait en Irak.

NOVOpress : Avez-vous des retours du terrain de la part d’autres volontaires qui seraient déjà sur place ou revenus ?

Olaf : Oui, je pense à mon ami Greg qui est sur place, et qui a participé à l’assaut sur Sinjar. J’ai pu discuter avec lui quelques heures après l’opération, il était en repos avec son camarade Mika pour 18 heures. Le moral de nos gars sur place ne faillit pas malgré les privations, le manque des choses les plus simples. Ils manquent de financement, nous nous cotisons pour leur envoyer un peu d’argent ne serait-ce que pour s’offrir un bon repas ou une douche. Oui, cela peut vous paraître surprenant, mais c’est la réalité du terrain. Maintenant qu’ils ont coupé une voie stratégique de Daesh, la donne change, avec les récents bombardements français sur Raqqa, Daesh se replie maintenant sur Mossoul, ville qui sera un objectif majeur et décisif dans les semaines et mois à venir.

NOVOpress : Quelle est selon vous la principale qualité d’un volontaire étranger désirant aller se battre contre les djihadistes ?
Olaf : Les qualités sont multiples : un moral d’acier et une bonne préparation physique, la personne qui veut partir se battre contre les djihadistes sous les couleurs de l’Assyrian French Légion doit être consciente que si elle ne veut pas un jour porter la désormais tristement célèbre combinaison orange elle devra se battre aux côtés des Peshmergas et des Kurdes, Chrétiens et Musulmans, contre Daesh sous une seule et même bannière. La Légion Étrangère en est l’exemple le plus représentatif, plusieurs nationalités sous un seul drapeau et tant de victoires…

NOVOpress : Quel message souhaitez-vous passer à quelqu’un qui souhaiterait suivre votre exemple ?
Olaf : Le volontaire chez nous doit bien réfléchir à son engagement et aux suites que celui-ci peut entraîner. Si un jour il ne veut pas être une victime sur une terrasse de café ou lors d’un concert, c’est tout de suite et maintenant.
Nous sommes bien conscients que tout le monde ne peut pas s’engager physiquement dans un tel combat, mais comme je le disais plus haut, nos hommes et femmes sur le terrain manquent de tout alors qu’ils combattent pour préserver notre civilisation. Par conséquent, mon message s’adresse d’abord à ceux qui n’envisagent pas de nous rejoindre sur le terrain : aidez-nous ! Un simple don, si petit soit-il aidera à combattre Daesh sur le terrain. Pour exemple 1euro = une munition, 1000euros = un départ pour un combattant.
Notre site : http://www.afl-france.com/
Dons : https://www.paypal.me/AFLFrance

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