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Le Pape contre les murs

23/11/2015 – SOCIÉTÉ (NOVOpress)

« Quelle est la plus grande tentation en temps de guerre, comme en ce moment ? Les murs. C’est de se défendre, ce sont les murs ». Recevant, samedi 21 novembre, 2000 responsables scolaires et universitaires au Vatican, le pape François s’est lancé dans une dénonciation passionnée des « murs ». L’Europe, a-t-il conclu d’après la RAI, « doit être rééduquée aux valeurs de l’inclusion ».

C’était déjà la morale tirée par François des attentats de Paris, le 15 novembre, lors de sa visite à la communauté luthérienne de Rome. Une militante de l’accueil des « réfugiés d’Afrique du Nord » l’avait interrogé : « que pouvons-nous faire, en tant que chrétiens, pour que les gens ne construisent pas de nouveaux murs ? » En réponse, François avait commenté à sa façon l’épisode biblique de la Tour de Babel. « Le récit de la Tour de Babel est l’attitude de l’homme et de la femme qui construisent des murs, parce que construire des murs revient à dire : “Nous sommes les puissants, vous dehors”. […] Faire un mur, c’est pour exclure, cela va dans ce sens. […] L’égoïsme humain veut se défendre, défendre son propre pouvoir, son propre égoïsme, mais en se défendant ainsi, il s’éloigne de la source de la richesse. Les murs à la fin sont comme un suicide, ils t’enferment. C’est une vilaine chose d’avoir le cœur fermé. Et aujourd’hui nous le voyons, le drame… Mon frère pasteur [le pasteur luthérien] aujourd’hui a cité Paris : des cœurs fermés. Le nom de Dieu est aussi utilisé pour fermer les cœurs ».

Il y aurait à dire sur cette exégèse. La Tour de Babel est tout au contraire un monument au mondialisme (les hommes ne formant alors qu’un seul peuple et ne parlant qu’une même langue), et c’est Dieu, d’après la Genèse, qui sépare alors les hommes et les disperse par toute la terre. Mais peu importe. Sous un habillage religieux, qui ne reconnaît le programme des prétendues « élites européennes » depuis des lustres ? La fameuse ministre italo-congolaise, aujourd’hui chargée de définir la politique de l’immigration au Parlement européen, Kashetu Kyenge, en avait donné la formule, il y a deux ans : « Égalité des droits, égalité des chances, égalité des efforts, égalité des identités. Droit du sol, mais aussi lutte contre l’homophobie, la xénophobie et tous les “murs” qui divisent les Italiens des étrangers, les homosexuels des hétéros, les Blancs des personnes de couleur ». Le mur, voilà l’ennemi ! Abattons les murs ! Ouvrons les frontières ! C’est le credo commun de la caste politico-médiatique dans toute l’Europe.

Jorge Mario Bergoglio, selon les critères de la théologie catholique et du droit canon, est-il vraiment pape ? Il y faudrait une discussion longue et technique, et il n’est pas certain qu’il soit possible de trancher, dans un sens ou dans l’autre. L’essentiel est que François est de fait aujourd’hui, et pas seulement pour les catholiques, la plus haute autorité morale d’Occident. Depuis deux ans et demi, depuis le fameux voyage à Lampedusa où, sous une banderole « Nous sommes tous des immigrés », il avait spécialement salué « les chers immigrés musulmans qui s’apprêtent aujourd’hui, dans la soirée, à commencer le jeûne du ramadan, en leur souhaitant d’abondants fruits spirituels », il a mis toute son autorité au service de l’invasion et de l’islamisation de l’Europe. À ce titre, il porte objectivement une part de responsabilité dans les massacres islamo-migrants qui, avec une horreur toujours croissante, ravagent notre continent. Qu’il ne se soit, sauf erreur, trouvé personne pour le rappeler depuis huit jours – y compris « chez nous » et parmi ceux qui ont le plus vigoureusement accusé politiciens et médias d’avoir du sang sur les mains –, voilà qui confirme l’immense pouvoir de l’homme en blanc sur les consciences européennes.

Et il continue. Il continue de plus belle, avec ses amis de la caste politico-médiatique. L’Europe a ouvert grand ses portes et elle a fait rentrer chez elle le carnage et la désolation. C’est de la faute des murs ! Abattons les murs ! C’est de la faute de ceux qui avaient mis en garde contre les conséquences de l’immigration de masse. Luttons plus durement encore contre le « racisme » et « l’islamophobie » !
Une telle réaction est à certains égards banale. Il y a soixante ans, une étude classique, L’Échec d’une prophétie, avait suivi un groupe américain dont les membres s’étaient persuadés que la fin du monde aurait lieu dans la nuit du 20 au 21 décembre 1954 et qu’ils seraient les seuls à être sauvés, par des extraterrestres qui viendraient les chercher dans une soucoupe volante. Les extraterrestres ne vinrent pas et le cataclysme n’eut pas lieu. Résultat : les adeptes en sortirent plus convaincus que jamais, et ils se lancèrent dans une grande campagne de propagande pour faire des prosélytes. Admettre qu’ils s’étaient ridiculement trompés leur était tout simplement insupportable. C’est ce qu’on appelle en psychologie sociale la dissonance cognitive. La croyance est réfutée par les faits, on rejette les faits.

Le pape François, comme tous ceux qui sont censés diriger, éclairer, guider l’Europe, est dans la dissonance cognitive, dans le déni de réalité. Tous ces gens sont emmurés dans leurs certitudes immigrationnistes. Ils sont comme les pharisiens dont parlait le Christ : « Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles : si un aveugle en conduit un autre, ils tombent tous deux dans la fosse ». Ou, si l’on préfère, ces nouveaux pharisiens nous mènent droit dans le mur.

Flavien Blanchon