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Robert Ménard : « Continuer de laisser entrer ces migrants est une folie absolue »

Source : Boulevard Voltaire
Robert Ménard réagit au discours de François hollande au congrès et aux événements qui ont ensanglanté la France, avec le franc-parler et la lucidité que nous apprécions chez lui.

Au lendemain de la réunion du Congrès de Versailles, quelle est votre réaction ?
François Hollande n’est décidément ni Clemenceau ni de Gaulle. Certes, nous le savions. Sa prodigieuse faculté à exprimer le vide sur un ton monocorde terrasse depuis trois ans les auditoires les moins défavorables. Mais, devant des épreuves historiques, il arrive parfois que des êtres parviennent à s’élever au-dessus d’eux-mêmes et se révèlent des chefs. Or, hier, nulle révélation, mais la confirmation que François Hollande est un homme politique de la Ve République décadente. Un homme politique qui lit mal un texte mal écrit. Un texte parfois même odieux. Je m’étonne que personne n’ait relevé cette phrase : « Nous allons donner les moyens de garantir encore une fois la sécurité de nos concitoyens. » Encore une fois ? Les familles des morts de vendredi apprécieront…

Mais sur le fond ?
Il y a deux volets dans le discours de Hollande. Les annonces et leur contexte idéologique. Pour ce qui est des annonces, il suffit de dire que nombre d’entre elles sont prônées par le Front national depuis des années sous les insultes et les quolibets de la gauche comme de l’ex-UMP. Mais l’ensemble reste insuffisant. Combien faudra-t-il de morts pour que le Président persiste à ne pas placer en détention tous les fichés S ? On m’objectera que diverses conventions ou traités internationaux interdisent cette détention collective et préventive. L’argument ne tient pas. D’abord, parce que certaines des mesures annoncées hier par François Hollande sont, elles-mêmes, en contravention avec ces traités. Ensuite, parce que les traités ne sont jamais que des règles du jeu que l’on peut remplacer par d’autres.
Pour ce qui est du débat sur la révision de la Constitution, il est affaire de spécialistes. S’il s’agit d’aiguiser le droit pour mieux frapper de notre épée, faisons-le.

J’en viens maintenant à l’idéologie qui structure ce discours. Je passe sur le côté « Génération Bataclan » qui n’est qu’une transposition de toutes les balivernes servies dans la presse de gauche depuis vendredi. L’important est ailleurs. Il est dans le déni de ce qu’est notre ennemi. Je cite : « Nous ne sommes pas engagés dans une guerre de civilisation, parce que ces assassins n’en représentent aucune. » S’il s’agit de dire que les terroristes agissent comme des barbares, à rebours de la civilisation européenne qui, depuis plusieurs siècles, a codifié la guerre, certes. Mais ce n’est évidemment pas ce que veut dire Hollande. Lui veut innocenter l’islam de toute culpabilité. Or, si la chose peut être vraie pour ce qui est de l’islam officiel de Paris, cette innocence n’est guère évidente pour celui – ou ceux – de Libye, d’Afrique subsaharienne ou du Moyen-Orient. Des islams que nous importons et ne cessons d’importer depuis des décennies au gré des vagues migratoires.
Naturellement, Hollande ne peut cesser ce déni de réalité, car celui-ci est directement en lien avec une autre partie de son discours : « Nous éradiquerons le terrorisme pour que la circulation des personnes, le brassage des cultures demeurent possibles. » Pas un instant il ne se rend compte que c’est précisément la libre entrée sur notre sol, cette cohabitation imposée de communautés, qui facilite ce terrorisme et même, d’une certaine manière, le crée.

Pourtant François Hollande dit vrai lorsqu’il affirme : « Ce sont des Français qui ont tué vendredi d’autres Français. »
Oui, il dit vrai. Mais il serait encore plus juste que vrai de dire : ce sont des individus naturalisés ou ayant obtenu notre nationalité par droit du sol, mais appartenant à des peuples, à des cultures différentes, qui ont tué vendredi des Français de souche, de « toujours » pour parler comme Bartolone, des touristes et d’autres Français d’origine étrangère.
Et pourquoi ces meurtres ? Pas parce que la France, c’est la musique, les femmes et le vin ; ça, c’est une vision américanisée des Français. Mais parce que, pour le monde musulman, la France et l’Europe, c’est l’ennemi depuis plus de 1.000 ans. Les hommes de Daech ont une vision civilisationnelle. On peut la juger pervertie, stupide ou pertinente, peu importe. Eux pensent aux croisades, à la colonisation, etc. À cette vision civilisationnelle dure, Hollande n’oppose rien, sinon le mou et le flou du discours républicain qui n’est que la version de gauche du discours mondialiste de la Commission européenne.
Autre sujet que les médias tentent d’escamoter : la présence de terroristes parmi les migrants… L’Europe de l’Est ne souhaite pas la bienvenue à ces derniers. L’Union européenne proclame que rien ne doit changer et que nous ne devons pas fermer nos portes.

Il faut être incroyablement naïf pour imaginer que parmi les millions de migrants, il n’y a pas, non seulement des terroristes, mais aussi une forte minorité favorable à cet islam qui nous fait la guerre. Je dis minorité, mais, en réalité, personne ne peut prouver que ce n’est pas une majorité. Alors, dans ces conditions, continuer de laisser entrer ces migrants, vouloir les répartir dans toutes les provinces françaises, est une folie absolue.
J’ai été critiqué en septembre pour avoir protesté contre des clandestins syriens qui squattaient des HLM. J’ignore qui ils sont vraiment. Mais ce qui m’épouvante, c’est que l’État français n’en sache pas plus que moi. Ces gens prétendent venir de Homs. Or, cette ville est libérée des islamistes depuis un an. Alors qui ou que fuient-ils ? La misère ? Soit. Pour certaines familles, on peut le croire. Mais pour les hommes jeunes, on fait quoi ? On allume un cierge ou bien on attend un prochain attentat pour allumer une bougie ?
Or, l’État ne fait rien. Pourquoi ? Parce que prendre les bonnes décisions aujourd’hui reviendrait à montrer du doigt toutes les mauvaises décisions d’hier et, donc, ceux qui les ont prises. Cela consisterait à revenir sur quarante ans de politique d’immigration. Et cela, ni Hollande, ni Juppé, ni Sarkozy ne le feront. Plutôt laisser crever des Français !