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Attentats à Paris : regarder le djihad en face

Source : Les 4 Vérités

Ce qui s’est passé vendredi 13 novembre au soir était prévisible, et prévu par les autorités. Cela a été l’ensemble d’attentats le plus grave commis sur le sol français depuis l’époque de la guerre d’Algérie.

Je l’écris avec une infinie tristesse, mais je l’écris quand même : il y aura d’autres attentats, plus graves sans doute. C’est ce que pensent les services de renseignement français et européens. C’est ce que pensent les juges en charge des affaires terroristes.

J’ai traité de cela dès les attentats du mois de janvier contre « Charlie Hebdo » et contre l’épicerie Hypercacher de Saint-Mandé. Je suis revenu sur le sujet lors de l’attentat manqué contre une église à Villejuif, puis lors de la décapitation d’un entrepreneur à Saint-Quentin Fallavier. J’y suis revenu lors de l’attaque (manquée encore) contre un train Amsterdam-Paris, qui aurait pu être un atroce carnage.

J’ose espérer, sans y croire, que le gouvernement va enfin prendre les mesures qui devraient s’imposer, et tirer les conséquences de ce qui se dit de manière de plus en plus explicite : nous sommes en guerre. Et toute guerre implique de prendre des mesures de guerre.

C’est une guerre différente de toutes les guerres que la France a dû affronter dans le passé, parce que c’est une guerre menée essentiellement par le biais d’un terrorisme plus délétère que les terrorismes qui l’ont précédé : le terrorisme djihadiste.

Ce terrorisme-là n’a que fort peu à voir avec celui pratiqué en son temps par les groupes d’extrême gauche.

C’est un terrorisme émanant de gens qui veulent mourir et devenir shahid, martyr de l’islam. C’est, on l’a vu vendredi, un terrorisme qui peut aller jusqu’à l’attentat-suicide.

Cela fait des années que les gouvernements français sous-estiment les dangers du terrorisme djihadiste ou adoptent à son égard des politiques et des positions à géométrie variable : les positions de la France concernant des groupes tels que le Hezbollah ou le Hamas sont toujours loin d’être claires, et les groupes que la France soutient en Syrie, en se mettant à la remorque de l’administration Obama, sont des groupes hostiles à l’État Islamique, mais issus d’Al Qaïda.

Cela fait des années aussi que des décisions criminelles sont prises en matière géopolitique : ainsi le renversement de Mou­ammar Kadhafi en Libye, qui a débouché sur une dissémination d’armes dans toute l’Afrique subsaharienne, et sur la transformation de la Libye en base arrière de groupes islamistes.

Il faut ajouter que des quartiers entiers de diverses banlieues sont devenus des zones de non-droit, que des imams dans de multiples mosquées transmettent un discours de haine envers l’Occident, et que de nombreuses prisons françaises sont tenues par des chefs de bande au service du djihad.
L’invasion de l’Europe depuis la Libye, puis, depuis la Syrie, avec la complicité de la Turquie d’Erdogan, n’arrange rien.
Il est avéré que des gens formés au djihad en Syrie ont contribué aux attentats.

Il est extrêmement tard.

Des cellules dormantes existent qui peuvent être activées à tout instant. Des centaines de djihadistes sont à même de passer à l’action.

Des sondages réalisés par des instituts étrangers montrent qu’au sein de la population musulmane installée en Europe, il existe une proportion très inquiétante de gens qui ont de la sympathie pour le djihad, et qui peuvent, dès lors, être complices.

Faut-il le rappeler ? Quand les attentats du onze septembre ont eu lieu, il y aura bientôt quinze ans, un président des États-Unis, George Walker Bush, a tenté de sonner l’alerte.

Nul ou presque en France n’a voulu entendre. Chirac et Ville­pin se sont faits chefs de file de la haine anti-américaine…

Quand un homme aux sympathies islamistes explicites, Ba­rack Hussein Obama, l’a remplacé, tout le monde ou presque en France s’est extasié. Ce président a laissé naître et croître l’État Islamique : les résultats sont là.

L’offensive djihadiste commence à peine.

Ne pas la voir pour ce qu’elle est, et ne pas en tirer les conclusions requises, sera, le cas échéant, suicidaire.

Hollande a dit que la France serait impitoyable. On peut penser que ce ne sont que des mots…