Migrant holds up placard at registration centre at main railway station in Dortmund

Invasion migratoire : les patrons allemands appellent à l’aide

12/11/2015 – EUROPE (NOVOpress)
C’est décidément le syndrome de la boîte de Pandore. Après avoir poussé le gouvernement allemand à ouvrir grand les vannes de l’immigration, voilà que le patronat teuton appelle à l’aide pour gérer la crise.

 En ce moment, on se sent clairement abandonnés par l’Europe » dans la gestion de l’invasion migratoire, a déclaré Ulrich Grillo, le président de la Fédération de l’industrie allemande (BDI) à l’occasion du forum économique franco-allemand organisé à Berlin par « Les Échos » et « Handelsblatt ».

Fallait pas les inviter, serait-on tenté de leur répondre en pariodant Michel Muller.
« C’est pourquoi je lance un appel à nos amis européens, et nos amis français : il faut que nous soyons soudés ! » rajoute Ulrich Grillo. En clair, totalement débordés par la situation qu’ils ont encouragée à créer, les patrons allemands espèrent bien se défausser sur leurs « partenaires » européens.

L’Allemagne, qui attend au bas mot un million de demandeurs d’asile cette année, se sent très seule dans cette crise. Le gouvernement essaie de rétropédaler dans la choucroute, évoquant d’abord la possibilité que les « migrants » ne restent qu’un an sur le sol germanique, puis remettant en cause le principe du regroupement familial et enfin en réintroduisant le règlement de Dublin, qui prévoit un renvoi des demandeurs d’asile vers les pays européens où ils se sont enregistrés en premier. Elle l’avait suspendu le 25 août pour les réfugiés syriens. Bref, nous avons ouvert la boîte de Pandore, mais à vous de gérer les conséquences…

Les Allemands n’en sont toutefois pas encore à se demander sérieusement si c’était une bonne idée au départ. La France traîne des pieds pour accueillir tous les « réfugiés » surnuméraires dont l’Allemagne ne veut pas ? c’est la faute au Front National, « Cette nouvelle France laide se fait honte à elle-même, à ses principes et à son histoire », écrivait cette semaine la « Süddeutsche Zeitung ». Mais bien sûr. Et le rôle du gouvernement français, déterminant pour que l’Union européenne décide, contre la résistance des pays de l’Est, la répartition de 160.000 réfugiés que souhaitait Berlin ?

« La France prend toute sa responsabilité dans la crise migratoire. Nous n’avons ni de leçons ni de considération particulière à recevoir de qui que ce soit. » a affirmé mardi au forum des deux quotidiens Matthias Fekl, qui, après ses déclarations contre les négociations opaques du TAFTA, semble être l’un des seuls de ce « gouvernement » à tenir son rang et sa place.

Il a donc rappelé à nos « amis » allemands à quel point les politiques françaises et germaniques étaient liées au sein de l’UE alors qu’Angela Merkel a pris seule la décision d’ouvrir en grand les vannes de l’immigration débit septembre. Il a aussi souligné que la France a longtemps été le premier pays d’accueil d’étrangers en Europe et qu’elle est en première ligne dans la lutte contre le terrorisme.

Quant au patronat français, il a souligné qu’avec la démographie et le chômage structurellement massif que connaît notre pays, le besoin en main-d’œuvre n’est pas le même chez nous qu’outre-Rhin.
Bref, on ne peut que se féliciter de cette fin de non-recevoir. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.