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Émeute à Calais

10/11/2015 – FRANCE (Présent 8480)

Seize : c’est le nombre de policiers blessés qu’a déploré officiellement la Préfecture du Pas-de-Calais, au lendemain des violents affrontements qui ont opposé plusieurs centaines de clandestins de la « jungle » aux forces de l’ordre dans la nuit de dimanche à lundi. Des heurts d’une gravité sans précédent, qui font craindre aujourd’hui le pire aux syndicats de police, témoins depuis des semaines de la dégradation de la situation à Calais.
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« On est inquiets »

À l’origine de ces affrontements, les tentatives répétées par plusieurs centaines de clandestins de ralentir le trafic sur la rocade portuaire de Calais pour prendre d’assaut les véhicules y circulant. Une situation qui a contraint les CRS, victimes d’abondants caillassages, à recourir à de nombreux tirs de flash-balls et à employer « presque 300 grenades » lacrymogènes pour réussir, après plusieurs heures de lutte et l’arrivée de renforts, à repousser ces hordes de migrants.
Rappelons que, la semaine dernière déjà, des groupes de clandestins s’en étaient pris violemment aux agents postés sur la rocade, contraignant ainsi les policiers à tirer des dizaines de grenades pour ramener le calme dans la zone.
Mais avec 16 policiers blessés, l’affaire est cette fois bien plus grave, et inquiète beaucoup les syndicats de police qui redoutent des émeutes massives à Calais. En effet, rapportait au Figaro un agent présent samedi sur le terrain, « le plus surprenant, c’est que, lorsque les CRS en renfort ont mis pied à terre, ce sont les migrants qui ont chargé ! Et ça, c’est totalement inédit à Calais ». De son côté, Gilles Debove, du syndicat SGP Police-FO, expliquait : « C’est la première fois que c’est aussi violent et qu’on a malheureusement autant de collègues blessés (…). On est inquiet, si un jour on a une révolte au sein du camp, ça va être la folie »…

Bientôt l’armée ?

Il faut dire qu’avec ses 6 000 clandestins venus d’Afrique de l’Est, du Moyen-Orient ou encore d’Afghanistan, la « jungle » de Calais est devenue une véritable bombe à retardement. Les heurts sanglants entre groupes ethniques y sont quotidiens, sans parler des trafics et agressions de toutes sortes. Une situation devenue tellement ingérable que le maire LR de Calais, Natacha Bouchart, a demandé, en octobre dernier, le renfort de l’armée. En effet, a-t-elle expliqué sur RMC, « à partir du moment où nous avons une ville de 6 000 personnes à côté de chez nous, dans laquelle nous ne savons pas ce qui se passe, il ne serait pas inopportun (…) que l’armée puisse venir surveiller, rassurer, peut-être aussi démanteler certains réseaux qui peuvent exister ».

Franck Delétraz