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Crash de l’Airbus 9268 : l’attentat improbable ?

02/11/2015 – MONDE (NOVOpress)
Attentat, le crash de l’Airbus A321 dans le désert égyptien ? Revendiqué par l’État Islamique, les conditions de la catastrophe plaident plutôt contre cette hypothèse.

Samedi, un charter de la compagnie russe Kogalymavia — dite Kolavia ou Metrojet – s’est disloqué en vol au-dessus du désert du Sinaï, faisant 224 morts, dont 17 enfants – l’un d’eux âgé de seulement 10 mois.
Wilayat Sinaï, la branche de l’État islamique au Sinaï, clame samedi après-midi avoir réussi à provoquer le « crash de l’avion russe en Égypte », en représailles aux opérations menées par Moscou en Syrie. S’il n’est pas dans les habitudes de l’État islamique de lancer des revendications fantaisistes, celle-ci laisse toutefois perplexes la plupart des observateurs.
À ce stade, naturellement, les experts interrogés refusent d’exclure, avant que les boîtes noires ne parlent, qu’une bombe ait pu exploser à bord ou que l’avion ait pu être touché alors qu’il était descendu plus bas pour une raison technique ou autre, par un missile ou une roquette tirée du sol.
Pour autant, les conditions du crash ne plaident pas en faveur de l’attentat islamiste.

Tout d’abord, il s’agirait d’une première. Depuis le temps que la coalition dirigée par les États-Unis est censée lutter contre eux, aucun de leur avion n’a été visé.

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l’Airbus A321, vol charter n° 9268, s’est abîmé dans le désert du Sinaï seulement 20 minutes pares son décollage de Charm-El-Cheick en Egypte. La catastrophe, dont les causes ne sont pas encore définies, à fait 224 morts.

Ensuite, l’avion se serait disloqué à 9000 mètres d’altitude, bien trop haut pour avoir été touché par les systèmes d’armes qu’auraient à disposition l’EI, même si certains groupes de « terroristes modérés » avaient demandé des systèmes antiaériens aux États-Unis, demande officiellement rejetée par les USA. De plus, l’hypothèse de l’avion perdant de l’altitude pour une raison inconnue avant d’être accroché par un missile moyenne ou courte portée est trop tirée par les cheveux pour être prise vraiment au sérieux.
Enfin les djihadistes égyptiens du Nord-Sinaï (région où s’est abîmé l’avion), s’ils sont très actifs, sont plutôt connus pour leurs actions « rustiques » techniquement, se « limitant » à des attentats et attaques contre l’armée et la police, meurtriers, mais peu complexes à monter.

Reste l’hypothèse d’une bombe embarquée à bord, qui serait la plus crédible parlant d’un attentat, mais le flou de la revendication de l’EI sur les moyens employés pour « faire tomber l’avion » jette le doute sur cette possibilité : les revendications terroristes sont toujours accompagnées d’éléments de preuve permettant d’authentifier la revendication, le moyen de l’attentat restant le plus classique d’entre eux. La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, qui semble montrer le crash d’un avion (voir capture ci-dessous), demandera un gros travail d’authentification avant de pouvoir être compté au rang d’indice ou de preuve.

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Cet extrait d’une vidéo de propagande de l’état Islamique semble montrer un avion descendant en flammes. Impossible de savoir s’il s’agit du vol 9268.

Une surexploitation de l’avion, qui avait effectué 16 vols longue durée en une semaine reste une hypothèse très crédible. L’appareil a appartenu à plusieurs compagnies appartenant au Liban, à l’Arabie saoudite, à la Turquie, à la Syrie avant d’appartenir à la compagnie russe, depuis 1997 qu’il était en circulation ; il avait connu un accident en 2001 en atterrissant au Caire, qui avait endommagé la queue de l’aviation et le système de navigation. Si les réparations avaient été effectuées, il est difficile de déterminer leur qualité, ainsi que celle de l’entretien d’un appareil qui était en train d’effectuer son 17e trajet dans la semaine, au sein d’une compagnie charter connue pour ses difficultés financières.
Il semblerait que les pilotes se plaignaient de la qualité des commandes de navigation sur cet A321. Un expert, quant à lui, explique que pour des raisons techniques, le pilote peut perdre le contrôle de l’appareil. Si alors l’avion tombe en vrille, il peut se disloquer en plein vol, comme l’a fait l’avion russe.

Les boîtes noires retrouvées, nous en saurons probablement bientôt plus sur les raisons de cette catastrophe.

Crédit photo : Capture d’écran d’un reportage de BFMTV sur le crash de l’Airbus dans la désert du Sinaï.