A Lyon, lundi 13 mai, conférence de Robert Ménard sur la place des médias dans la société

Robert Ménard : « Nadine Morano a eu un langage clairement de droite : elle a été éliminée »

Source : Boulevard Voltaire
Nadine Morano sera ce jeudi à Béziers pour y tenir une réunion publique avec ses sympathisants.

Elle rencontrera ensuite Robert Ménard, le maire de la ville, qui lui a proposé « une grande alliance » de droite patriote…

Nadine Morano est à Béziers ce jeudi. Qu’en pensez-vous ?

Je crois que l’action de Nadine Morano est très importante. Son action est un révélateur. La liberté de parole dont elle a usé lui a valu les foudres de la gauche. Ce qui est normal. Mais aussi celles de son parti, y compris Nicolas Sarkozy. En d’autres termes, Nadine Morano a été sacrifiée par son parti, par cette droite parlementaire, sur demande de la gauche, pour satisfaire aux rites idéologiques de la gauche. C’est donc une affaire d’une grande importance qui dépasse de loin les querelles des primaires à droite. On l’a vu par le passé avec Vanneste, Millon et d’autres : dès qu’un élu de la droite parlementaire a un langage clairement de droite, notamment sur les questions migratoires ou de société, il est aussitôt éliminé par la droite. Qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement qu’il faut recomposer la droite.

Recomposer la droite ne veut pas forcément dire grand-chose. Très concrètement, entre le FN et l’ancienne UMP, peut-il y avoir autre chose que des variables d’ajustement ?

En maçonnerie – je parle évidemment de la construction des murs… -, il faut du mortier pour unir les pierres. Le FN a besoin d’alliés. Il ne peut pas se contenter d’aspirer des cadres de LR. Dans ce contexte, des gens comme Nadine Morano ont vocation à représenter une force de droite qui aura sa spécificité, mais qui acceptera le jeu républicain des alliances pour faire battre la gauche qui, pour moi, à cause de sa volonté de confisquer la République, en est le pire ennemi. La droite se recomposera une fois qu’elle aura explosé. Sans doute au lendemain de l’élection présidentielle.

Tel est mon souhait, tel est mon but. Non pas rassembler autour de moi, mais faire converger dans la même direction tous ceux qui veulent de la liberté : liberté de parole, liberté de conscience, liberté de briser les tabous.

Si Nadine Morano ne vient pas vous voir, irez-vous à sa réunion ?

Non, je ne veux rien faire qui puisse la gêner. En revanche, une délégation composée de certains de mes élus a prévu de s’y rendre. Ce sont des élus adhérents à LR ou anciens de l’UMP. C’est la spécificité de ma liste qui rassemble toutes les composantes de la droite. Et ça marche ! Pourquoi ce qui est fait à Béziers ne le serait pas pour la France ?

Comment le FN prend-il sinon votre soutien, du moins votre sympathie pour Nadine Morano ? Dans le Languedoc, vous soutenez Louis Aliot, mais dans l’Est, elle est sur les terres de Florian Philippot.

Je ne sais pas trop. Nous n’en avons pas vraiment parlé avec Louis Aliot. Je ne crois pas que mon poids électoral à Thionville ou Forbach soit démesuré et puisse nuire à Florian Philippot. De toute manière, dans cette affaire, je ne me place pas dans la perspective des régionales mais dans celle, beaucoup plus large, de l’avant et de l’après-2017. Par ailleurs, je pense qu’en fonction de l’évolution de la campagne, les prises de position de Nadine Morano et les réactions insensées de son parti ont des chances de profiter à Florian Philippot.