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Pour contrer l’islamisme, Pierre Manent a une solution : plus d’islamisation !

28/10/2015 – CULTURE (NOVOpress)
Célébré par tous les médias officiels, le dernier livre de Pierre Manent « Situation de la France » est pourtant un mélange explosif de naïveté profonde et de renoncements graves. À sa lecture, on hésite à propos de l’auteur entre la bêtise aveugle ou l’inconscience caractérisée.

Le nouveau livre de Pierre Manent « Situation de la France » fait actuellement l’objet d’un foisonnement de commentaires dans la sphère intellectuelle. Cherchant à dresser un état des lieux de la société multiculturelle française, ce philosophe vient de publier très récemment un essai éminemment politique sur l’épineuse question des musulmans en France. Il part d’un constat juste : l’intégration des musulmans à la société française est ratée. L’objet de son livre est de proposer des portes de sortie à cette crise dont les effets sont chaque jour plus voyants (et violents).

Célébré par Le Point qui y voit un livre « audacieux », La Croix qui considère ces réflexions comme un « apport important à la discussion » ou La Vie qui y voit « un réalisme politique », quand il ne s’agit pas des Inrocks parlant d’un essai « stimulant » ou même du Figaro qui y voit l’écrit « le plus profond de la littérature post-charliste », nombreux sont ceux, à gauche comme à droite, qui ne tarissent pas d’éloges à son égard.

Pourtant, une lecture de l’ouvrage et des propos de l’auteur dans divers entretiens entraînent rapidement une douche froide. En effet, au-delà du constat de base évident, les propositions de Pierre Manent s’avèrent d’une naïveté confondante, paradoxalement sous couvert de pseudo-réalisme. Selon lui, chercher à faire de la laïcité une arme contre la pratique religieuse musulmane est un échec. Plutôt que de « forcer » les populations de confession islamique à s’intégrer, celui-ci propose une solution « novatrice » : il faut faire « un compromis avec les musulmans ». Détaillant ses propositions, il écrit que « notre régime doit céder, et accepter franchement leurs mœurs puisque les musulmans sont nos concitoyens ». Mais attention, n’allez pas croire que cette soumission se fait sans contrepartie : il leur demande en échange de faire cesser « leurs liens de dépendance financière et intellectuelle avec les pays étrangers » et bien sûr tout de même de renoncer au djihad et à la burqa. On reste bouche bée.

Ce qui aurait dû rester un livre confidentiel aux théories farfelues est bien entendu largement porté au pinacle par nos « élites », avides d’une solution aux problèmes chaque jour plus pressants posés par la société multiethnique. Cet essai, écrit dans la foulée des attentats de Charlie Hebdo, est l’incarnation de la pensée politique de la génération qui nous a précédé. Confrontée aux violences et aux revendications toujours plus pressantes d’une partie de la communauté musulmane, son réflexe est toujours le même : céder, lâcher du terrain, reculer, croyant benoîtement qu’en leur donnant ce qu’ils exigent, le cauchemar cessera. Bien entendu, c’est tout l’inverse qui se produit, et nous avons déjà 40 ans d’expériences désastreuses derrière nous pour le confirmer : la gauche et la droite n’ont cessé d’aider l’islamisme à s’implanter, à la fois par peur et par cynisme électoral, que ce soit par le biais de terrains vendus pour un euro symbolique, de subventions à des associations islamiques ou bien encore comme à Nice en louant des locaux à des prix bien en-dessous de ceux du marché.

Clément Martin- conseiller fédéral à Génération Identitaire

Clément Martin, conseiller fédéral à Génération Identitaire

Les louanges reçues par ce livre, autant par une partie de la droite que d’une certaine gauche ne doivent pas nous étonner. Une grande partie de la classe politique et de ses intellectuels assistent à la mort de leur utopie : la cohabitation harmonieuse sur une même terre de communautés aux mœurs et cultures totalement différentes. Plutôt que de tirer les leçons de cet échec, ils essayent dans une dernière (et vaine) tentative de faire survivre leurs illusions. Ils seront déçus : car même en retournant le problème dans tous les sens, il n’existe tout simplement pas de solution au sein de leur schéma de pensée. C’est le paradigme entier qu’il faut changer : il ne s’agit pas de trouver comment nous pourrions tous vivre-Ensemble, puisque c’est impossible, mais de réfléchir à la manière dont nous pouvons nous sortir de cette situation catastrophique.
Les solutions proposées par Pierre Manent sont politiquement impraticables : comment renoncer à l’influence des pays étrangers sur les musulmans de France à l’heure d’internet et des satellites ? Faut-il interdire les taxis-phone, les paraboles, les abonnements au câble, les vacances au bled ? C’est absurde.
Les contradictions de cet auteur sont par ailleurs aveuglantes : au fond, ce qu’il propose, c’est plus d’islamisation pour contrer l’islamisme. L’écrire avec des mots savants et dans une langue française raffinée ne change rien à la bêtise des propositions. Car les problèmes posés par une partie de la communauté musulmane en France ne peuvent se résumer à une simple bataille politique.
Il ne s’agit pas simplement de revendications autour du voile ou du halal, dont une lecture biaisée pourrait amener à penser que si on y « cédait » les problèmes posés tous les jours par le multiculturalisme cesseraient. Non seulement ce raisonnement est faux (céder à une revendication en amène immanquablement de nouvelles), mais il est également hors-sujet : l’islam est le plus souvent vécu non pas tant comme une foi religieuse, mais plutôt comme une bannière identitaire, perçue comme un paravent à la haine des Européens et de leur civilisation.
D’autre part, pour tous les Français de souche vivant en minorité au sein de quartiers dont la population est à majorité musulmane, en quoi leur quotidien fait de vexations ou pire d’agressions sera-t-il changé positivement par cet abandon de la laïcité ? Comment les islamistes, habitués culturellement au rapport de force avec l’État, vont-ils percevoir cette soumission de l’État français ?

La solution, la seule, est la remigration. Le Bloc Identitaire avait déjà proposé 26 mesures politiques pour rendre possible cette sortie de crise par le haut, qu’il convient d’appliquer le plus rapidement possible, sans attendre que nous passions de tensions communautaires de moins en moins larvées à la guerre franche et déclarée sur notre sol. Expulsions des islamistes étrangers, déchéance de la nationalité pour les binationaux impliqués dans des crimes et délits, préférence nationale pour les aides sociales, lutte contre l’islamisation… les mesures de bon sens pour mettre en place les conditions d’un retour sont nombreuses.

L’ensemble des intellectuels de gauche et une partie de ceux de droite sont en fait terrorisés par l’effondrement de la société multiethnique et l’extrême violence qui en découle. Leur incompréhension se mue en déni, car ils refusent de voir la réalité. Plutôt que de reconnaître l’échec absolu de leur utopie, ils choisissent la fuite en avant. Des tensions existent avec une partie des musulmans qui exigent sans cesse davantage ? Cessons de leur demander quoi que ce soit et tout ira mieux ! Une telle naïveté laisse pantois, sans évoquer la méconnaissance profonde de la mentalité des intéressés.
Les sondages sont éloquents : 76 % des Français considèrent que l’islam progresse trop en France, 55 % que « la visibilité de l’islam est trop importante » et 63 % d’entre eux sont favorables à l’interdiction du voile dans la rue. Examinant ces chiffres, comment peut-on croire qu’en « acceptant franchement les mœurs musulmanes » on ferait baisser les tensions communautaires en France ? C’est évidemment tout l’inverse qui se produirait, car les Français d’origine européenne seraient encore plus légitimement excédés…

Le rêve d’une société multiethnique pacifiée où régnerait l’amitié entre les peuples est en train de s’achever avec fracas. De plus en plus, l’identité apparaît comme la question politique majeure du XXIe siècle. Les peuples européens, à rebours des théories indigestes de Pierre Manent, attendent de la classe politique une affirmation franche de la supériorité politique et culturelle de leur civilisation sur leurs terres. Face au sentiment de dépossession, ils sont en attente d’actes forts et de prises de positions claires. Quant aux politiciens et aux intellectuels qui refuseront d’entendre ce cri du peuple, ils disparaîtront, balayés par l’Histoire.

Clément Martin
Conseiller fédéral à Génération Identitaire