invasion_migratoire

Invasion migratoire: un sommet européen ferme… en façade

26/10/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Réunion au sommet pour les Etats des Balkans, convoqués par Jean-Claude Juncker pour parler invasion migratoire. Un sommet de plus avec fermeté affichée face à la crise migratoire… un sommet de plus qui montre qui est à la manœuvre en Europe.

Nouveau sommet de la dernière chance pour arrêter le flux migratoire. Dix jours après un Conseil européen déjà consacré au sujet, qui n’a donc pas eu le temps de produire le moindre résultat, cette édition rassemblait hier tous les pays concernés de près ou de loin par la « route des Balkans ». Ceux qui sont en première ligne -Bulgarie, Croatie, Grèce, Hongrie, Roumanie, Slovénie- mais aussi les pays de destination : Allemagne, Autriche, Pays-Bas et Suède. De plus, trois pays non membres (Albanie, Macédoine et Serbie) étaient conviés. Notons l’absence de la France, le pays étant juste bon à accueillir les réfugiés de second ordre dont l’Allemagne ne veut pas, il est logique que le vice-chancelier n’aie pas été convié.

A croire que l’invasion migratoire finit par affoler Angela Merkel, qui a convoqué ce sommet par l’intermédiaire de son homme lige, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne et non par Donald Tusk, le président du Conseil, habituel maître de cérémonie des réunions de leaders européens. Dans des cénacles aussi épris de protocoles et de procédures, le procédé cavalier en dit long…
Peut-être Merkel est-elle d’accord avec la prophétie du Premier ministre slovène Miro Cerar : « Si nous ne prenons pas d’actions immédiates et concrètes sur le terrain dans les jours et semaines à venir, je pense que l’UE va commencer à s’effondrer »

Convocation qui sera d’ailleurs la principale mesure de fermeté que l’on retiendra de ce sommet… animé par les querelles entre pays se renvoyant la responsabilité de la crise : la Slovénie, qui a vu affluer plus de 60.000 réfugiés en quelques jours, accuse la Croatie de laisser passer tout le monde sans contrôle. De leur côté, la Serbie, la Roumanie et la Bulgarie ont menacé de fermer leurs frontières si l’Allemagne ou l’Autriche faisaient de même sur une longue période. Personne n’a toutefois eu l’outrecuidance de pointer du doigt la responsable majeure, Angela Merkel, pour avoir ouvert la boîte de Pandore que tout le monde s’efforce maintenant de refermer, avec le succès que l’on sait.

Jean-Claude Juncker est pourtant monté sur ses grands chevaux, exigeant des pays de première ligne qu’ils accomplissent leur devoir d’enregistrement (avec notamment la prise des empreintes digitales) des « migrants » arrivant sur leur territoire. Mais ce mot d’ordre vaut dans les deux sens. « Pas d’enregistrement, pas de droits (pour les réfugiés) ». Que les pays en questions soient débordés et n’aient pas les moyens d’assurer cette mission ne l’a pas ému, lui qui affirmait en préambule du sommet qu’ « Il faut rompre avec la politique du laissez-passer ». Curieusement, il n’a pas félicité la Hongrie, seul pays européen à date à tenir ses engagements vis-à-vis de Schengen en régulant les arrivées de « réfugiés » sur son sol.

Au final, Bruxelles a tout de même proposé d’envoyer des équipes de Frontex sur les lignes gréco-macédoniennes et gréco-albanaises, ainsi qu’en Croatie. Autre mesure approuvée, l’envoi de 400 douaniers européens en Slovénie pour l’aider à gérer le flot de migrants. Des aides pour la Serbie afin que celle-ci puisse mieux gérer l’arrivée de migrants sur son territoire ont également été mises sur la table. Bref, des réponses sans commune mesure avec la crise à la quelle nous faisons face.

Quant renvoi des personnes déboutées du droit d’asile, devenu une priorité politique sous la pression des opinions publiques exaspérées par l’invasion migratoire, L’UE a fait ce qu’elle fait de mieux : elle en a parlé.

Pour le reste, il s’agit essentiellement de mesures d’accompagnement des flux : 100 000 places d’accueil dans des camps de transit vont être ouvertes entre pour moitié en Grèce, pour moitié le long de la route des Balkans.
Un renoncement qui invalide à lui seul tous les discours et les mesurettes censées prouver que le problème est pris à bras le corps.