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La polémique ridicule du jour: Astérix raciste ?

26/10/2015 – CULTURE (NOVOpress)
Toujours à l’affût de « stigmatisation » et de « pensées nauséabondes », la bien-pensance s’en prend cette fois à Astérix. Les personnages noirs du dernier album véhiculeraient des clichés racistes.

Dans Le papyrus de César, dernier album d’Astérix publié ce jeudi, les Noirs ont la lèvre charnue et l’accent prononcé. Pire encore, ils sont cantonnés à des rôles secondaires, souvent esclaves et illettrés.
Horreur, malheur, stigmatisation et racisme !
Aussitôt monte au créneau une de nos indispensables officines de bien-pensance, la Brigade Anti Négrophobie.

Nous sommes en droit de nous interroger sur les « scribes numides muets » dans Le Papyrus de César, explique un porte-parole du groupe. Dans le récit, l’un d’eux — du nom de Bigdatha — prend l’initiative de voler le chapitre censuré des mémoires de Jules César. Étrangement, il confie ce manuscrit à un Gaulois, inspiré de Julian Assange. Pourquoi ne serait-il pas lui-même le héros de l’histoire plutôt qu’un personnage secondaire ? Ce processus s’applique aussi au cinéma français. On ne permet pas aux noirs de tenir des premiers rôles. Ils sont toujours des subalternes.

Passons sur le fait que dans le monde romain, les noirs étaient en effet le plus souvent des esclaves… et des illettrés, comme la plupart des gens du reste. Passons aussi sur le fait que ni les Belges, ni les Allemands, ni les Suisses, ni les Espagnols… ni d’autres ne se sont plaints de la caricature grossière de leurs traits physiques ou comportementaux, marque de fabrique de la série. Passons enfin sur le fait que, souvent, les noirs ont les lèvres charnues et que, quand le Français n’est pas leur langue maternelle, ils peuvent avoir accent.
Bref, passons sur le fait que la critique en question est naturellement dénuée de tout fondement.

Faut-il y voir alors, comme notre confrère de Boulevard Voltaire une entreprise de déculturation délibérée au nom du grand métissage ? Nous penchons plutôt pour le simple désir d’exister de groupuscules communautaristes cherchant notoriété et subventions, au risque (probablement même pas identifié) de la plus crasse bêtise, du ridicule le plus complet.

Souhaitons simplement que les auteurs d’Astérix restent dans un petit village résistant encore et toujours à l’envahisseur bien-pensant… et retrouvent un peu du génie de leurs créateurs, le seul reproche sérieux que l’on puisse faire à la série étant de s’essouffler.

Charles Dewotine

Crédit photo : Editions Albert René