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Moirans, Aiton : les Roms veulent à nouveau faire plier l’État par la force

21/10/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Ils auraient tort de se priver. Même motif — accorder une autorisation de sortie à un détenu pour assister à des obsèques —, même punition : émeutes et vandalisme à grande échelle pour faire plier l’État. Après le blocage de l’autoroute A1 le 28 août dernier, les Roms ont remis ça à Moirans, avec en prime une émeute à la prison d’Aiton.

Scène de guerre civile Moirans. Barrages de voitures en feu, magasins saccagés, épaves brûlants sur les voies de chemin de fer, émeutiers armés de barres de fer… la petite commune d’Isère a vécu hier des scènes de violence inouïe.
Une centaine Roms sédentarisées à Moirans ont ainsi réclamé une permission de sortie pour que l’un des leurs puisse assister aux obsèques de son frère.

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Dans la nuit de vendredi à samedi, trois personnes gantées et cagoulées avaient trouvé la mort dans un accident. Ils avaient percuté un arbre à bord d’une voiture volée, juste après un cambriolage, à proximité de Saint-Joseph-de-Rivière.
C’est le quatrième individu présent au moment du crash et seul survivant qui est à l’origine du soulèvement. Incarcéré depuis samedi, il est le frère de l’un des tués.
Simultanément et pour le même motif, une quarantaine de détenus ont initié une émeute, mis le feu à leur coursive et détruit les serrures de leurs cellules de la prison d’Aiton, qui héberge un frère et un cousin du cambrioleur mort ce week-end.

Dans les deux cas, l’intervention des forces de l’ordre a permis un retour au calme précaire, en attendant la décision du juge d’application des peines quant à la permission de sortie du détenu. Celle-ci a été refusée une première fois, déclenchant les violences d’hier. Interrogés dans la nuit, plusieurs membres de la communauté des « gens du voyage » ont menacé de reprendre leurs violences si le jeune prisonnier ne bénéficiait pas d’une permission de sortie. Une position confirmée par la mère du détenu, qui prévient que les violences continueront si elle n’obtient pas gain de cause.

Le gouvernement, en la personne de Manuel Valls et de Christiane Taubira, a diffusé des messages de fermeté, condamnant ces actes. À noter que pour la garde des Sceaux, ce sont ses services et non elle-même qui a envoyé le message en question sur Tweeter, qui n’est pas signé de ses initiales.

Pour autant, aucune interpellation d’émeutier n’est intervenue, relativisant beaucoup la posture gouvernementale. Il est vrai que sur le moment, la police avait pour consigne d’empêcher la propagation des violences et permettre aux pompiers de travailler et non de procéder à des interpellations.
Celles-ci sont de toute façon rares. Il est de tradition depuis des années pour les préfets d’éviter les interpellations des gens du voyage dans le cas de troubles à l’ordre public.
Zéro interpellation pour des occupations illégales de terrains de sport par exemple, malgré les plaintes déposées, pas de suite judiciaire donnée aux blocages de routes, comme ce fut le cas effectivement à Roye, dans la Somme, sur l’autoroute A1.
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Le but ainsi recherché est de ne pas ajouter de la tension à la tension, car, par expérience, les forces de l’ordre le savent, elles évoluent ici dans un milieu très violent, très explosif. Les replis des casseurs se font toujours dans des camps où il faut aller les chercher. À chaud, c’est l’émeute garantie. C’est ce qui explique cette passivité, en ce moment même à Moirans où la plupart des émeutiers ont réintégré le camp local, mais où aucun d’entre eux n’a été interpellé.

Habitués à une telle impunité et à faire valoir leur point de vue par la plus grande violence, les Roms ne sont pas prêts de changer de comportement.