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Police – pouvoir, le divorce

16/10/2015 – FRANCE (NOVOpress)
À la manifestation de la police sous les fenêtres de Taubira, le gouvernement répond par des mesurettes et des effets d’annonce. Mais ce n’est même plus à la garde des Sceaux que la police en a, c’est à tout ce gouvernement et c’est Hollande qu’ils interpellent. « la police crève, la politique y veille » disait une pancarte résumant le sentiment général.

Encensée après « Charlie » puis reléguée aux oubliettes, corvéable à merci pour assurer un plan Vigipirate aussi inefficace pour lutter contre le terrorisme, qu’utile pour la communication gouvernementale, la police n’en pleut plus.
Toujours suspects face aux délinquants toujours « victimes », toujours désavoués par la justice laxiste dans leurs efforts contre la criminalité, les policiers sont au bord de la rupture.

La fusillade entre un détenu évadé suite à une permission de sortie et Yann Saillour, policier de la BAC, qui a laissé celui-ci entre la vie et la mort, n’aura été que la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Ils sont près de 10 000 flics… selon la police, à manifester sous les fenêtres de Taubira. Policiers de Paris et de province, commissaires et agents de terrain en passant par la pénitentiaire, du jamais-vu depuis 2001, la dernière grande mobilisation des forces de l’ordre. C’était même la première fois depuis 1983 qu’ils manifestaient place Vendôme.

Et ce n’est pas leur ministre de tutelle, Bernard Cazeneuve qu’ils veulent voir, ni même Christiane Taubira, c’est François Hollande.

Cette mobilisation est très importante, au-delà des clivages, c’est un message fort que nous voulons, un signe du chef de l’État

explique Jean-Claude Delage du syndicat Alliance. Laxisme de la justice, manque de soutien face aux délinquants, manque de considération du gouvernement dans son ensemble, c’est tout cela que les policiers dénoncent, au delà des problèmes de moyens ou d’effectifs.
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« Je comprends l’indignation et le harassement » des forces de l’ordre a déclaré Manuel Valls ce matin.
Vraiment ?
Les policiers ont « besoin de moyens » et « de procédures judiciaires plus allégées », affirme Valls, oscillant entre mesurettes et incantations à ne « pas opposer la police et la justice ». C’est pourtant bien la justice qui s’oppose en permanence au travail des policiers. Bottant en touche sur le terrain habituel des ressources, le Premier ministre estime que les policiers ont

besoin de moyens supplémentaires, c’est ce que nous faisons depuis 2012, il faut poursuivre ce travail, car les policiers ont besoin de voitures plus modernes, d’armes à feu plus adaptées aux nouveaux types de délinquances ou de locaux dignes du 21e siècle.

Mais ce n’est bien sûr pas le fond du problème et le gouvernement ne s’en tirera pas avec ses habituels effets d’annonce.

Nous voulons protection et reconnaissance

réclament les banderoles des pandores… « Il faut appliquer la loi sévèrement », résume Nicolas Comte pour Unité-police SGP. Bref, c’est toute l’idéologie véhiculée par le pouvoir PS qui est remise en cause par les policiers, qui sont, eux, au contact des réalités.
Ce ne sont ni Hollande, ni Taubira, ni Cazeneuve qui subissent la délinquance, la violence ordinaire, les multirécidivistes qui marchent libres ou les zones de non-droit. Ils n’ont même pas créé ces dérives, mais ce sont eux qui ont contribué à les amplifier jusqu’à un point insupportable.
Qu’ils prennent garde, en 1958, c’étaient aussi des manifestations de policiers qui avaient précipité la IVe République vers sa chute.

Charles Dewotine

Crédit photo : Capture d’écran du reportage de Boulevard Voltaire sur la manifestation de la police le 15/10/15.