Taubira prépare une action de groupe contre le racisme et l’antisémitisme

Mercredi, les policiers seront sous les fenêtres de Taubira : pas pour jouer la sérénade

Source : Boulevard Voltaire
Les policiers français n’en peuvent plus. Et ils le clament depuis de nombreux mois, en vain. Alors ils ont décidé de manifester.

Les policiers français n’en peuvent plus. Et ils le clament depuis de nombreux mois, en vain. Alors ils ont décidé de manifester le 14 octobre sous les fenêtres de Christiane Taubira, place Vendôme. Un lieu emblématique jugé « inopportun » par la préfecture de police dont on doute, néanmoins, qu’elle aura les moyens d’en interdire l’accès.
Il y a une semaine, un policier de la BAC était victime d’une balle en pleine tête tirée par un braqueur en Seine-Saint-Denis. Un drame qui pourrait passer pour le risque prévisible, quoique rare, d’un métier dangereux. En temps normal sans doute. Mais l’homme était un récidiviste, fiché « S », bénéficiant d’une permission de sortie à l’issue de laquelle il n’a pas réintégré la prison. Un cas d’école des conséquences désastreuses de la politique pénale du gouvernement.

Entre 2007 et 2012, la politique pénale du gouvernement Fillon a oscillé entre angélisme et sévérité. D’un côté, les libérations conditionnelles et mesures alternatives à l’emprisonnement ont été facilitées, ce qui a permis à certains juges de remettre en liberté des gens dangereux. De l’autre, l’institution des peines plancher applicables aux récidivistes ainsi que des tribunaux correctionnels pour mineurs allaient dans le sens d’une sévérité accrue. Mais les permissions de sortie et les aménagements de peines ne datent pas de Taubira. Celle-ci n’a fait qu’amplifier au-delà du raisonnable un système à manier avec prudence et circonspection.
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Christiane Taubira est allée au-delà de tout ce dont rêvaient les avocats pénalistes : suppression des peines plancher, instauration de la contrainte pénale, de la libération sous contrainte, et surtout la culture de l’excuse érigée au rang de principe du droit pénal. Criminels et délinquants ne s’y sont pas trompés : tant qu’elle restera au ministère, les priorités seront ailleurs. La lutte contre les discriminations, par exemple, au lieu du démantèlement des trafics de drogue.

Les policiers n’en peuvent plus. S’ils acceptent le risque d’exposer leur vie pour la paix publique, ils ne peuvent plus tolérer de voir les délinquants qu’ils ont arrêtés libérés aussitôt après avoir été déférés à la justice. Ils ne peuvent plus admettre que les mêmes ne soient pas sanctionnés par des peines de prison ferme. Ils ne peuvent plus supporter les contraintes ubuesques qu’une procédure pénale dictée par des juges internationaux leur impose.
Sans compter le mépris affiché du ministre de la Justice, l’incompétence du ministre de l’Intérieur, et la conscience que, face à des risques imminents d’attentats de très grande ampleur, ils sont démunis. Plus assez nombreux, utilisés comme forces de maintien d’un ordre public de plus en plus précaire, employés à des tâches subalternes, ils sont en colère et le disent haut et fort.

Pas plus que leurs prédécesseurs de 1983 n’avaient obtenu la démission de Robert Badinter et de Gaston Defferre après la fusillade de l’avenue Trudaine, ils n’espèrent sérieusement faire plier Taubira. Ils connaissent sa capacité de nuisance, son inflexibilité et savent que les gouvernements « démocratiques » ne cèdent à la rue que lorsque les étudiants ou les syndicats la mettent à feu et à sang. Manuel Valls donnera quelques coups de menton, Bernard Cazeneuve leur prodiguera de bonnes paroles auxquelles lui-même ne croit pas et Taubira ne daignera pas les recevoir. C’est écrit.

À tout le moins, comme le font les Sentinelles – d’autres manifestants silencieux qui se relaient depuis 2013 24h/24 face au ministère de la Justice -, ils témoigneront. Et lorsque les Français verront, sur leurs écrans, les images de ce rassemblement, ils sauront que quelques milliers d’entre eux se sont joints à la lente mais irrésistible exaspération du peuple français.