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Le soutien de l’invasion migratoire et « Le Monde »

Source : OJIM
Le 10 septembre dernier, Le Monde prétendait « repenser la crise des réfugiés » en donnant la parole à divers intellectuels européens. Sous couvert de débat et de pluralité des opinions, il s’agissait bel et bien de faire passer le message que « les migrations de vaste ampleur sont notre avenir »… Claude Chollet, président de l’OJIM, a décrypté pour boulevard Voltaire ce numéro du monde.

L’édition datée du jeudi 10 septembre veut « Repenser la crise des réfugiés » donnant la parole à des « intellectuels européens ». Décryptage.

Le philosophe allemand Jürgen Habermas – dernier survivant de l’école de Francfort – définit l’asile politique comme « un droit fondamental », qui doit « être respecté par la population dans son entier », et gare aux contrevenants. Heureusement, « une élite politique résolue… peut conduire sur le long terme l’opinion publique et la société civile » dans le camp du bien. Certes, « la paresse, l’égoïsme et l’absence de hauteur de vue de la population » peuvent être des obstacles, mais le droit prévaudra. Un totalitarisme juridique obligatoire et pérenne.

Robert Badinter renchérit avec un président d’« associations d’accueil ». Le « gouvernement s’engage dans une politique d’accueil positive », mais on peut se demander si c’« est suffisant au regard des flux de demandeurs ». Créer 20.000 places en centres d’accueil, « ce n’est pas créer un appel d’air ». Tout lecteur comprend bien que les nouveaux arrivants souhaiteront inviter, à leur tour, leur famille, leurs amis et les amis de leurs amis dans un cycle sans fin.

Plus coruscante, l’intervention de l’écrivain italien gauchiste Erri De Luca. « Si l’Europe refuse l’asile aux migrants, elle les noie. » Oubliés les agissements irresponsables des États-Unis en Irak, en Syrie et ailleurs (et de la France en Libye), oubliées les exactions de l’État islamique. Ces « pèlerins du salut ne cherchent pas une résidence, mais une halte ». Qui peut imaginer que ces centaines de milliers d’hommes sont là pour une « halte » ?

Plus nuancée l’analyse de Slavoj Žižek, philososophe marxiste slovène. « Les plus grands hypocrites sont ceux qui défendent l’idée de frontières grandes ouvertes. » Les « réfugiés… semblent considérer leur rêve comme un droit inconditionnel, exigeant des autorités européennes… produits alimentaires et soins médicaux ».

La globalisation libérale réclame la libre circulation des marchandises, mais aussi celle des hommes. Après un tel constat, on pourrait s’attendre – même si le « populiste raciste » est dénoncé au passage – à une prise de position équilibrée. Non, il faut « fournir aux réfugiés les moyens leur permettant de survivre dignement », car « il n’y a pas à transiger : les migrations de vaste ampleur sont notre avenir et ce sera soit un tel engagement soit la barbarie ».

Dans un éditorial du même numéro, Le Monde propose Angela Merkel… pour le prix Nobel de la paix… Un psychiatre se penchera un jour sur la névrose de culpabilité de la chancelière allemande et sur l’étrange traitement qu’elle veut nous infliger. Entre-temps, comme le souligne Slobodan Despot dans l’édition en ligne de Causeur du 7 septembre, « les Européens à qui l’on veut faire avaler sans broncher un des mouvements de population les plus colossaux de l’Histoire ne sont pas des citoyens qu’on veut convaincre, mais des chiens de Pavlov qu’on s’emploie à dresser ».