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Les 1000 mots qui vous manipulent : le nouveau Dictionnaire de Novlangue est sorti

Source : Polémia
Ne dites plus clandestins, dites sans papiers ! Ne dites plus sans papiers, dites migrants ! Ne dites plus migrants, dites réfugiés ! Et surtout PADALMAGAME !
En 2008, le premier Dictionnaire de novlangue, plusieurs fois réimprimé, comportait près de 300 entrées. En 2013, Le Nouveau Dictionnaire de novlangue présentait plus de 500 mots. Mais les maîtres de la désinformation n’ont pas chômé depuis. Ni Polémia, ni Michel Geoffroy.

Voici donc ce nouveau Dictionnaire de novlangue consacré à Ces mille mots qui vous manipulent.

Ne dites pas rééducation des enfants mais déconstruction des stéréotypes de genre.

Ne dites pas délinquant multirécidiviste mais gentil garçon peu favorablement connu des services de police.

Ne dites pas Union européenne ni organisation de Bruxelles mais Europe.

Ne dites pas délinquant immigré mais jeune (même s’il s’agit d’un homme de 35 ans).

Ne dites pas repas halal mais repas aménagé.

Ne dites pas islamiste mais islamiste modéré.

Ne dites pas djihadiste mais individu déséquilibré ou loup solitaire autoradicalisé sur Internet.

Ne dites pas profanation d’une église ou d’une tombe catholique, dites dégradation (le terme profanation est en revanche incontournable s’agissant de faits concernant des sites juifs ou musulmans).

Vous l’aurez compris : ce dictionnaire est à mettre dans toutes les mains.
Ce dictionnaire est, bien sûr, à recommander aux étudiants soucieux de parler le beau langage politiquement correct. Les candidats aux concours administratifs peuvent aussi s’en imprégner, tout comme ceux qui se préparent à un entretien d’embauche auprès de la DRH (Direction des ressources humaines, sic) d’un grand groupe.

Quant aux élèves journalistes ou aux hommes et femmes de médias, il sera prudent pour eux de placer ce dictionnaire sur leur table de travail car leur métier n’est pas de décrire le vrai mais de recommander le bien. Et la fonction de la novlangue est double : empêcher de percevoir la réalité, rendre impossible toute pensée déviante.

Un bon journaliste doit donc utiliser les mots marqueurs pour souligner son allégeance au Système ; bannir de son vocabulaire les mots tabous qui pourraient exprimer une manière de penser qui n’a pas lieu d’être (patrie, peuple, décadence, ennemi, famille, frontières, guerre). Un bon journaliste doit user et abuser des mots sidérants tels que ringard, raciste, antisémite, xénophobe, homophobe, transphobe et, bien sûr, dénoncer les dérapages extrémistes des discours de haine. Le bon journaliste doit recourir sans modération aux mots trompeurs tels que République, valeurs républicaines, citoyen, quartier sensible, homoparentalité, incivilités, intégration. Le bon journaliste emploie avec ferveur les mots subliminaux comme humanitaire (pour préparer l’opinion à une opération politique ou une action de gendarmerie internationale), philanthrope (plus sympathique que milliardaire affairiste), pactiser (s’entendre avec des forces du mal), ou controversé et contesté (pour disqualifier des opinions malséantes). Enfin, le bon journaliste tentera de se hisser au niveau linguistique de la superclasse mondiale en reprenant les mots marqueurs des grandes compagnies d’affaires et des multinationales tels que partage, partenaire, gouvernance, pragmatisme, porteur de projet, principe de précaution, éco-responsable.

Et surtout respectons le Padamalgame et pratiquons le bien vivre ensemble !

Heureusement, les esprits libres peuvent aussi utiliser ce dictionnaire de manière subversive, comme un décodeur, un moyen de redécouvrir la réalité derrière l’enfumage linguistique. Ce Dictionnaire de novlangue est d’abord un moyen de cultiver la dissidence.

Mise en garde des auteurs !

Attention toutefois ! Selon George Orwell dans 1984, le but de la novlangue est d’obliger les gens à penser conformément à la ligne du parti au pouvoir. Aujourd’hui, par-delà la cosmétique d’un pluralisme de façade, la ligne du pouvoir c’est le politiquement correct. Lire ce dictionnaire est un bon moyen d’y échapper – échapper à tous risques, et notamment au risque le plus grave en régime totalitaire : avoir des opinions déviantes, autrement dit commettre le crime par la pensée.

Jean-Yves Le Gallou et Michel Geoffroy