Guillaume Faye participera aux Assises de la Remigration le 15 novembre 2014 à Paris

Invasion migratoire. Pour un remède de cheval – par Guillaume Faye

19/09/2015 – FRANCE (NOVOpress avec Guillaume Faye)

Cet article est la suite des deux précédents (voir ici et ici). Chez les Républicains, c’est la cacophonie ; personne n’est d’accord sur les solutions à apporter à cette brutale invasion migratoire. Certains penchent pour des positions proches du FN, d’autres pour le laxisme ”généreux” du PS. M. Sarkozy, quant à lui, opère une synthèse rocambolesque dans un entretien au Figaro (10/09/2015), qui démontre qu’il n’est pas un homme d’État. Ses solutions sont les suivantes :

Les propositions infantiles de M. Sarkozy

1) Refuser les quotas de ”réfugiés” imposés par la chancelière Merkel et M. Junker au petit président Hollande, qui « constitueront un engrenage sans fin » (exact) et définir une « nouvelle politique migratoire européenne ». C’est impossible : les Européens ne s’entendront jamais, entre le gouvernement hongrois qui veut défendre son identité ethnique et les Allemands qui sont dans une posture suicidaire d’aspiration de main d’œuvre bon marché, aucune entente européenne n’est possible. C’est à la France –et aux Pays-Bas, à la Grande-Bretagne, au Danemark, à l’Italie, etc. – par volonté politique et souveraineté recouvrée, de redéfinir leur stratégie migratoire, quitte à créer une crise au sein de l’UE, ce qui ne pourra être que positif.

2) Ne pas modifier le régime d’accueil des réfugiés politiques « au nom de notre tradition humaniste ». Recueillir provisoirement les « réfugiés de guerre » avec « statut provisoire » et puis les renvoyer chez eux une fois le conflit terminé. Utopie complètement tordue : d’abord, il est impossible de distinguer les vrais réfugiés politiques des migrants économiques, et ces derniers des ”réfugiés de guerre”, la majorité des demandeurs d’asile étant des imposteurs ; ensuite, on ne voit pas comment forcer au retour chez eux lesdits vrais ”réfugiés de guerre” qu’on aura déjà du mal à repérer.

3) « Créer des centres de rétention dans les pays périphériques à Schengen afin d’instruire les demandes d’entrée en Europe au titre du statut de réfugié politique ou de réfugié de guerre », en refusant les migrants économiques. Complètement idiot : aucun pays (Maghreb, Turquie, etc.) n’acceptera de tels centres. De plus, quand il était président, pourquoi M. Sarkozy n’a-t-il jamais rien fait contre cette ”immigration économique” ?

4) « Que la France prenne l’initiative d’une conférence qui réunirait l’Union européenne et nos voisins de la Méditerranée pour préparer un accord multilatéral sur l’immigration ». Encore une ”conférence” ! Encore des palabres qui remplacent les actes ! On va donc associer des gouvernements européens en désaccord entre eux avec, par exemple, un gouvernement libyen ou syrien inexistants ? Pourquoi pas, pendant qu’on y est, convier Ibrahim Al-Bagdadi, le ”calife” assassin de Dae’ch ? M. Sarkozy, du temps de sa présidence, avait déjà essayé de constituer une espèce d’ ”Union méditerranéenne” qui avait complètement avorté. Ridicule.

5) Enfin, grande idée : renégocier l’espace Schengen de libre circulation « qui ne fonctionne plus ». Et rétablir les contrôles aux frontières en attendant une entente sur un « Schengen II », un peu plus restrictif. Outre l’impossibilité de parvenir à un tel accord, du fait notamment du dogmatisme du gouvernement Merkel, l’urgence de la situation exige tout simplement la dénonciation unilatérale de l’accord Schengen de libre circulation et le rétablissement des frontières nationales protégées. Et son enterrement définitif.

Aucune des mesures ridicules du chef des Républicains n’est applicable : des pansements sans sparadrap. Et pourtant (par démagogie), il assène : « jamais, dans l’histoire de l’Europe, elle n’a eu à faire face à une telle pression migratoire ». Raison de plus, après ce diagnostic, pour proposer des remèdes sérieux, c’est-à-dire des remèdes de cheval. Et pas des annonces politiciennes uniquement destinées à manœuvrer au sein de cette pétaudière idéologique et d’ambitions rivales qu’est le parti LR, ex-UMP.

Les seules vraies mesures efficaces

Cette ”crise des migrants” ne fait que commencer. Quelles seraient les solutions d’urgence et à plus long terme ? Elles sont inapplicables à l’échelle d’une Union européenne où seuls les mauvais accords a minima sont possibles et où les frontières communes de l’espace Schengen, théoriquement défendues par la désopilante ”Agence Frontex”, sont des passoires. Examinons donc les solutions à l’échelle de la seule France. (1)

1. Suspension unilatérale des accords de Schengen, désobéissance et retour aux contrôles aux frontières, même pour les ressortissants de pays membres de l’UE. Ce qui suppose le refoulement effectif aux points de passage (routes, gares, etc.) de tout ”migrant” dépourvu de passeport et de visa. Ce qui exige aussi un peu de muscles dans un premier temps devant des foules invasives.

2. Destruction des bateaux des passeurs de clandestins sur les côtes d’Afrique du Nord, Libye surtout, par bombardements aériens ciblés – évidemment à vide. Privés d’embarcations, les passeurs (qui paient un impôt à Dae’ch) ne pourraient plus transporter leur bétail humain. On se passera d’une autorisation de l’ONU : agir d’abord, discuter ensuite.

3. Interception en mer des embarcations transportant des boat people par la Marine nationale. Elles seront remorquées ou reconduites de force à leur point de départ ; ou bien les passagers clandestins seront embarqués et ramenés sur les côtes africaines.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que ces trois premières mesures tariraient vite les flux, par effet d’exemplarité et de dissuasion. Et voici maintenant une batterie de mesures dissuasives qui tariraient encore plus efficacement les flux : plus un sou, plus une aide. Donc plus aucun intérêt à venir s’installer ici.

4. Arrêt immédiat de toutes les aides aux clandestins et demandeurs d’asile : allocations, hébergements, soins gratuits, scolarisation des enfants etc. offerts aux immigrés en situation irrégulière. Un irrégulier n’a pas droit non plus à un compte en banque. Suppression immédiate de l’aide à l’Accompagnement pour les demandeurs d’asile, de l’Aide juridictionnelle, de l’Aide temporaire d’attente (ATA), de l’aide à l’Hébergement, de la Couverture médicale universelle (CMU) et de l’Aide médicale d’État (AME) pour les demandeurs comme pour tout clandestin ou étranger sans permis de séjour. Il sera mis fin au scandale de ces clandestins qui touchent davantage et vivent mieux sans rien faire (sauf travail au noir et trafics) qu’un petit retraité ou un chômeur français. Ajoutons la suppression totale de toute subvention (encore une autre aberration) aux associations d’aides aux clandestins ou ”réfugiés”.

Le nerf de la guerre contre les flux migratoires, notamment clandestins, c’est l’arrêt des appels d’air et de la pompe aspirante des aides et allocations. Pour mettre fin au parasitisme. En effet, les expulsions physiques de clandestins et de déboutés du droit d’asile se heurtent à d’innombrables impossibilités pratiques. Il faut donc s’attaquer aux causes et non point aux conséquences. Cette suppression des aides stoppera immédiatement les demandes d’asile ; on n’a pas besoin d’expulser ou de refouler…ceux qui ne viennent plus. Quant à bon nombre de ceux qui restent, privés de toute ressource, de toute aide, ils préféreront partir. Double avantage : une économie directe de plus de 3 milliards par an au bas mot et une diminution de la masse d’immigrés.

Le coût des réfugiés et demandeurs d’asile atteint, selon la Cour des Comptes, en dépit des mensonges gouvernementaux, 13.724 € par personne et par an. La vague invasive actuelle de demandeurs, s’ajoutant aux 69.000 déjà recensés, aboutira à 100.000 par an ! Un gouffre financier. Seuls 1% des déboutés quitteront le territoire. 80% des demandeurs sont des fraudeurs. Les seules dépenses de santé de cette population (CMU, AME) représentent 600 millions d’euros par an. Intenable. Continuons la liste des mesures nécessaires.

5. Limitation drastique du droit d’asile. La situation actuelle est ubuesque et intenable. La meilleure façon de procéder est d’abord de décréter qu’un clandestin qui entre illégalement et ouvre un dossier de demande de droit d’asile (ce qui le rend juridiquement inexpulsable en attendant le jugement) n’a strictement droit à aucune allocation ni aide, comme vu précédemment (point N° 4) ; et que toute personne ou association qui l’aide ou l’héberge est sanctionnée. La seule annonce de cette mesure découragera 100% des faux demandeurs fraudeurs, c’est-à-dire l’immense majorité.

D’autre part, le droit d’asile ne serait applicable qu’aux persécutés prouvés comme tels (comme les chrétiens d’Orient) et non aux ”réfugiés” du monde entier. Leur dossier devra être instruit depuis leur pays de départ, avant toute autorisation d’entrée en France et délivrance de visa. Les flux se tariraient immédiatement. Il n’y a pratiquement pas de demandeurs d’asile au Japon. S’est-on demandé pourquoi ?

6. Régime spécial social et économique pour les étrangers en situation régulière, c’est-à-dire :

Pas d’accès aux régimes sociaux français, sécurité sociale, allocations familiales, allocations chômage, école gratuite, assurance maladie, cotisations de retraite, etc. Les étrangers extra-communautaires financent leurs propres protections et assurances sociales, médicales, frais scolaires dans le privé et autres. Ils ne touchent que leurs salaires, selon le régime japonais.

7. Restriction des permis de séjour, de travail et des visas, c’est-à-dire :

A) Aucun permis de séjour à un immigré ne peut être délivré sans la preuve qu’il a un contrat de travail avant d’entrer en France. Un étudiant étranger ne peut demeurer sur le territoire sans contrat de travail à l’obtention de son diplôme, ni bénéficier d’aucune aide financière ou d’aucune sorte (système américain). L’immigration ne peut être que de travail et provisoire.

B) Les permis de séjour sont limités à un an, renouvelables. En cas de perte d’emploi, aucune aide ni allocation ne sont versées et la personne concernée est expulsée après trois mois sans nouvel emploi.

C) Abolition du statut de ”travailleurs détachés” venus d’autres pays de L’UE soumis aux charges et cotisations. de leur pays.

D) Toute entreprise qui emploie des clandestins est passible d’une amende immédiate par saisie sur compte égale à 10% de son chiffre d’affaires annuel.

E) Les visas touristiques – très souvent utilisés frauduleusement – ne sont accordés pour l’ensemble des pays extérieurs à l’UE qu’en échange de la preuve de ressources dans le pays d’origine.

8. Fin du regroupement familial. Cette mesure catastrophique, oeuvre de Giscard et de Chirac que De Gaulle et Pompidou refusaient absolument, est la porte ouverte à l’invasion et aux fraudes de toute nature. Aucun étranger admis, au titre de travailleur ou autre sur le sol français, ne peut faire venir ses proches. Cette mesure contreviendrait aux directives supranationales européennes, certes. Mais tant pis : il faut enfreindre les règles pour créer la crise et faire avancer les choses (voir plus bas).

9. Abolition du droit du sol. Ce droit, qui implique que tout enfant né en France est Français de plein droit est non seulement une absurdité juridique mais un encouragement à l’immigration de peuplement puisqu’une famille qui fait des enfants en France devient juridiquement inexpulsable, ses rejetons étant Français. C’est un vrai piège. Le droit du sol, ou droit de nationalité automatique par le lieu de naissance, est une absurdité qui a été combattue par Périclès, père de la démocratie athénienne, qui a institué que n’était Athénien que celle ou celui nés de père et de mère (deux parents) athéniens. M. Sarkozy a déclaré (art. cit.), dans un de ces sophismes dont il a le secret, que le droit du sol faisait partie de l’ « identité française » ! Notre identité est donc de nous défranciser…D’où ces deux mesures :

D’une part, la nationalité française n’est accordée de plein droit et immédiatement qu’à un enfant né de deux parents de nationalité française ; d’autre part, le mariage avec une personne de nationalité française n’ouvre plus aucun droit automatique à l’obtention de cette dernière. Cette disposition est indispensable pour contrer la vague des ”mariages blancs” ou ”gris”.

10. Limitation considérable des naturalisations. Actuellement, depuis des décennies, droite ou gauche au pouvoir naturalisent de manière massive plus de 200.000 personnes par an ce qui enlève au fait d’être ” français” toute signification. N’importe qui peut devenir Français, ce qui vide de tout sens et contenu cette qualification. Être français (ou ”européen” d’une autre nationalité) ne relève plus d’une appartenance ou d’un choix motivé mais d’un simple calcul matériel ou autre. D’ailleurs, la majorité des naturalisés ou des innombrables ” Français de papier” ne se sent pas français au sens ethno-culturel.

A) Ne pourraient donc être naturalisé français que celles et ceux qui maîtrisent parfaitement le français, n’ont jamais eu affaire à la justice et possèdent un emploi stable depuis au moins 10 ans.

B) Il faut y ajouter une modification du régime pénal des étrangers et naturalisés : rétablissement et durcissement de la ”double peine” par expulsion définitive de tout étranger condamné au terme de sa peine ; déchéance immédiate de la nationalité pour tout naturalisé convaincu de crime ou tentative.

Ces dispositions sont-elles immorales et illégitimes ?

Oui, elles le sont par rapport à la –déjà– vieille vulgate soixante-huitarde (marxisante) qui ne s’applique plus à la situation actuelle. Elles le sont aussi au regard d’un humanitarisme chrétien absolutiste défendu par la doctrine actuelle du Vatican, qui est loin d’être partagée par l’ensemble des chrétiens. Néanmoins, le problème posé est important. Il ne faut pas balayer les questions morales, il faut les adapter. Car ces dispositions ne sont nullement ”immorales” d’un point de vue philosophique. Au contraire, elles relèvent du bon sens, de la morale pratique, qui vaut bien plus que l’hypocrite morale abstraite.

Comme l’explique Carl Schmitt, dans les « cas d’urgence » (et là seulement) l’acte politique par excellence d’un État est de recouvrer sa souveraineté et d’enfreindre les traités voire les lois qui empêchent de prendre des décisions vitales. Le premier des soucis moraux est la protection de son propre peuple et non pas le respect protocolaire et rigide de ”principes”. Il rejoint par là Aristote, qui séparait la morale privée de la morale publique et politique, qui ont des normes différentes. De même, dans sa Politeïa, Aristote, égalitaire mais non pas égalitariste, distinguait bien la condition des étrangers et celle des citoyens au sein de la Cité ; les premiers ne bénéficiant pas des mêmes droits mais devant retourner chez eux s’il n’étaient pas satisfaits.

L’hospitalité ne peut concerner que d’infimes minorités, au cas par cas et souvent provisoirement. L’accueil de populations entières, allochtones, ne débouche que sur des conflits ingérables. L’égoïsme ethnique et national est moral parce que facteur d’ordre et de tranquillité. Pour cette raison, il est légitime.

Ces dispositions seraient-elles au moins efficaces ?

En réalité, si ces mesures étaient décrétées, elles n’auraient même pas besoin d’être appliquées à 100%, jusqu’au bout. On assisterait à un ralentissement brutal de l’invasion migratoire, par arrêt de l’appel d’air. Un bon nombre d’immigrés installés partiraient (”démigration”). La France deviendrait une ”forteresse ”, bunkerisée ? Oui, et alors ? Un pays protégé fonctionne bien mieux qu’un moulin ouvert à tout vent. Contrairement à la vulgate simpliste des économistes ”humanistes” et libéraux (même de droite comme Nicolas Baverez ou Alain Madelin), un pays qui se protège des invasions migratoires est beaucoup mieux armé, à terme, dans l’économie mondialisée. L’homogénéité construite est davantage une force que l’hétérogénéité sauvage et subie. L’ordre de la porte verrouillée et de la frontière protégée vaut toujours mieux que le chaos de la porte ouverte et de la frontière absente. De plus, à l’heure d’Internet, les échanges humains peuvent se faire sans présence physique.

De cette ”crise des migrants” peut découler un effondrement partiel de l’Union européenne, avec la fin de l’espace Schengen de libre circulation des personnes. Cela, ajouté à la fragilité d’un Euro sous perfusion artificielle, contribuera à la redéfinition de fond en comble d’une Union européenne complètement dévoyée et impuissante. Enfreindre les règles de l’Union européenne, sans complexe, sera le meilleur moyen pour provoquer un clash, un conflit salvateur et construire une nouvelle forme d’Europe. La vraie.

1. Cf. mon essai Mon Programme, Éd. du Lore.

Guillaume Faye