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« Migrants », « réfugiés » ou « immigrés » ?

Source : les carnets politiques de François Bazin
George Orwell l’avait bien démontré dans 1984 : la plus belle arme du totalitarisme, c’est la maîtrise de la langue. En changeant les mots, on change la perception du réel. François Bazin l’illustre de manière très convaincante dans son examen de la guerre sémantique qui fait rage autour des clandestins : « Migrants », « réfugiés » ou « immigrés » ? Il aurait pu ajouter « clandestins » et « envahisseurs » à son analyse.

[extrait]
Dans le nouveau contexte provoqué par l’exode syrien, le mot « migrant » est un mot relais. Lui aussi mélange des réalités différentes, mais alors que celui d’« immigré » était connecté négativement, il porte en lui une charge émotionnelle positive. Le migrant est celui qui fuit, la guerre en l’occurrence. Il ne choisit pas. Il s’impose. L’accueillir est une évidence qui ne se discute guère et qui pulvérise même la notion de quotas et, par là même, celle de maîtrise. L’Europe, on le voit depuis quelques jours, ne veut – et surtout, ne peut – ouvrir ses frontières à partir d’objectifs chiffrés, décidés à l’avance. Elle tente de répartir les migrants en son sein, mais ce flux est un fleuve qui échappe à son contrôle parce que sa source ne se tarira pas du sitôt.
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