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Hollande s’en va en guerre… mais pas trop

07/09/09/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
Pour sa sixième conférence de presse, François Hollande a tenté de revêtir le costume de chef de guerre qui, croit-il, fait tant de bien à sa popularité. Costume mal taillé, faits de demi-mesures contradictoires. Sur le front de la crise migratoire, en revanche, grande cohérence : on continue à encourager l’invasion. Tribune libre de Charles Dewotine.

Il joue son rôle de président, l’air grave, la cravate noire, le regard sombre, la syllabe bien détachée, ce qui permet de profiter de toutes ses fautes de Français… et de ses mensonges. Baisses d’impôts et croissance en hausse, il ne manque que la baisse du chômage pour que les bobards économiques soient au complet.

Mais sur ce terrain, l’occupant de l’Élysée sait qu’il n’a rien à attendre de bon, aussi dérive-t-il rapidement vers l’international, adoptant le mode belliqueux qui lui a valu ses quelques éphémères regains de popularité. Cette fois-ci, c’est en Syrie, Bachar el Assad et l’État islamique (« dache », prononce François et c’est vrai que c’est loin, la Syrie…) qui n’ont qu’à bien se tenir. Numéro d’équilibriste : comment expliquer que l’on va frapper ceux que l’on a armés contre le méchant Bachar el Assad ? Comment lutter contre ceux que tout le monde s’accorde à qualifier de mal absolu – l’État islamique — sans en découdre directement ? (les cercueils drapés de bleu-blanc-rouge à l’approche d’une campagne électorale, Hollande, il en veut pas.) En aidant ceux qui sont en première ligne contre Daesh… ah, non, ça, c’est Bachar el Assad et il est méchant.

Solution typique du grand mou : la France, elle est pas contre le régime d’Assad, le régime, il peut rester si Assad, il s’en va. D’ailleurs, la Russie, qui prône un soutien clair et massif à Assad contre l’État islamique, « est un allié du régime, mais n’est pas un soutien indéfectible à Bachar Al-Assad », on peut s’entendre… Et Daesh, on le bombarde, comme la France, elle aurait bien voulu bombarder la Syrie si les États-Unis, ils lui avaient donné la permission en 2012 (ah, mais là, c’était contre Assad qu’on voulait envoyer des avions…). Quant à régler le problème sur le terrain, c’est du ressort des Syriens et des pays voisins… L’Irak, qui n’a que ça à faire ? La Turquie, qui aide Daesh ? Le Liban, peut-être, qui dispose d’une expertise en termes de conflits interconfessionnels ? La Jordanie, dont la solidité laisse à penser qu’elle serait ravie d’être impliquée dans ce guêpier ? Israël, dont les interventions militaires ont toujours un effet apaisant sur l’humeur de ses voisins arabes ? Rassurez-vous, tout cela se fera « en lien avec la coalition », on demandera donc poliment aux Américains avant de lancer notre aviation contre l’État islamique qu’ils soutiennent en sous-main et évitent de trop abîmer quand ils font mine de les bombarder pour complaire à leur opinion publique. Vous n’avez rien compris ? C’est normal, Hollande, il n’a rien compris non plus, sinon qu’il fallait faire mine de tenter l’esquisse de quelques ébauches de demi-mesures contre la pire barbarie que notre planète ait connue depuis… Hitler, Staline, Mao ou Pol Pot… environ. Concrètement, on va faire de reconnaissances aériennes.

Un sujet sur lequel Hollande, a tout compris en revanche, c’est la crise migratoire.
« La France, elle est disposée à prendre sa part. ». Dans l’immédiat, et pour faire plaisir à Tata Merkel, avec qui on ne rigole pas, ce sera « plusieurs centaines voire un millier » d’immigrés tout juste arrivés en Allemagne en provenance de Hongrie. Tout cela pour fêter la proposition faite avec la chancelière de mettre en place au niveau européen un « mécanisme permanent et obligatoire d’accueil des réfugiés ». Mais on ne prononce pas le mot de « quotas », non que nous ne soyons habituas aux revirements « Présidentiels », mais là, ça se verrait trop…

 

Que celui-ci, précise Flanby, ne concerne « ceux qui sont déjà arrivés et qui relèvent du droit d’asile et uniquement ceux-là » ne trompe personne. À quelle date va-t-on activer ce système ? et qu’adviendra-t-il de ceux arrivés après ? La même chose que d’habitude, 1 % seront acceptés comme demandeurs d’asile et les autres resteront en France, à réclamer leur régularisation. En tout état de cause, cette superbe mécanique nous vaudra « 24 000 réfugiés à accueillir et nous le ferons ».

 

Nous ferons d’ailleurs toujours plus, a averti François le mou, car si le chiffre des demandeurs d’asile est de 60 000 en 2015, un « chiffre pratiquement stable », précise-t-il sans rire, le pays ne pourra pas rester dans cette situation quand l’Allemagne comptera 800 000 migrants.
Que notre voisin estime avoir besoin de cette main-d’œuvre bon marché pour faire tourner son économie et que l’État français ne puisse déjà plus faire face à ses obligations envers sa propre population n’entre pas en ligne de compte, puisque nous sommes en Europe.

D’ailleurs, si on ne prend pas des mesures énergiques, il en ira de la survie de la France en tant que Nation, en tant que peuple, en tant que culture… pouf, pouf, je m’égare. Pour Hollande, c’est bien plus grave, s’il n’y a pas de politique d’ensemble au niveau européen pour accueillir toujours plus de migrants/réfugiés (on ne sait plus quel est le terme officiel pour clandestins ou envahisseurs…), le « mécanisme ne fonctionnera pas, il explosera, et ce sera à ce moment-là un afflux considérable et sans doute la fin de Schengen, le retour aux frontières nationales.
Horreur, malheur, zeures-les-plus-sombres !
Fort heureusement, nous voilà sauvés, le squatter de l’Élysée va organiser une conférence mondiale, dont il ressortira sûrement (c’est la loi du genre) une déclaration plein de bons sentiments et la promesse de remettre ça.

En résumé, Hollande est décidé à faire semblant de faire la guerre à nos ennemis de l’extérieur et à tout faire pour accueillir toujours plus ceux qui vont – sciemment ou le plus innocemment du monde — saper les fondements de notre identité sur notre propre sol.
Mais au fait, il roule pour qui, Hollande ?

Charles Dewotine