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« Swift Response »: L’OTAN multiplie les manœuvres agressives vis-à-vis de la Russie, l’Ukraine jette de l’huile sur le feu

31/08/2015 – MONDE (NOVOpress)
Dans un silence assourdissant, se déroulent en ce moment même les manœuvres de l’OTAN, Swift Response. Des nuées de parachutistes sont sur le pied de guerre en Europe, alors même que l’Ukraine multiplie les provocations vis-à-vis de la Russie.

Du 17 août au 13 septembre en Italie, Allemagne, Bulgarie et Roumanie, se déroule Swift Response « le plus grand exercice OTAN de forces aérotransportées, environ 5000 hommes, depuis la fin de la guerre froide », selon un communiqué officiel. Le terrain de jeu comprend l’Allemagne, la Bulgarie et la Roumanie, avec la participation de troupes étasuniennes, britanniques, françaises, grecques, hollandaises, polonaises, espagnoles et portugaises. Naturellement, confirme la même source, « sous la direction de l’U.S. Army ».

Fait significatif, l’US Army déploie pour cet exercice la 173e Brigade de la 82e Division aérotransportée. Celle-là même qui entraîne depuis avril, en Ukraine, les bataillons de la Garde nationale dominée par les néonazis de Pravyi Sektor (Secteur droit) et qui commence aussi à entraîner aussi les forces armées « régulières » de Kiev.

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Des paras américains et polonais largués à Hohenfels (Allemagne) dans le carde de Swift Response.

Deuxième fait significatif, on sait que l’objectif de Pravyi Sektor est de saboter les accords de Minsk II (et de renverser le gouvernement de Kiev si nécessaire), afin de déclencher une guerre avec la Russie.

Troisième fait significatif, le régime de Kiev prépare, sous pression du Secteur Droit et des USA une offensive visant à encercler la ville de Donestk, dans l’est de l’Ukraine. Ceci ferait non seulement voler en éclats les accords de Minsk II, mais ouvrirait la voie à un affrontement généralisé, incluant le recours à l’arme nucléaire, entre l’Occident et la Russie.
Le plan de guerre de Kiev a été communiqué à la presse le 20 août par le Porte-parole militaire de la République de Donestk, Édouard Bassourine, après qu’il a été transmis par une source travaillant au sein de l’état-major ukrainien.

Les informations que contient ce plan concernant les mouvements à venir de l’armée ukrainienne ont été reçues d’une source dans l’état-major ukrainien, et aussi étrange que cela puisse paraître, il y a encore de vrais officiers qui ne veulent pas se battre contre leur propre peuple.

rapporte l’agence Tass. L’entêtement de Kiev à vouloir s’emparer par un « blitzkrieg » des deux républiques de l’est de l’Ukraine, et ce malgré l’échec lamentable, à deux reprises, d’un plan similaire en août 2014 et janvier 2015, indique que le seul but de l’opération est d’entraîner la Russie dans le conflit et de déclencher un affrontement généralisé avec l’Occident.

À la lumière de ces faits, les grandes manœuvres de l’OTAN prennent tout leur relief : comme souvent, il s’agit a minima de maintenir la pression sur la Russie, au mieux de déployer des forces en état d’alerte maximale afin de répondre au plus vite à toute escalade militaire aux frontières de l’OTAN et notamment en Ukraine. Une hypothèse confirmée en filigrane par le nouveau chef d’état-major de la U.S. Army, le général Mark Milley. Après avoir qualifié la Russie de

menace existentielle puisque c’est l’unique pays au monde avec une capacité nucléaire en mesure de détruire les États-Unis

(audition au Sénat, 21 juillet), dans son discours d’investiture (14 août) il déclare :

La guerre, l’acte de politique par lequel une partie tente d’imposer sa volonté à l’autre, se décide sur le terrain où vivent les gens. Et c’est sur le terrain que l’armée des États-Unis, la mieux armée et entraînée du monde, ne doit jamais échouer.

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Dans le cadre de Swift Response, les USA déploient la 82e division aéroportée.

Le terrain, en l’occurrence, c’est l’Europe.

La pression militaire est d’ailleurs continue sur le front de l’est de l’OTAN, puisque « Swift Response » a été précédé en août de l’exercice bilatéral USA/Lituanie « Uhlan Fury », accompagné par un analogue en Pologne, et par l’« Allied Spirit » qui s’est déroulé en Allemagne, toujours sous commandement USA, avec la participation de troupes italiennes, géorgiennes et même serbes. Et, peu après le « Swift Response », se déroulera du 3 octobre au 6 novembre un des plus grands exercices OTAN, le « Trident Juncture 2015 », qui verra engagées surtout en Italie, Espagne et Portugal des forces armées de plus de 30 pays alliés et partenaires, avec 36 000 hommes, plus de 60 navires et 140 avions.

Fait emblématique : à la « Trident Juncture 2015 » participe (dans le silence politique général) l’Union européenne en tant que telle. Il n’y a pas à s’en étonner, étant donné que 22 des 28 pays de l’UE sont membres de l’OTAN et que l’art. 42 du Traité sur l’Union européenne reconnaît leur droit à réaliser « la défense commune par l’intermédiaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord », qui (souligne le protocole n° 10) « reste le fondement de la défense collective de l’UE ». L’OTAN – dont le Commandant suprême allié en Europe est toujours nommé par le président des États-Unis et dont les autres commandements clés sont aux mains des USA — sert à maintenir l’UE dans la sphère d’influence étasunienne, dont les projets belliqueux sont de plus en plus inquiétants pour la survie européenne.

Crédit photo : U.S. Army (CC)