La guerre civile est à nos portes. Et si Guillaume Faye avait raison ?

Charte des langues régionales : que cache cet enfumage ? – par Guillaume Faye

29/07/2015 – FRANCE (NOVOpress avec Guillaume Faye)

Sous prétexte de défendre les ”langues régionales” (breton, occitan, corse, alsacien, basque, créole, etc.) dans un but, en apparence, de préserver l’identité et l’enracinement de nos provinces, on prépare des dispositions législatives assez tordues. L’objectif cynique de la gauche au pouvoir n’est évidemment pas de préserver nos identités régionales françaises et européennes, mais de faire reculer la langue française au profit, notamment, de l’arabe et des langues extra-européennes, assimilés à des ”langues minoritaires”. Décryptage.

Une embrouille juridique

Le Conseil des ministres a adopté en catimini le 31 juillet 2015 un projet de loi constitutionnelle autorisant la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, en ces termes : « La République peut ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires adoptée, à Strasbourg, le 5 novembre 1992 ». Le mot important ici est ”minoritaire” et non pas ” régional”. ”Minoritaire” en novlangue signifie ”immigré”.

En 1999, le Conseil constitutionnel avait déclaré que cette Charte européenne des langues régionales était contraire à la Constitution ; parce qu’elle contrevenait au principe d’égalité en prévoyant des droits spécifiques pour des « groupes de locuteurs de langues minoritaires » à l’intérieur de« territoires », en leur octroyant le droit d’employer leur langue autre que le français « dans la vie publique », c’est-à-dire auprès des « autorités administratives et services publics ». Le Conseil constitutionnel soulignait que cette Charte européenne des langues régionales « porte atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français ». Le gouvernement socialiste n’en a rien à faire et passe outre. Démocratie…

Le Conseil d’État, le 30 juillet 2015, a lui, aussi avisé que la Charte des langues régionales n’était pas conforme aux principes constitutionnels. Elle ouvre, selon lui, la porte aux revendications particularistes et risque de miner « le pacte social ». On va donc réviser la Constitution, par une ”loi constitutionnelle” pour passer par dessus l’avis du Conseil d’État et le jugement du Conseil constitutionnel !

Il faut noter que les défenseurs comme les adversaires de cette Charte des langues régionales se combattent en se réclamant tous les deux des mêmes principes d’égalité et de non-discrimination ! Cette histoire des langues régionales est donc un embrouillaminis idéologique de plus.

Selon cette Charte des langues ”régionales et minoritaires”, une personne face aux tribunaux ou à toute administration aura parfaitement le droit de ne plus employer le français mais ”sa” langue, régionale ou minoritaire. C’est une énorme blague. Chacun sait bien que 100% des Bretons, des Corses, des Alsaciens, des Basques, des Catalans, des Antillais, des Réunionnais, etc parlent parfaitement le français et que 95% ne maîtrisent absolument pas leur ”langue régionale”. Et ceux qui la maîtrisent n’ont aucun intérêt à se compliquer la vie en exigeant de l’employer dans leurs rapports avec les administrations !

En réalité, à part la langue bretonne, qui est un cas spécial, qui a été modernisée, qui est vivante, enseignée (Écoles Diwan) et résistante, tout comme le corse, les ”langues régionales ” de l’Hexagone sont des pièces de musée, des ”curiosités”, totalement hors de l’histoire, comme l’occitan, par exemple. C’est un constat historique. Quant à l’alsacien, ce n’est pas une langue propre, mais un dialecte alémanique en voie de marginalisation. On peut le regretter. Mais nul n’empêche les défenseurs de toutes ces petites langues ou dialectes de les enseigner, de les répandre, de les écrire. Mais pas de les employer devant les administrations !

En fait, on détourne sciemment le but de la Charte européenne des langues régionales : cette dernière était destinée à des pays européens qui comportent effectivement, en plus de la langue nationale, des langues vivantes locales et assez pratiquées, mais ce n’est pas le cas de la France !

Un plan dissimulé contre le français

Cette ratification des langues régionales et minoritaires vise, à vrai dire, un tout autre but que de défendre les langues européennes minoritaires ”régionales” et enracinées. Il s’agit de permettre aux populations d’origine immigrée de se prévaloir de leur langue native et d’avoir le droit de ne plus employer le français. On ne nous fera pas croire qu’un Breton ou un Corse ou un Alsacien devant un tribunal, un guichet de la Sécu ou un formulaire administratif est handicapé par la pratique du français et préférerait sa langue ”régionale” que dans plus de 99% des cas il ne maîtrise pas ou ignore totalement.

En revanche, il existe, depuis peu de temps, deux autres catégories de populations : 1) Des immigrés, souvent clandestins, qui ne maîtrisent pas le français. 2) D’autres, qui le maîtrisent, mais qui, par revendication et hostilité, n’attendent qu’une seule chose : l’instauration de l’arabe ou du turc (comme un ”droit”) dans la pratique officielle linguistique. On imagine les conséquences. Elles seront ingérables. Devant un tribunal ou une administration, une personne pourra exciper de sa ”langue minoritaire” pour ralentir ou entraver les procédures, en demandant des traducteurs, par exemple. Les islamisateurs de la France y trouvent leur compte.

L’objectif caché est de supprimer l’usage officiel du français énoncé par l’article 2 de la Constitution et qui s’inspire de l’édit de Villers-Cotterêts (1539) du Roi François 1er, instituant le français à la place du latin comme langue polico-administrative obligatoire. (1) Il s’agit d’une entreprise dissimulée de défrancisation, de déseuropéanisation. Nos voisins et amis allemands, espagnols ou autres sont autant visés que nous. L’arrivée massive, ces derniers mois, de vagues de migrants clandestins qui ne parlent pratiquement pas ou mal les langues européennes, augmente l’acuité du problème.

Cette Charte des langues régionales ouvre donc la voie, la boîte de Pandore, à des revendications de locuteurs de langues étrangères en France (et plus du tout ”régionales”) qui vont se réclamer du ”pourquoi pas nous ? ” C’est la porte ouverte (voulue ?) à des exigences de l’emploi de l’arabe, du turc ou de langues extra-européennes dans la vie quotidienne et dans les rapports avec l’administration. Les dernières mesures de Mme Vallaud- Belkacem en faveur de l’enseignement de l’arabe dans le primaire et le secondaire vont dans le même sens. Il s’agit d’une entreprise de subversion. Le trotskisme n’est pas loin, ni l’islam…

Les organes du Conseil de l’Europe sont chargés du respect de la Charte des langues régionales. Comme en toutes matières, les institutions européennes non élues (mais nommées par leurs pairs), anti démocratiques, instances strictement partisanes et idéologiques, marquent des buts contre la véritable identité européenne et l’avis des peuples de notre Continent.

En revanche, face à la domination de la langue anglo-américaine dans les institutions européennes, le Conseil de l’Europe ou la Commission ne font rien, elles ne promeuvent aucune ”charte” d’égalité des langues nationales. Nombre de documents ne sont même plus traduits dans les langues nationales et sont livrés en anglais. Égalité ?

La Charte des langues régionales est donc un enfumage, un stratagème idéologique, qui utilise la défense des identités régionales européennes pour promouvoir les langues et les cultures extra européennes, en particulier l’arabe et le turc. Il faut être idiot pour se laisser prendre à ce piège.

(1) La grande erreur de la république jacobine a été d’interdire et d’opprimer les langues et parlers régionaux, notamment le breton. Elle a créé un clivage aberrant, un conflit idiot, par obsession centraliste, entre la langue politico-administrative et culturelle centrale, le français, et les langues régionales. Les archéologues ont démontré que les habitants de Pompéi parlaient et écrivaient en osque alors que le latin était la langue administrative et politique incontestée. L’osque n’était nullement interdit. Les habitants étaient parfaitement bilingues, voire trilingues puisque beaucoup parlaient grec.

Guillaume Faye