Dwekh Nawsha

Dwekh Nawsha, des Français contre l’État islamique en Irak

30/07/2015 – MONDE (NOVOpress)
On parle beaucoup des Français rejoignant les rangs de l’État Islamique (Daesh). Ceux qui vont les combattre sont plus discrets : les Dwekh Nawsha

Branche française d’une organisation lancée mi-mai 2014 en Irak, qui a compté dans ses rangs des vétérans américains et britanniques, Dwekh Nawsha France s’est lancé au lendemain des attentats de janvier.
Le but ? Combattre l’État Islamique aux côtés des Kurdes et défendre les chrétiens.

Notre premier but est d’aller combattre Daesh sur son terrain, de défendre les chrétiens d’Orient et de représenter la France et nos valeurs

explique un responsable de Dwekh Nawsha.
Attention, ces « futurs martyrs » (en araméen) ne sont en aucun cas des mercenaires, la loi française interdisant cette pratique. Ces volontaires doivent payer leur logistique, armes et munitions. Cela n’a pas freiné le recrutement, puisque selon l’organisation, « Un groupe d’une quinzaine d’éclaireurs sera en tête de pont. Ce sont principalement des anciens de l’armée, âgés de 25 à 45 ans ». Au total, ce serait une première vague de 50 combattants qui serait opérationnelle à la rentrée.
Le dossier de quelque 200 réservistes

est actuellement à l’étude. Les profils sont sérieux : nous recherchons d’abord la motivation, la maturité, des personnes avec un casier judiciaire vierge et… si cette personne est un ex-militaire, c’est encore mieux

explique Ian, porte-parole des Dwekh Nawsha

Leur moteur ? Défendre la foi chrétienne, bine sûr, mais pas seulement. Dans leurs rangs, pratiquants et athées se côtoient, mais tous sont révoltés par l

a barbarie, les actes de cruauté de l’État islamique. Ce n’est pas concevable de se faire tuer pour sa religion, qu’on soit chrétien, juif ou musulman

témoigne l’un d’eux.

Je le fais pour mes enfants et pour tous les chrétiens. Ma priorité est de faire cesser le massacre et je suis prêt à sacrifier ma vie pour ça

expliquait pour sa part Christophe Cattier.
Les anciens militaires sont bien sur privilégiés, mais des intellectuels, ouvriers, commerçants, fonctionnaires… postulent aussi.
Toutefois, les va-t-en-guerre passeront leur chemin, les témoignages des « anciens » de Dwekh Nawsha montrent que les Kurdes cantonnent les volontaires étrangers en seconde ligne, essentiellement pour éviter la mauvaise publicité que causerait la mort de l’un d’entre eux.
Mais s’ils n’apportent pas un soutien militaire décisif, ils sauvent l’honneur de la France et apportent un soutien moral aux victimes et aux ennemis de l’islamisme.