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Le Plan B de Varoufakis : piratage contre coup de force ?

29/07/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Yanis Varoufakis avait étudié la mise en place d’un système bancaire parallèle en cas d’échec des négociations avec l’UE. Un piratage pour contrer un coup de force, en somme.

L’ex-ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, est sous le coup de plusieurs plaintes après la révélation de son « plan B », étudié en cas d’échec des négociations avec les créanciers de la Grèce. Il s’agissait de créer un système bancaire parallèle afin de permettre à la Grèce de continuer à disposer de fonds en cas d’exclusion de la zone euro et de fermeture prolongée des banques.
La fin justifie-t-elle mes moyens ? Pour mettre en œuvre son plan, Varoufakis devait faire pirater la plateforme de la direction des impôts pour récupérer les adresses fiscales des contribuables et leur permettre, le moment venu, d’utiliser le nouveau système de paiement.
Cerise sur le gâteau, la promesse (difficile à prouver) du Président Russe Vladimir Poutine d’une aide financière massive pour subventionner les importations nécessaires, pour faire fonctionner l’administration et soutenir les investissements du pays.

Nous ne sommes pas loin des meilleurs thrillers de politique-fiction et pourtant les faits semblent avérés, ils sont issus d’une téléconférence le 16 juillet avec des responsables du Forum officiel des institutions financières et monétaires (OMFIF), qui a été enregistrée. Reste que leur présentation pour discréditer l’ex-cauchemar des négociateurs de la Troïka a poussé Varoufakis à en diffuser l’intégralité.

Nous envisagions de créer clandestinement des comptes secrets reliés au numéro fiscal de chaque contribuable grec

avait expliqué l’ex-ministre lors de la conférence. Les contribuables auraient ainsi pu utiliser ce « système de paiement parallèle » pour régler « ce qu’ils doivent ou pour payer leurs impôts à l’État ». Libellé en euro, ce système de paiement « aurait pu à tout moment être converti en une nouvelle drachme » en cas de « Grexit », une sortie de la Grèce de la zone euro.

Cela aurait créé un système bancaire parallèle au moment où les banques étaient fermées à cause de l’action agressive de la Banque centrale européenne (BCE) visant à nous étrangler

a ajouté l’ex-ministre selon une retranscription de la fameuse conférence.
Selon lui, le piratage du logiciel du ministère des Finances était rendu nécessaire parce que le ministère grec des Finances n’a pas la main sur l’administration fiscale.

Le secrétariat général aux Recettes publiques est contrôlé directement par la troïka

Propos immédiatement démentis par les responsables européens, on s’en doute. Mais quant on voit le coup de force opéré après le référendum en Grèce, qui a vu les créanciers imposer un diktat encore plus sévère que celui rejeté par le peuple Grec, il est permis de douter de la sincérité de la Troika et d’être sur de leur volonté de contrôle sur la politique financière grecque… et au-delà.

En effet, selon Yanis Varoufakis, l’échec du plan imposé à la Grèce la pousserait très probablement hors de la zone euro. Et, le cas échéant

les Français sont terrifiés, car ils savent que s’ils devaient réduire leur déficit budgétaire aux niveaux exigés par Berlin, le gouvernement français tomberait certainement. (…) Schäuble [le ministre des Finances allemand] m’a dit explicitement qu’un Grexit lui octroierait un pouvoir de négociation suffisant pour terroriser Paris et imposer à la France un nouveau transfert des compétences budgétaires de Paris à Bruxelles.

On apprend que ce plan aurait fuité auprès des gouvernements allemand et français, ce qui aurait semé la panique à l’Élysée et poussé François Hollande à travailler au corps, et les créanciers et Alexis Tsipras, pour trouver un accord coûte que coûte.