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La police du bikini (Présent 8404)

27/07/2015 – FRANCE (NOVOpress)

Cas d’école. Ou comment la police de la pensée dégaine la grossière artillerie, mais avec un temps de retard. Un groupe de cinq « adolescentes » a passé à tabac une jeune femme de 21 ans mercredi dans un parc public de Reims parce qu’elle bronzait en maillot de bain allongée dans l’herbe.
L’Union de Reims, reprise par Le Figaro, a tout d’abord invoqué un motif moral et religieux : « des relents de police religieuse ». Aussitôt démenti par le Parquet : « Pas de mobile religieux ». Et par le maire Les Républicains Arnaud Robinet qui a appelé immédiatement au « pas d’amalgame » : « Il est intolérable de stigmatiser une communauté dans cette affaire ».
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Les journalistes de L’Union et du Figaro sont alors vite rentrés dans le rang, rétropédalant dans la semoule, tout suants de politiquement correct : « Pas de mobile religieux ou moral, on connaît enfin la petite phrase qui a déclenché l’agression de la jeune femme : “Allez vous rhabiller, c’est pas l’été !” »
Et ils comptent vraiment nous faire gober ça ?

Contactée par BuzzFeed, l’une des assaillantes qui a passé 24 heures en garde à vue et sera convoquée en septembre prochain devant le juge, a témoigné :
« J’étais en effet avec trois amies et ma petite sœur mercredi vers 16 h 30, quand nous sommes allées au parc Léo Lagrange. Nous sommes passées devant trois filles en maillot de bain et j’ai juste dit à ma copine que si c’était moi, je n’oserais pas me mettre dans cette tenue. Mais j’ai dit ça, car je suis complexée, absolument pas pour des questions religieuses ou morales. Je suis musulmane oui, mais tolérante. »
Il n’y a aucun motif religieux, mais les tabasseuses sont toutes des « musulmanes tolérantes ». Et puisqu’il n’est question d’aucune communauté pourquoi ne nous donne-t-on pas leurs prénoms ? Après tout, nous sommes à Reims et il s’agit peut-être des fameuses « phalanges catholiques intégristes » dénoncées par Laurent Joffrin dans Libération venues soutenir Vincent Lambert devant le CHU ?

L’« agresseuse » réfute tout « lynchage » : « Lorsque l’une des trois filles m’a entendue parler, elle m’a interpellée pour me dire “qu’avec mon physique, elle comprenait que je n’ose pas me mettre en maillot”. Elle a également dit que j’étais grosse. Je suis allée vers elle pour lui donner une gifle, puis elle s’est battue avec mon amie ».
Une histoire de baffes gauloises à la Astérix et Obélix en somme (« qui est gros ici » ?).
Ouf, on a eu très chaud au vivre ensemble.

Caroline Parmentier