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La réforme du droit des étrangers ou l’agenda jusqu’au-boutiste des sociétalistes

Source : Boulevard Voltaire
Rien ne les arrête, ni l’opposition parlementaire, ni le peuple en masse dans les rues, ni les pétitions et manifestes des intellectuels.

Le pouvoir continue dans sa voie suicidaire, et en accélère même l’agenda, avec cette réforme du droit des étrangers qualifiée de criminelle par Marine Le Pen, car visant à faciliter les démarches, raccourcir les procédures et améliorer l’accueil matériel des immigrés, en gros pour qu’ils se sentent tout à fait chez eux, en France, avant même que d’accéder au statut de Français de papiers.
Jamais un gouvernement n’a été si impopulaire depuis Guy Mollet, dont Hollande partage du reste nombre de traits, et pourtant rien ne freine l’ardeur de ses mesures insensées.

Nous avons au pouvoir des cyniques qui appliquent un agenda de transformation irréversible de la société française : soutien à l’hébergement et à l’accueil des migrants, territorialisation du remplacement de population, aide à l’islamisation, réforme multiculturelle de l’enseignement, loi Macron de dérégulation des derniers bastions de souche, lois sur la famille et la fin de vie liquidant ce qui reste de catholicisme vivant, bâillonnement des opposants par la loi sur le renseignement.
Ils n’ont rien à perdre. Leur horizon est 2022 plutôt que 2017, quand les réformes auront produit leurs effets et qu’ils en récolteront les fruits électoraux. C’est le programme Terra Nova. Ils refont le coup de la génération Mitterrand en préparant une génération Hollande.

Si la première partie du quinquennat fut consacrée à des réformes économiques de type libéral, confuses et fragmentaires, avec les résultats que l’on sait, dès lors qu’étatisme et assistanat sont les deux mamelles de la France contemporaine, jusqu’en 2017 ce sera un agenda tout sociétal pour contenter les immigrationnistes, anti-frontiéristes et anti-identitaires de tout acabit.
Rien ne les arrête, ni l’opposition parlementaire, ni le peuple en masse dans les rues, ni les pétitions et manifestes des intellectuels. Passages en force, politique du fait accompli, votes bloqués, décrets sans discussion.

Les doctrinaires ne comprennent que le rapport de force. Ils ne reculent devant rien, car ils ont la foi des puritains. Ils sont confortés par l’histoire de ces quarante dernières années : la gauche a gagné toutes ses batailles idéologiques, sauf une, celle de l’école libre, parce que Mitterrand ne l’a pas voulu, s’étant souvenu sur le tard ce qu’il devait à la droite catholique dont il était issu.
Après des décennies de mensonges et de déni, on pensait que le réveil de la France conservatrice de sa torpeur hédoniste et de son confort petit-bourgeois produirait des effets. Eh bien, non, rien ! La déploration nostalgique, le constat désabusé des choses révolues et l’opposition gentillette de type Manif pour tous ne suffisent plus et deviennent même contre-productifs face à un pouvoir déterminé et aussi peu démocratique.

Nous sommes à un tournant. Soit nous basculons définitivement dans la société multiculturelle – gendrée et indifférenciée, métissée et aux identités multiples —, soit nous « renversons la table » pour de vrai, et pas seulement en promesse à la Sarkozy, Hollande ou Mélenchon. Combat pas gagné d’avance dès lors que la classe moyenne aurait plus à perdre qu’à y gagner, et sauf événements majeurs et rupture paradigmatique, ce justement sur quoi table le FN.

Stephan A. Brunel