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Grèce : la porte étroite

07/07/2015 – MONDE (NOVOpress)

Hollande qui assure que « la discussion reste ouverte ». Merkel qui déclare attendre « des propositions du Premier ministre grec ». Le « marxiste erratique » Varoufakis qui démissionne pour faciliter les négociations… Alors que les médias en faisaient des tonnes sur un possible « grexit », il paraissait tout de même assez peu probable, mardi matin, que le séisme provoqué dimanche par la victoire du « non » ne débouche pas sur un accord entre l’UE et Athènes.

Un « non » de liberté
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Quoi qu’il en soit, ce « non » du peuple grec a été vivement applaudi par tous les opposants à la politique d’austérité prônée par Bruxelles.
À commencer par Marine Le Pen, qui a salué « la victoire du peuple contre l’oligarchie de l’UE », « un non de liberté, de rébellion face aux diktats européens qui veulent imposer la monnaie unique à tout prix, via l’austérité la plus inhumaine et la plus contre-productive ». Estimant que « la dissolution de l’union monétaire a commencé », la présidente du FN a déclaré que « les pays européens doivent profiter de cet événement pour se mettre autour d’une table, constater l’échec radical de l’euro et de l’austérité et organiser la dissolution concertée de la monnaie unique, condition indispensable au retour réel de la croissance, de l’emploi et au désendettement ».
Un enthousiasme partagé – entre autres – par Mélenchon, qui a expliqué de son côté que « la crise a été provoquée de manière absolument délibérée par l’Eurogroupe ».

L’espérance du contribuable français

En fait, comme le note Marine Le Pen, ce « non » grec est peut-être surtout « l’espérance pour le contribuable français de ne plus avoir à sortir une nouvelle fois le chéquier pour verser quelques milliards supplémentaires dans le trou sans fond de la dette grecque et de l’euro ».
Car, aussi tyrannique et détestable que soit l’UE, cette gifle assénée à Bruxelles ne doit pas nous faire oublier que la France, et donc ses contribuables, ont prêté quelque 42 milliards d’euros à la Grèce : 11,4 milliards dans le cadre de prêts bilatéraux, auxquels il faut ajouter 31 milliards via les prêts apportés par le Fonds européen de stabilité financière. Des sommes qui, tout le monde ou presque en convient déjà, ne seront jamais remboursées.