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Grèce : Tsipiras lâche du lest

07/07/2015 – MONDE (NOVOpress)
Si Tsipiras est sorti renforcé du référendum sur les propositions des créanciers internationaux, il souhaite aussi donner des gages de bonne volonté. C’est son ministre des finances, Yanis Varoufakis, qui sert de victime expiatoire.

Unanimement décrié parmi les négociateurs de la Troïka, Yanis Varoufakis, iconoclaste universitaire entré en politique il y a cinq mois, est sacrifié sur l’autel de la realpolitik. Son intransigeance et ses déclarations à l’emporte-pièce constituaient visiblement un obstacle aux négociations entre la Grèce et ses créanciers. Il avait ainsi comparé, samedi 4, le comportement des créanciers de la Grèce à du « terrorisme ». De son côté, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, avait dit, à propos d’une réunion avec Varoufakis souhaiter « restaurer le dialogue avec des adultes autour d’une table ».

La décision de son départ revient à Tispiras, mais celui-ci a laissé le ministre qu’il avait jusqu’ici soutenu contre les critiques de ses partenaires européens annoncer lui-même son départ.
Yanis Varoufakis a donc expliqué dans un communiqué qu’il avait été « informé d’une certaine préférence » de plusieurs membres de la zone euro pour son « absence » aux réunions des ministres des Finances et il ajoute que sa démission a été jugée opportune par le Premier ministre en vue de la conclusion d’un accord. « Pour cette raison, je quitte aujourd’hui le ministère des Finances », dit-il, ajoutant, bravache :

J’estime qu’il est de mon devoir d’aider Alexis Tsipras à exploiter, comme il le jugera adéquat, le capital que le peuple grec nous a accordé lors du référendum d’hier (dimanche) et j’assumerai avec fierté le mépris des créanciers.

C’est en tout cas un signal fort que Tsipiras souhaite trouver un accord qui lui évote une sortie de l’euro. Le référendum aura-il été un baroud d’honneur ou Tsipiras est-il un plus fin négociateur que ce que laissaient entendre ses « partenaires » européens ?

Crédit photo : Brookings Institution via Flickr (CC) = Yanis Varoufakis