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Attentat en Isère : Yassin Salhi mis en examen, il était en lien avec Forsane Alizza

01/07/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Yassin Salhi tente d’éluder le caractère terroriste de la tuerie de Saint-Quentin-Fallavier, mais tout converge pour désigner un attentat islamique. Il a été mise en examen.

L’auteur de l’attentat de Saint-Quentin-Fallavier se réfugie derrière des « motifs personnels » et une « amnésie » pour réfuter toute dimension religieuse de ses actes. Le parquet n’a pourtant guère de doute sur la nature terroriste de cet acte, et a mis Yassin Salhi en examen notamment pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste à l’issue de sa garde à vue. Il semblerait en effet qu’il ne faille pas être un fin limier pour rassembler les pièces du puzzle islamique :

  • La tête tranchée, couverte d’inscriptions en arabe et encadrée de deux drapeaux portant la profession de foi islamique est un mode opératoire et une mise en scène typique de l’État Islamique.
  • La tentative d’attentat-suicide, le chauffeur-livreur de 35 ans ayant tenté de faire exploser des bonbonnes de gaz en les percutant avec son véhicule.
  • Les deux clichés macabres qui ont été transmis à Sébastien Yunes, un djihadiste français actuellement en Syrie, via l’application WhatsApp. Sur le premier, on pouvait voir le corps de la victime, enveloppé d’un drapeau islamique, sa tête posée sur le tronc. Le second est un selfie de Yassin Salhi avec la tête de sa victime. Sur un téléphone saisi chez les proches de Sébastien Yunes, une conversation WhatsApp montre que ce dernier connaît Yassin Salhi, et qu’il serait même « une des causes pour lesquelles il a fait ça ».

« Tout son comportement démontre que, dès la veille au soir, il avait conçu son projet criminel terroriste », confirme le procureur de Paris, François Molins, en charge du dossier.

D’ailleurs, le contexte personnel de Yassin Salhi vient encore renforcer la thèse, s’il en était besoin :

Hervé Cornara, la victime décapitée de Yassin Salhi

Hervé Cornara, la victime décapitée de Yassin Salhi

  • Après plusieurs voyages au Maroc et en Arabie Saoudite en 2003-2004, il s’est rendu en Syrie en 2009 pendant un an, où il aurait fréquenté une école coranique. « Quand on va dans une école coranique, ce n’est pas pour apprendre l’arabe, c’est pour tout autre chose », a estimé François Molins.
  • En 2011, le suspect aurait été proche d’un individu appartenant à la mouvance Forsane Alizza, groupuscule islamiste condamné pour avoir envisagé des attentats en France.

À noter que s’il avait été fiché pour cause de radicalisation, ni son voyage en Syrie ni ses contacts avec Forsane Alizza n’ont retenu l’attention des services, son fichage s’étalant de 2006 à 2008.

Quoi qu’il en soit, il va être très compliqué de faire passer cette affaire pour une attaque d’un déséquilibré ou d’un loup solitaire, ce que ne semble d’ailleurs pas vouloir le procureur de Paris. Heureusement, il reste le PADAMALGAM, mais son effet de sidération semble très amoindri avec le temps.