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Grève des chauffeurs de taxi dans un climat délétère

26/06/2015 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation, édité par NOVOpress)
Hier matin, les chauffeurs de taxi ont entamé une nouvelle grève à durée illimitée. La violence était au rendez-vous.

La cause de leur colère ? Les voitures de transport avec chauffeur, VTC, qui leur font selon eux une concurrence illégale. Et pour cause : les chauffeurs de taxi doivent payer une licence d’environ 250 000 € pour exercer leur profession ; les VTC, quant à eux, ne payent rien. Ils sont essentiellement recensés par l’application américaine UberPop. La loi Thévenoud avait tâché il y a un an d’organiser le marché des taxis et des VTC. Mais elle n’a en réalité rien apaisé.

La grève s’est déroulée dans un climat violent et délétère
Alors que les chauffeurs de taxi bloquaient la circulation, essentiellement à Paris et à Lyon, de nombreux affrontements ont eu lieu avec les chauffeurs de VTC. Ces derniers ont été parfois traqués. Les VTC ont été retournés, parfois incendiés. Certains chauffeurs de taxi ont dégainé des bombes lacrymogènes, ou lancé des cailloux. Des passagers ont même été agressés. Les chauffeurs de VTC n’étaient pas en reste : deux d’entre eux ont été mis en garde à vue pour avoir foncé sur des chauffeurs de taxi. Au total, sur Paris et Lyon, une dizaine de chauffeurs de tous bords ont été interpellés. Dans la soirée, le Premier ministre dénonçait des violences inacceptables. Sur certains points de blocage, notamment à Paris, les chauffeurs de taxis ont été rejoint par des « jeunes des quartiers » (le lecteur aura traduit de lui-même l’euphémisme politiquement correct…), trop heureux de l’aubaine d’aller casser un peu en ville.

En dépit de ces confrontations, les revendications des chauffeurs de taxi ont été écoutées
Revenu précipitamment de Marseille en fin de journée, Bernard Cazeneuve a reçu les représentants des syndicats de chauffeur, donnant une fois de plus raison au chantage exercé par ceux qui en on les moyens, en l’occurrence les taxis bloquant gares, aéroports et grands axes.

En milieu de journée, le ministre de l’Intérieur a demandé au préfet de police de Paris d’interdire l’exercice de l’activité d’UberPop sur la capitale. Le président d’Uber a annoncé qu’il exercerait un recours en justice contre cette décision : le ministre de l’Intérieur n’a pas le pouvoir d’interdire une application selon lui : c’est au juge de le faire, et la loi en vigueur est actuellement imprécise. Bernard Cazeneuve a également saisi le procureur de la République contre UberPop pour délit d’organisation illicite du transport de personnes. Les véhicules UberPop pris en flagrant délit seront systématiquement saisis. Ni la CGT ni la CFDT ne rappellent à la grève aujourd’hui.

Le gouvernement tâche de calmer le jeu : comme d’habitude, la légitimité d’une revendication se mesure au pourvoir de nuisance exercé par ceux qui la portent. Mais jusqu’à quand les usagers pâtiront-ils des querelles corporatives d’une minorité ?