Commission européenne

Clandestins : L’UE abandonne les quotas obligatoires

26/06/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Au terme de négociations marathon, les Etats membres ont abandonné les quotas obligatoires pour les remplacer par des quotas volontaires.

Demi-victoire des anti-immigrationnistes : c’est sur la base du volontariat et non de quotas obligatoires que se fera la répartition des clandestins au sein des États membres de l’Union européenne.
Le sommet de Bruxelles consacré à l’accueil de 40.000 demandeurs d’asile actuellement en Grèce et en Italie et de 20.000 autres clandestins réfugiées hors des frontières de l’UE s’est clos ce matin après sept heures de négociation très tendues. La Hongrie, qui avait qualifié le plan d’absurde, la Bulgarie, l’un des États membres les plus pauvres, sont d’ores et déjà exemptés de ce dispositif. Pour les autres, les clefs de répartition volontaire en fonction de l’économie ou de la population de chaque État seront finalisées d’ici juillet.

Un dispositif volontaire ne peut pas être une excuse pour ne rien faire

a averti le président du Conseil européen Donald Tusk.

Le camp des immigrationnistes affiche sa déception, à l’instar du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui a regretté un plan à « l’ambition modeste » ou du chef du gouvernement italien Matteo Renzi qui a tancé ses collègues :

Ou vous êtes solidaires, ou vous ne nous faites pas perdre notre temps

Bien sûr, il n’a guère été question de traiter le problème à la source, hormis par le lancement d’une opération navale destinée à combattre les réseaux de passeurs en mer Méditerranée, qui se limitera pour le moment à une mission d’observation. On prédit déjà qu’elle servira d’appel d’air aux candidats à l’immigration clandestine, le surcroît de forces navales au large de la Libye forcée de secourir les naufragés ne pouvant qu’inciter les passeurs à leur jeter dans les bras plus d’embarcations.

Pour autant, nous ne boudons pas notre satisfaction de voir qu’à l’occasion de cette crise, les sacro-saints principes de Schengen ont pris du plomb dans l’aile. La Slovaquie, la Hongrie, la République tchèque ou encore la Pologne ont été particulièrement virulentes dans leur opposition aux propositions immigrationnistes de la Commission. « C’était un débat très intense », a déclaré Angela Merkel à la presse, qualifiant la crise des migrants de

Plus grand défi que j’ai connu dans les affaires européennes en tant que chancelière

En effet, jamais l’Europe « portes et fenêtres ouvertes » n’a été aussi contestée. L’Autriche a menacé cette semaine d’imposer des contrôles aux frontières de la Hongrie, qui avait cessé d’accueillir des demandeurs d’asile en provenance d’autres États membres, ce qui constitue une infraction aux règles communautaires, avant de faire machine arrière. Hongrie qui a par ailleurs décidé d’ériger une clôture le long de sa frontière avec la Serbie et qui

a enregistré depuis le début de l’année un tiers des demandes d’asile, soit plus que l’Italie

a souligné Donald Tusk.
Même la France, dont le gouvernement affiche son adhésion aux thèses « d’ouverture », tente de réguler l’arrivée de clandestins à sa frontière avec l’Italie : le refoulement de quelques « migrants » côté italien a été source d’échanges musclés avec Rome.
Afin d’aider cette dernière et Athènes à faire face à la crise, les dirigeants de l’UE ont décidé de leur accorder des moyens financiers pour mettre en œuvre des centres pour distinguer les réfugiés politiques des réfugiés économiques et rapatrier ces derniers vers leur pays d’origine.
Il ne reste plus qu’à espérer qu’il ne s’agisse pas d’un nième vœu pieux.