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État islamique : des esclaves vendues pour le prix d’un paquet de cigarettes

10/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Dans les territoires contrôlés par l’État islamique, le commerce d’esclaves féminins va bon train. De plus, disposer d’un vivier « d’épouses » fait partie de la stratégie de recrutement de l’EI.

À chaque conquête, l’un des premiers gestes de l’État islamique – avant les massacres d’opposants ou de non-musulmans — est de s’emparer des femmes. Déshabillées et lavées de force, elles défilent devant les islamistes qui estiment ainsi le prix de chacune d’elles. Elles sont ensuite vendues au marché aux esclaves, parfois pour le prix d’un paquet de cigarettes,

Photo de propagande montrant des combattants de l'EI, province irakienne de l'Anbar.

Photo de propagande montrant des combattants de l’EI, province irakienne de l’Anbar.

ou attribuées à des combattants dans le cadre de partage de butin de guerre. Elles peuvent être aussi offertes en cadeau, le tout étant régi par des règles strictes édictées dans une fatwa ad hoc par l’État islamique.

C’est une guerre où l’on se bat sur le corps des femmes

Résume Zainab Bangura, représentante spéciale des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit. Le rapport qu’elle a remis à l’ONU, lundi 8 juin décrit une situation tragique : esclavagisme, donc, mais aussi viol et torture.

Il est corroboré par ceux d’ONG présentes sur le terrain, comme le GNRD (Global Network for Rights and Development) ou Human Rights Watch, qui décrit dans des rapports, l’un publié en octobre 2014, l’autre remis en avril 2015 — une politique systématique de viols et d’autres violences sexuelles à l’encontre de femmes et de filles appartenant à la minorité yézidie dans le nord de l’Irak

La liste des crimes atroces commis par l’État islamique à l’encontre des yézidis en Irak ne cesse de s’allonger. Nous avons recueilli des témoignages au sujet de conversions religieuses forcées et de mariages forcés, ainsi que d’agressions sexuelles et d’esclavagisme – et certaines victimes ne sont que des enfants.

a déclaré Fred Abrahams, conseiller spécial à Human Rights Watch. L’ONG précise que cette politique systématique est susceptible de constituer un crime contre l’humanité.

Réfugiés Yazidis dans un camp de l'International Rescue Committee, Nord est de la Syrie, 2014.

Réfugiés Yazidis dans un camp de l’International Rescue Committee, Nord est de la Syrie, 2014.

La femme est pour l’EI un produit d’appel majeur dans sa stratégie de recrutement de volontaires étrangers : la promesse d’un mariage, qui plus est avec une jeune fille encore vierge, attire de nombreux hommes dans les rangs de l’organisation terroriste, qui compterait au moins 25 000 soldats originaires de plus de 100 pays.

Le sort des rares femmes qui parviennent à s’échapper n’est guère enviable si elles sont sunnites ou chiites : en plus des exactions subies, elles doivent faire face au « déshonneur ». Les rescapées yézidies bénéficient au moins de l’accueil de leur communauté et de traitements, d’après Zainab Bangura, ce qui n’est donc pas le cas de victimes d’autres confessions ou nationalités, comme les Turques, par exemple.

Crédit photo : ZiaLater via WikiMedias (CC) = réfugiées Yazidis
Combattants de l’État islamique via WikiMedias (CC) non attribué