Fin du récit national ! Tribune de Vincent Revel

Fin du récit national ! Tribune de Vincent Revel

« Quels trésors de noblesse et de poésie, quelles richesses matérielles aussi représentent ces églises de France que nous sommes en train de laisser s’écrouler ! Il n’y a pas sur terre de France deux églises rurales qui soient en tous points pareilles, pas plus qu’il n’y a deux feuilles identiques dans la vaste forêt. Eglises romanes, églises gothiques, églises de la Renaissance, églises de style baroque, toutes portent un témoignage magnifique, le plus puissant, le plus abondant des témoignages, en faveur du génie français… Elles sont la voix, le chant de notre terre. » Voici un bien bel hommage de Maurice Barrès à ce qui donne une âme à nos villages ! Hommage encore plus poignant lorsque l’on sait que ces édifices religieux ont pour la plupart été construits sur des lieux de culte païens plus anciens, nous rappelant l’origine de nos sociétés, nos racines profondément enfoncées dans cette terre que nos ancêtres occupent depuis plus de 2500 ans.

En brisant l’unité nationale, en s’attaquant à l’histoire de notre pays par le biais de la transmission à l’école, en faisant des Français un peuple de bâtards sans origine précise où chaque minorité détient le droit de s’approprier notre mémoire, nos politiques assument pleinement leur volonté de déconstruction.

Leur logique, inscrite dans une dynamique néo-libérale, allergique aux mots partie, peuple, frontière, nation, fierté, répond parfaitement à l’esprit de repentance qui anime nos élus depuis bien trop longtemps. Comme le dit l’historien Pierre Nora, « les nouveaux programmes portent une forme de culpabilité nationale qui fait la part belle à l’islam, aux traites négrières, à l’esclavage, et qui tend à réinterpréter l’ensemble du développement de l’Occident et de la France à travers le prisme du colonialisme et de ses crimes. » Jamais un peuple n’a accepté avec une telle intensité que l’on salisse la mémoire de ses anciens avec autant de mépris. Jamais un peuple n’a accepté que l’on enseigne à ses enfants la honte de soi et la haine de son pays. Jamais un peuple ne s’est soumis aussi docilement face à la trahison de ses élites ! Notre vie trépidante de néo-consommateurs nous éloigne de plus en plus de notre identité. Alors que cette dernière est attaquée de toute part, notre esprit de résistance ne répond plus. Incapable de nommer correctement les choses, nous esquivons les débats, les difficultés en faisant mine de ne rien voir, de ne rien comprendre. L’angélisme de nos dirigeants, dicté par un bien vivre ensemble qui sent de plus en plus le communautarisme sectaire, relayé sans cesse par nos médias, déteint sur l’ensemble de la société. Pour ne pas stigmatiser, pour ne plus faire d’amalgame, pour ne plus entendre parler de grand remplacement, pour ne plus avoir à discuter sur le fait que l’immigration n’est pas une chance pour la France, nos idéologues, les détracteurs de l’Occident décident une bonne fois pour toute d’enfoncer le clou de la désintégration.

Par le biais de l’enseignement, ils espèrent faire de nos enfants les nouveaux petits citoyens de demain, adeptes et militants inconditionnels du multiculturalisme.

Même si les signaux sont forts et violents pour nous dire que nous prenons un chemin pentu menant tout droit à une possible guerre civile, nous continuons bêtement à suivre silencieusement nos bergers utopistes. S’abritant derrière une fatalité imaginaire, trop d’entre nous lâchent prise et détournent le regard. Tout ceci vient du fait que nous mélangeons les causes et les conséquences. Nous inversons le sens des responsabilités et des réalités. A la suite de Nietzsche, j’affirme « qu’il n’y a pas d’erreur plus dangereuse que de confondre l’effet avec la cause : j’appelle cela la véritable perversion de la raison. Néanmoins cette erreur est même sanctifiée parmi nous, elle porte le nom de « religion » et de « morale ». » Droit de l’hommisme et bien vivre ensemble sont en ce début de XXIème siècle notre religion et notre morale moderne. Si l’école ne va pas bien, les causes ne sont pas à rechercher dans de pseudos inégalités sociales ni du fait qu’il puisse y avoir des discriminations ethniques, présentes aussi indirectement dans nos anciens programmes scolaires.

Si l’école ne se porte pas bien aujourd’hui, les causes principales sont justement dues à une immigration de masse, voulue et entretenue, qui apporte inévitablement une multitude de problèmes, accentuée par notre aveuglement qui empêche irrémédiablement de prendre les bonnes décisions.

Vincent Revel

Crédit photo : Clio, via Wikipédia, (cc).