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Progression de l’État islamique en Libye

01/06/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Un attentat-suicide revendiqué par l’État islamique a frappé dimanche la ville portuaire de Misrata en Libye. Cet attentat s’inscrit dans l’expansion du territoire de l’organisation, qui a pris d’assaut ce samedi la ville d’Hassaké, au nord-est de la Syrie, et dans le renforcement de ses positions à Raqqa par exemple.

En quoi cette attaque est-elle particulière ?
Elle intervient dans une zone censée être sécurisée, entre Tripoli et Misrata, et donne ainsi l’impression de la toute-puissance de l’État islamique. Le groupe s’affirme de plus en plus en Libye. Selon un haut fonctionnaire libyen, « ils ont reçu des armes par la mer. Maintenant, Misrata a du mal à les contenir, ils sont trop puissants. Le risque est énorme ». Faute de soutien, les forces de Misrata ont dû abandonner l’aéroport de Syrte, aussitôt tombé aux mains des islamistes qui poursuivent depuis son avancée.
Cette attaque semble d’ailleurs être le coup d’envoi d’une offensive de grande envergure de l’État islamique en Libye, comme le montre la multiplication des actions terroristes dans le pays.

Comment réagit la communauté dite internationale ?
L’organisation islamique semble bénéficier d’une totale impunité. Face à la menace croissante d’un État islamique qui selon certains analystes serait bientôt en mesure de se doter d’armes de destruction massive, la communauté internationale reste inactive, quand elle n’est pas complice. L’Organisation semble avoir toute liberté d’action en Arabie Saoudite et le rôle de la Turquie dans la livraison d’armes à l’EI est désormais clairement établi. Ce qui apparaît comme des anomalies dans la lutte contre le djihadisme prend un sens clair selon le directeur de l’École de guerre économique. Christian Harbulot dénonce l’implication directe des États-Unis dans la constitution de l’État islamique et montre ainsi la contradiction inextricable dans laquelle la France se trouve vis-à-vis de sa politique extérieure. Si le terrorisme issu de celle-ci tue des citoyens sur le territoire français, l’Élysée continue à suivre aveuglément les directives de la Maison-Blanche.