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Scandale ! Grazia consacre un reportage à quatre jeunes et jolies femmes ayant adhéré au FN !

Source : Boulevard Voltaire – « Scandale ! Grazia consacre un reportage à quatre jeunes et jolies femmes ayant adhéré au FN ! »
Joseph Ghosn, le directeur de la rédaction, proteste vigoureusement : « Ce qui nous a intéressés dans ce sujet, c’est la façon dont les jeunes sont attirés par le parti, et notamment par la figure de Marion Maréchal-Le Pen. »

Metronews évoquait mardi dans ses colonnes « une vive polémique » suscitée par l’hebdomadaire Grazia. Une vive polémique dans un journal féminin ? Diable. Une controverse sans doute sur les vernis pailletés ? Un schisme, en ces premiers beaux jours, entre les tenants de l’épilation au laser et les adeptes de la bande de cire ?

Non, un scandale politique. Un scandale moral de l’avis de certains (la moralité étant une préoccupation forte, comme chacun sait, des journaux féminins). Grazia a consacré un de ses dossiers du mois de mai aux jeunes femmes ayant adhéré au FN dans le sillage de Marion Maréchal-Le Pen. Et ce dossier aurait des allures de « campagne promotionnelle » pour le FN.

À la direction de Grazia, on tombe des nues. Joseph Ghosn, le directeur de la rédaction, proteste vigoureusement : « Ce qui nous a intéressés dans ce sujet, c’est la façon dont les jeunes sont attirés par le parti, et notamment par la figure de Marion Maréchal-Le Pen. » Et il peut protester d’autant plus vigoureusement que le reportage n’est pas spécialement tendre, évoquant ici un « discours confus », et là un « ravalement de façade » du FN.

Oui, mais voilà, on reproche à Grazia des photos trop « glamour ». Sans leur expliquer le moyen de faire autrement quand on enquête sur des jeunes filles de 20 ans. En lançant sans doute un casting très ciblé : recherchons femmes à barbe, têtes de méduse, œils de cyclope pour reportage sur le FN, tendrons souriants s’abstenir ?

Le site gauchedecombat.net fustige un « torchon » et « des péronnelles sans cervelle », comme si la presse féminine donnait habituellement dans la revue de fond à destination de grandes intellectuelles.

Cette mise en cause de Grazia est évidemment inepte – il serait aussi peu professionnel, pour un journal féminin, de ne pas enquêter sur un parti en pointe dont les deux leaders sont des femmes, que pour un magazine d’aéronautique d’occulter les retards de livraison de l’A400M ou, pour une revue d’histoire, de faire l’impasse sur les commémorations de 14-18 -, mais plus qu’inepte, elle est très éclairante, apportant un début de réponse à une insondable question :

Pourquoi nos féministes si vigilantes laissent-elles proliférer sans moufter une presse féminine terriblement « genrée », autrement plus dégradante pour la femme que la couleur du cartable, la tenant, licou serré, dans l’enclos étroit des « 3 M » – Mode, Maquillage, Mec – et laissant supposer par une mise en pages infantile que celle-ci, comme au cours préparatoire, a besoin, pour réussir à lire, que ce soit écrit gros et qu’il y ait beaucoup d’images ? Oui, pourquoi, sinon parce qu’il est convenu que cette presse distille, bien prémâchée, écrasée en purée, en bouillie pour bébé, la bonne parole de gauche, rien que la bonne parole de gauche ?

Dans l’onglet « Société » du site du journal Elle, à la rubrique « Gens », il y avait, hier, quatre articles alignés : le premier montrait une photo de Najat Vallaud-Belkacem (« Réforme du collège, ce que dit vraiment le texte »), le deuxième montrait une photo des parents de Zyed et Bouna (« Zyed et Bouna : les familles scandalisées par la relaxe des policiers »), le troisième montrait une photo de Christiane Taubira (« Que pense réellement Christiane Taubira de la GPA ? »), le quatrième montrait une photo des Femen, le 1er mai, place de l’Opéra (« Femen : Stop ou encore ? »).

Si Elle n’est pas un torchon pour péronnelles sans cervelle, elle bêle visiblement toujours pour la même chapelle.

Gabrielle Cluzel