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Le délit d’opinion, bientôt en Angleterre ?

22/05/2015 – MONDE (NOVOpress)
Pour David Cameron, ceux qui profèrent des « discours de haine », de « fanatisme » ou de critiques de l’homosexualité et du féminisme ne seront plus « à l’abri des réprimandes de l’État »
»

Le premier ministre britannique, lors de la préparation d’une nouvelle loi antiterrorisme qui devrait sortir d’ici la fin du mois, a indiqué que l’idée d’un État qui n’intervient pas dans la vie des gens sous prétexte que ces derniers respectent les lois, constituait une « approche vouée à l’échec. »

Trop longtemps, notre société s’est montrée tolérante et passive, en disant au citoyen : tant que vous respectez la loi, nous vous laissons tranquille. Cela a souvent impliqué de notre part une attitude neutre entre des valeurs différentes. Et cela a contribué à promouvoir une narration faite d’extrémisme et de haine. Ce gouvernement tournera définitivement la page de cette approche perdante et vouée à l’échec.

L’affaire fait du bruit outre-Manche, la Grande-Bretagne ne connaissant pas de lois similaires à nos lois mémorielles ou de délit d’opinion. Le journal londonien The Independent a qualifié ces propos de « chose la plus épouvantable jamais prononcée par David Cameron. »

« Ceux qui s’opposent à l’homosexualité, au multiculturalisme ou au féminisme pourraient-ils se voir accusés de menacer les valeurs de tolérance et d’égalité ? » se demande de son côté Mark Easton de la BBC.

Poser la question, c’est y répondre.

Scotland Yard a également averti les citoyens britanniques que le simple fait de visionner une vidéo de décapitation de l’EI pourrait mener à leur arrestation sur la base de ces lois antiterroristes. Ces dernières donneront en outre à l’autorité de régulation des télécommunications, l’Ofcom, le « pouvoir d’agir contre les chaînes qui transmettent des contenus extrémistes. »
Ce que l’on entend exactement par « discours de haine » ou « contenus extrémistes » reste bien entendu tout à fait subjectif, mais à en juger par les propos de David Cameron devant l’ONU, il faut y inclure ceux exprimant des opinions politiques « non-mainstream. »