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Islamisation : deux mosquées à Mantes-la-Ville ? (Présent 8356)

19/05/2015 (NOVOpress)
Islamisation : le premier maire FN des Yvelines et d’Ile-de-France, Cyril Nauth, se trouve confronté à deux projets d’installation de mosquées dans sa commune. Mantes-la-Ville deviendra-t-elle Mantes-les-Deux-Mosquées ?

Découvrez-vous aujourd’hui ces deux projets de mosquées ?
Découvrir est un bien grand mot. Mon prédécesseur, Monique Brochot, a élaboré un projet de lieu de culte musulman pendant la campagne électorale des municipales. Il s’agissait d’installer une salle de prière dans l’ancienne trésorerie, qui appartient à la communauté d’agglomérations (CAMY), afin de remplacer la salle de prière de la rue Salengro, qui pose des problèmes d’exiguïté et de salubrité. Le montage était le suivant : la CAMY vendait les locaux à la commune de Mantes-la-Ville et celle-ci les revendait à l’Association des Musulmans de Mantes-Sud (AMMS).8356-P1
Ma victoire a modifié la donne. J’ai refusé de signer l’acte de vente qui était prévue le 15 mai 2014, un mois après les résultats. Depuis, la situation n’avait pas évolué. Or j’ai appris il y a quelques jours, en même temps que tout le monde, que le préfet des Yvelines, Érard Corbin de Mangoux, a écrit au président de la CAMY pour lui demander de se saisir à nouveau du dossier et d’éventuellement vendre la trésorerie à l’AMMS, sans passer par la mairie de Mantes-la-Ville. Selon le préfet, en l’état actuel des choses il y a un risque de troubles à l’ordre public : l’ancien lieu de culte, celui de la rue Salengro, est toujours occupé par l’association musulmane, illégalement puisqu’il y a une procédure d’expulsion.

Que va-t-il se passer maintenant ?
La vente de l’ancienne trésorerie est censée passer en délibération lors du prochain conseil communautaire, qui a lieu mardi soir. Personnellement, d’ici là j’aurai rencontré le président de la CAMY, Paul Martinez, pour lui demander de retirer, provisoirement ou définitivement, cette délibération. J’ai plusieurs arguments à faire valoir que j’ai déjà notifiés par courrier à tous les conseillers communautaires (sachant qu’ils sont quatre-vingts élus, dont sept élus Front national, ceux-ci tous de Mantes-la-Ville).

Et le deuxième projet ?
Un des arguments du préfet est qu’il n’y a pas d’alternative au projet de l’AMMS. Mais une autre association, El Fethe, annonce avoir en vue un local pour un lieu de culte. Il faut savoir qu’El Fethe est en conflit avec l’AMMS, laquelle a été créée, manifestement, afin de rabattre des voix musulmanes vers le vote socialiste : plusieurs membres de l’AMMS étaient sur la liste de la candidate socialiste, dont la volonté de bénéficier d’un vote communautariste musulman était manifeste. Le projet d’El Fethe poserait moins de problèmes a priori que le projet de l’AMMS. La trésorerie sur laquelle l’AMMS a jeté son dévolu est située à côté d’un cimetière, sur un des axes de la ville et en face d’une des principales salles des spectacles : on déplace le problème. D’autres élus avaient émis des réserves, le Front national n’a fait que dire les choses de façon plus directe et plus virile. Le projet d’El Feth sera étudié, mais, dans un premier temps, mon objectif est d’empêcher la vente de la trésorerie.

Comment réagissent les Mantevillois ?
Le Parisien a titré : « La ville FN pourrait accueillir deux mosquées. » C’est provocateur. Après tout, il est possible qu’aucun des projets n’aboutisse… J’espère que le président de la CAMY saura nous écouter. Il a obéi au doigt et à l’œil du préfet : il reçoit le courrier le 11 mai et la question est mise à l’ordre du jour du 19 ! Jusqu’à maintenant, le président de la CAMY m’avait assuré qu’il ne vendrait jamais directement la trésorerie à l’AMMS, parce qu’il avait pris note de mon opposition et qu’il était respectueux de la démocratie. Qu’il ne contraindrait aucun maire, quel que soit le projet. Tout le monde l’admet : cette histoire de salle de prière a joué un grand rôle pendant la campagne des municipales et a été déterminante dans la victoire d’un candidat FN. Les Mantevillois étaient hostiles à ce projet. Imposer ce projet de mosquée un an après les élections serait odieux et scandaleux.

Entretien avec Cyril Nauth, propos recueillis par Samuel Martin