Le cas Ménard ! Tribune de Vincent Revel

Le cas Ménard ! Tribune de Vincent Revel

Pendant de nombreuses années, Robert Ménard a été l’homme que l’on désirait inviter sur les plateaux télés. Sa fréquentation était recherchée voire même espérée. En tant que fondateur et président de Reporters sans frontière, sa voix était écoutée et ses actions étaient suivies avec le plus grand intérêt. Son combat s’est toujours résumé à défendre la liberté de la presse et la liberté d’expression. De ce fait nul ne pouvait contredire Monsieur Ménard. Sur les cinq continents, il fut amené à faire entendre la conception qu’il avait du métier de journaliste. Digne héritier de Voltaire et du Siècle des Lumières, il ne transigea jamais avec cet objectif.

Sur sa fin de carrière, réussie à plus d’un titre, et suite à des retours prolongés sur notre territoire, il prit du recul avec son milieu professionnel et ouvrit réellement les yeux sur la réalité politique, sociale et démographique de notre douce France et cet instant fut probablement vécu comme un choc. Les années 2000 furent sans aucun doute une révélation lui faisant comprendre que ce pourquoi il avait combattu toute sa vie n’existait plus chez lui.

Son pays était devenu un lieu où le politiquement correct pouvait envoyer des individus devant les tribunaux, où les nouveaux censeurs d’une République à l’agonie pouvaient décider arbitrairement qui avait droit à la parole et qui devait être ostracisé sans aucun moyen de défense. Cette analyse explique en grande partie l’engagement récent de Robert Ménard. La pensée unique qui tenaille les libertés individuelles, née de l’idéologie progressiste libérale, implique, comme nous le dit Jean-Claude Michéa dans son ouvrage Les Mystères de la Gauche, à déconstruire, « à désinstaller, une à une, toutes les traces et toutes les racines du passé ou à défaut, à ne devoir s’en souvenir que sur le mode religieux de la repentance. »

Parallèlement à cette action, un remplacement s’opère pour nettoyer la société de tous ses germes patriotes au nom d’un bien vivre ensemble utopique basé sur un multiculturalisme source, malgré ce qu’en disent les bien-pensants, d’un système communautariste sectaire et violent.

L’action politique de Robert Ménard s’inscrit dans cette compréhension de notre tragique situation. De ce fait, ces anciens amis sont devenus ses ennemis et la liberté d’expression qu’il défendait avec sincérité et conviction se fracasse sur la dure réalité du moment. Nos médias, collaborateurs inconditionnels de cette idéologie progressiste, bénéficiant du soutien inattendu des très nombreuses associations altermondialistes, qui ont fait du sans-frontiérisme et du sans-papiérisme des dogmes nouveaux, font régner la loi du silence là où jadis le débat existait.

De personne respectée et respectable, Robert Ménard est devenu en cinq ans un traitre, un pestiféré, un dangereux xénophobe, digne descendant des personnages ayant marqué « les heures les plus sombres de notre histoire ».

Au nom des valeurs de la République, sans cesse bafouées par ceux qui les brandissent haut et fort, Monsieur Ménard aurait franchi la fameuse ligne jaune !

Vous savez, cette ligne qui peut faire de vous l’ennemi public numéro un, la désormais célèbre ligne qui dit si vous êtes dans le camp des gentils ou dans le camp des méchants. Celle instaurée par nos nouveaux censeurs virulents. Celle qui peut détruire un homme en très peu de temps. Elle peut porter plusieurs noms comme désinformation, propagande, fausse démocratie, totalitarisme, si on exagère un peu, juste un peu.

Pour avoir révélé qu’il avait effectué des statistiques ethniques au sein des écoles de Béziers, Robert Ménard a réussi à indigner tous nos hypocrites et bonimenteurs déjà au fait du procédé pour avoir légalisé la discrimination positive et le communautarisme au sein des établissements scolaires et dans nos différentes administrations. Comment peut-on prétendre connaître ses administrés si nous ignorons qui ils sont ? Comment peut-on répondre à leurs attentes si nous ignorons leurs demandes ? Tout ceci sent le règlement de compte et beaucoup à présent espèrent se payer la tête de Ménard.

En informant que 64,6% d’élèves sont de confession musulmane à Béziers, Ménard explique simplement avec des chiffres irréfutables que notre société change rapidement et qu’elle ne sera plus jamais comme celle que l’on a connue jusqu’à présent. Au vu de l’état de santé de notre pays, est-ce illégitime pour un homme politique de comprendre ce que sera sa patrie dans dix ou vingt ans ? En quoi cela est-il choquant ? Avec ces statistiques, Ménard soulève plusieurs problèmes qui dérangent profondément notre élite déracinée. L’islam, devenue grâce à la lâcheté de nos politiques une religion inattaquable et intouchable, l’immigration de masse dont la gestion et les flux sont devenus impossibles et incontrôlables, le multiculturalisme, dont les échecs sont sources de futurs conflits, et le bien vivre ensemble, qui n’existe que dans l’esprit torturé de nos dirigeants, sont autant de thèmes interdits à la masse des citoyens car automatiquement ils nous feraient prendre conscience que la France s’avance inexorablement vers son éclatement et que son effacement, en tant que nation européenne, héritière d’une longue tradition et d’une mémoire, devient plus que probable.

Face à l’enjeu et aux dangers, vous comprendrez donc tous que la crise de la famille Le Pen est plus qu’anecdotique !

En parfait connaisseur du système, Monsieur Ménard a vraiment mis le doigt où ça fait mal.

Malgré que l’on puisse les interpréter de différentes façons, les chiffres, qu’ils servent à calculer le nombre de chômeurs ou bien le changement démographique se réalisant en France, ne trompent pas. Ils sont là, implacables, juste pour nous rappeler tout ce que l’on ne veut pas voir.

Demain, lentement et en douceur, la France pourrait très bien devenir une République islamique ! Ce n’est plus de la fiction, c’est juste une réalité qu’il faut avoir à l’esprit.

Vincent Revel

Crédit photo : DR.