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Angleterre : Mahomet invoqué comme « le Prophète préféré de Dieu » dans l’abbaye de Westminster

07/05/2015 – MONDE (NOVOpress)
Provocation musulmane lors d’une cérémonie commémorative à l’abbaye de Westminster

Le 25 avril 1915 commençait la bataille des Dardanelles, comme nous l’appelons en français (dans le monde anglo-saxon on dit plutôt Gallipoli), une des campagnes les plus meurtrières et les plus inutiles de la Première Guerre mondiale, entre Franco-Britanniques (renforcés par un important contingent australien et néo-zélandais) et Turcs ottomans. Ce centenaire a été célébré à Londres, à Westminster Abbey, par un service solennel en présence de la reine Élisabeth II.

Pour la toute première fois depuis l’instauration de ces commémorations (la première remonte au 25 avril 1916), la liturgie de cette année incluait une prière musulmane, prononcée par Mahmut Özdemir, représentant la « Présidence des Affaires Religieuses » (le Diyanet) de la République de Turquie.

Le texte, récité en turc mais dont la traduction anglaise figure sur le livret de la cérémonie, invoque « tous les prophètes de Dieu, depuis Adam, Noé et Abraham jusqu’à Moïse, Jésus et Mohammed Moustapha, qui ont tiré l’humanité des ténèbres vers la lumière et sont devenus des guides pour la paix ».

Comme l’a relevé l’influent blogue chrétien conservateur Archbishop Cranmer, cette succession des prophètes constitue une profession de foi musulmane extrêmement précise. « Moustapha », épithète attribué par les musulmans à Mahomet, signifie élu, choisi, prédestiné, préféré. « Vous noterez que l’Abbaye n’a pas traduit ce terme qui, rendu en anglais durant un service religieux chrétien, aurait certainement choqué ».

« Dans la théologie musulmane, Mahomet est “Le Prophète” qui est venu accomplir et compléter les révélations partielles de tous les prophètes précédents. Le “Consolateur” ou “Protecteur” prophétisé par Jésus (Jean 15,26), où la foi chrétienne reconnaît le Saint-Esprit, n’est autre pour les musulmans que Mahomet. Quand donc on déclare à Westminster Abbey que celui-ci est le “Préféré”, ce n’est pas simplement une inoffensive expression interreligieuse de respect œcuménique dans le cadre d’une liturgie de réconciliation : c’est l’affirmation dogmatique d’un prophétisme accompli, auquel Jésus est subordonné et par lequel sa divinité est niée ».

Le blogueur d’Archbishop Cranmer (le théologien d’Oxford Adrian Hilton) conclut : « Il n’est peut-être pas très politiquement correct de le dire, mais Mahomet était un faux prophète. En rejetant la Crucifixion et en niant la Résurrection du Christ (qui n’est pas le “Préféré”), l’Islam adopte “un autre Jésus”, “un autre Esprit” et un “autre Évangile”. Les musulmans sont et doivent rester libres de proclamer leur religion, aussi fausse et erronée qu’elle puisse être. Mais pas, plaise à Dieu, dans l’église collégiale de Saint-Pierre (dite aussi abbaye de Westminster), qui est une fondation royale directement rattachée au Gouverneur suprême de l’Église anglicane [la reine Élisabeth] ».

L’article d’Archbishop Cranmer a eu beaucoup d’écho dans le monde religieux anglo-saxon. Le blogue américain Wannabe Anglican a ainsi protesté : « Les Chrétiens ne doivent faire aucune place à l’illusion mortelle selon laquelle le christianisme est une voie optionnelle vers Dieu, et l’Islam et autres des voies alternatives. Et si vous pensez que c’est méchant, regardez comment les musulmans traitent l’expression du christianisme ». Le Midwest Conservative Journal a ironiquement invité ses lecteurs à se rendre à Londres pour visiter « la mosquée de Westminster ».

Face aux protestations, le doyen de Westminster Abbey, le Très Révérend John Hall a expliqué que, selon lui, l’inclusion d’une prière musulmane était « parfaitement à sa place dans le culte chrétien orthodoxe ». « Nous devons », a-t-il poursuivi dans une novlangue digne d’un évêque français, « habiter cet espace [Westminster Abbey] de manière généreuse. Les communautés croyantes de notre pays ont besoin de se connaître réciproquement et de travailler ensemble. Il y a de nombreux signes que cela est en train d’arriver d’une manière positive ».

Crédit photo : John Karwoski via Flickr (CC) = Nef e l’abbaye de Westminster