Remaniements dynastiques en Arabie saoudite

30/04/2014 – MONDE (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
Remaniement, le terme remaniement n’est pas tout à fait exact. Il s’agit plutôt d’une confirmation dynastique. Le roi Salmane ben Abdelaziz al-Saoud d’Arabie saoudite a en effet nommé hier un de ses neveux prince héritier.

Si la ligne directe ne semble pas nécessairement privilégiée pour les années à venir, cette décision impacts le long terme, car pour l’heure c’est un de ses fils qui héritera du trône. Il s’agit cependant d’inscrire le royaume dans la durée. Il y a depuis quelque temps une volonté de rajeunir la ploutocratie alliée des États-Unis qui probablement sent le vent tourner.

Et qui est le nouveau prince-héritier ?
Le neveu du roi qui héritera en second du royaume est un des neveux du roi. Il a été formé aux États-Unis ce qui n’a rien d’étonnant au regard des liens entre Saoudiens et Américains. Mohammed Ben Nayef — c’est son nom — est également un ancien ennemi d’Al-Qaida. À force d’opposition au mouvement terroriste islamique, Ben Nayef faillit être assassiné en 2009… Du côté de ses fonctions, il était jusqu’à présent ministre de l’Intérieur — qui gère la police et la police politique. Il vient d’être nommé vice-Premier ministre.

Dans quel contexte intervient cette nomination ?
L’Arabie saoudite a besoin de consolider son pouvoir à l’intérieur comme à l’extérieur. À l’intérieur, le pays qui vit du pétrole peut aussi être menacé par des révoltes même si c’est peu probable. Ces révoltes pourraient être soutenues par les djihadistes de l’État islamique. D’ailleurs, mardi dernier, le pouvoir saoudien annonçait avoir arrêté 93 suspects. Ces derniers seraient liés à l’État islamique et fomentaient un attentat contre l’ambassade américaine. On y vient.

Car c’est surtout à l’extérieur que tout se joue. L’allié américain doit montrer qu’il est un allié durable. Alors que l’Iran comme Daesh gagnent du pouvoir, l’Arabie saoudite souhaite garder ses alliances pour ne pas trop s’isoler. De l’Iran, elle a peur des rapprochements qui ont eu lieu avec Washington au cours notamment des négociations sur le nucléaire. De Daesh, l’Arabie saoudite a peur des capacités de nuisance. Le pays a d’ailleurs lancé une immense modernisation des frontières. À la pointe des technologies, cette nouvelle frontière pourrait arrêter même une souris avec des capteurs vidéo et des patrouilles très mobiles.


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