Zone commerciale en banlieue

Le consumérisme enlaidit la France et détruit son identité

Source : Figaro.fr – Produire plus, consommer plus, voilà l’alpha et l’oméga de notre société… et la principale cause de l’enlaidissement de la France. Paysages saccagés zébrés d’éoliennes, pollution visuelle de la publicité, banlieues défigurées à coups de zones commerciales et industrielles, Perico Legas s’insurge contre les ravages faits à l’un des fondements de notre identité, la douceur de vivre.

Non content de ravager nos valeurs morales, notre culture, notre vivre ensemble (le vrai, pas celui des politiques), la mondialisation libérale détruit aussi l’identité esthétique de notre pays. C’est à un véritable viol de notre territoire, à coups de zones commerciales uniformes, de panneaux publicitaires envahissants, de remplacement de nos habitats traditionnels par des maisons préfabriquées, auquel nous assistons. La douceur de vivre en France, c’était aussi l’harmonie et la variété de ses paysages. Ils sont depuis trente ou quarante ans sacrifiés sur l’autel de la surconsommation de masse.

Se pourrir la vue c’est déjà se pourrir la vie

L’urbanisation obéit aujourd’hui à la logique de la grande distribution : d’un côté, la ville avec sa population, que l’on pourrait qualifier de « zone clientèle », en barres d’HLM ou en zone pavillonnaire, et à côté, l’étalage à grande échelle des produits que l’on pourrait qualifier de « zones consommation » (zones commerciales, industrielles ou économiques). Le tout obéit à une double logique d’uniformisation et de concentration, économies d’échelle obligent. L’habitat n’échappe pas à cette logique, pas plus que la production agricole (cultures hors-sol, élevage industriel), qui, au lieu de préserver le cadre de vie comme elle le faisait traditionnellement, contribue à le détruire.

La défiguration de quelques-uns de nos plus beaux paysages à coups d’éoliennes n’est elle là que pour nous donner une bonne conscience écologique. En effet, la seule démarche écologique serait d’inverser cette logique du consommer toujours plus et donc de pouvoir se passer de l’énergie fournie par les éoliennes et autres panneaux solaires.
Bien sûr, tout le monde doit vivre et trouver du travail, mais à ce prix ? Le choix n’est pas forcément entre une France musée et une France zone commerciale polluée. Mourir riches et puissants en pleine croissance ou durer dans le bon sens décroissant ? Riches et pollués à mort ou pauvres, mais en bonne santé ?