Le parti eurosceptique les « Vrais Finlandais » s'impose second aux élections législatives

Le parti eurosceptique les « Vrais Finlandais » arrive second aux élections législatives

21/04/2015 – HELSINKI (NOVOpress)
Les « Vrais Finlandais » protestataires bousculent les élections finlandaises.

Faux suspense dans les élections législatives finlandaises. C’est sans réelle surprise que le parti d’opposition du Centre s’est imposé face aux conservateurs sortants. La surprise vient des « Vrais Finlandais », qui avec 38 sièges au parlement, brûlent la politesse aux conservateurs (37 sièges) et aux sociaux-démocrates (34 sièges). Le parti au populisme assumé des « Vrais Finlandais » ou « Finlandais de base », défend à la fois les acquis de l’État providence et l’identité finlandaise menacée par l’immigration et la bureaucratie européenne. C’est sans doute sur le premier point que les Finlandais le classent au centre-gauche de leur hémicycle tandis que le second facteur les positionne à l’extrême-droite pour la plupart des commentateurs européens. Une chose est sûre, si les « Vrais Finlandais » sont favorables à l’Europe, ils sont franchement hostiles à l’Union Européenne et se voient mal « payer la note » pour les mauvais élèves de l’UE, comme la Grèce, qu’ils souhaiteraient bouter hors de la zone euro.

M. Sipilä, le représentant du parti du Centre devrait en toute logique former le prochain gouvernement, ce qui devrait intervenir après l’annonce officielle des résultats définitifs en milieu de semaine. Il a refusé de dire avec qui il souhaitait gouverner, déclarant « Nous avons besoin pour cela avant tout d’obtenir la confiance, et ensuite il sera question du programme gouvernemental ». S’il peut en théorie se passer des « Vrais Finlandais » pour former sa coalition gouvernementale, il a toutefois laissé entendre qu’il ne s’associerait qu’à l’un des deux partis dominants sortants : soit les sociaux-démocrates, soit les conservateurs. Une attitude qui laisse grande ouverte la porte à une entrée du parti populiste dans l’équipe gouvernementale. Son leader, Timo Soini, se verrait bien aux Affaires étrangères ou il pourrait mettre en ouvre son programme eurosceptique.

Crédit photo : Mariano Mantel via Flickr (cc)